Alors que la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) s’achève aujourd’hui à Roland-Garros par un débat présidentiel très attendu entre sept candidats, les questions économiques et sociales restent au cœur des discussions. Selon nos confrères de BFM Business, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a défendu avec force l’idée d’un système de retraites par capitalisation, tandis que le président du Medef, Patrick Martin, a critiqué vertement la suspension de la réforme des retraites, qualifiée de « folie ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a plaidé en faveur d’un système de retraites par capitalisation, estimant qu’il pourrait « récolter des milliards et des milliards d’euros » pour alimenter l’économie.
  • Patrick Martin, président du Medef, a dénoncé la suspension de la réforme des retraites comme une « absurdité » et a souligné que cela imposerait une contribution accrue aux retraités.
  • La REF 2026 a également abordé le budget 2027, avec l’objectif de ne pas augmenter les impôts des entreprises, malgré une situation financière difficile.
  • Le débat présidentiel de cet après-midi réunira sept candidats, dont Gabriel Attal, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, pour discuter des enjeux économiques et sociaux.
  • Le Medef a également critiqué la reconduction possible de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, jugée contre-productive pour la compétitivité française.

Un système de capitalisation pour financer les retraites

Interrogé sur BFM Business ce matin, le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a mis en avant l’opportunité que représenterait un système de retraites par capitalisation. Pour lui, « tous les autres pays qui ont construit des fonds de pension l’ont fait sur une opportunité ». Il a cité l’exemple des pays nordiques, qui ont utilisé leurs réserves pétrolières pour financer leurs systèmes de retraite.

« Avoir une population âgée importante, cela signifie une capacité d’épargne aussi importante. Un système par capitalisation de nos retraites peut récolter des milliards et des milliards d’euros et alimenter notre économie tout en faisant vivre nos retraités. »

Cette proposition s’inscrit dans un contexte où le gouvernement cherche à concilier préservation du modèle social français et compétitivité économique. Sébastien Martin a également rappelé que le défi démographique devait être envisagé comme une opportunité plutôt que comme une difficulté.

Le Medef fustige la suspension de la réforme des retraites

De son côté, le président du Medef, Patrick Martin, a vivement critiqué la suspension de la réforme des retraites, la qualifiant de « folie » et de « l’inverse de ce qu’il fallait faire ». Dans une interview à BFM Business, il a estimé que cette suspension allait imposer une contribution accrue aux retraités, alors que cette mesure aurait pu être évitée.

« Il faut commencer par marteler qu’on ne mettrait pas autant les retraités à contribution si la réforme Borne n’avait pas été suspendue. Quand vous prenez les chiffres du coût de cette suspension et que vous regardez ce qu’on va mettre sur le dos des retraités, c’est à peu près l’équivalent. »

Il a également pointé du doigt l’hypocrisie de ceux qui, ayant défendu cette suspension, critiquent désormais les mesures de désindexation des retraites. Selon lui, « les mêmes qui ont défendu la suspension de cette réforme et qui maintenant poussent des cris d’orfraie sont de mauvaise foi ».

Budget 2027 : un objectif de stabilité fiscale pour les entreprises

La question fiscale a également été au centre des débats lors de la REF. Sébastien Martin a confirmé que l’objectif pour le budget 2027 était de « ne pas augmenter les impôts qui pèsent sur les entreprises », malgré une situation financière tendue. Il a précisé que « vu la situation financière telle qu’elle est, la vérité m’oblige à dire qu’on ne va pas baisser les impôts ».

Concernant la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, introduite il y a deux ans comme une mesure exceptionnelle, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué que le gouvernement ferait tout pour la réduire. Cependant, Sébastien Martin a souligné que « ce n’est pas simple » et que le débat restait ouvert au sein du gouvernement et avec les parlementaires.

La reconduction de la surtaxe sur les sociétés critiquée par le Medef

Patrick Martin a, quant à lui, exprimé ses réserves quant à la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Pour lui, cette mesure est une « absurdité » dans un contexte où le taux d’imposition des grandes entreprises est déjà élevé et où ces dernières disposent souvent d’un actionnariat étranger. Il a expliqué :

« Elles disposent d’un actionnariat étranger. Vous ne pouvez pas attendre d’un actionnaire japonais, saoudien ou américain qu’il soit patriote français. On joue avec le feu. »

Cette position reflète les tensions persistantes entre les attentes de recettes fiscales et la nécessité de maintenir la compétitivité des entreprises françaises sur la scène internationale.

Le débat présidentiel de cet après-midi : un enjeu économique et social majeur

La journée s’achèvera par un débat présidentiel réunissant sept candidats déclarés à l’élection de 2027 : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier. Ce débat, qui se tiendra de 16h45 à 18h45, s’annonce comme un moment clé pour aborder les réformes structurelles, notamment celle des retraites et la fiscalité des entreprises.

Les participants devront notamment se prononcer sur la capitalisation des retraites, la réforme du système de protection sociale et les moyens de financer ces mesures sans alourdir la pression fiscale sur les entreprises ou les ménages.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour la suite des discussions budgétaires. Le gouvernement devra trancher sur le maintien ou non de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, tandis que les candidats à la présidentielle affineront leurs propositions en matière de réforme des retraites. Le débat présidentiel de cet après-midi pourrait ainsi donner le ton pour les mois à venir, alors que l’économie française reste sous tension.

La question reste entière : comment concilier équité sociale et compétitivité économique dans un contexte de vieillissement démographique et de contraintes budgétaires ? Les prochaines déclarations des candidats et des membres du gouvernement apporteront peut-être des éléments de réponse.

Le débat regroupera sept candidats : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier.

Selon le président du Medef, Patrick Martin, cette suspension a pour conséquence d’imposer une contribution accrue aux retraités, ce qui aurait pu être évité si la réforme avait été maintenue.