À partir de ce vendredi 7 août 2026, Netflix propose à ses abonnés une nouveauté signée Ricky Gervais, figure incontournable de l’humour britannique, avec la sortie de la série animée « Alley Cats ». Selon Franceinfo - Culture, cette production marque la première incursion de l’humoriste dans l’animation, après des décennies à dominer les scènes théâtrales et télévisuelles avec son style corrosif et provocateur. La série met en scène une bande de chats aux personnalités aussi déjantées que profondément humaines, évoluant dans un décor britannique délabré, où l’absurde et le cynisme se mêlent sans retenue.
Ce qu'il faut retenir
- Première série animée écrite et réalisée par Ricky Gervais, connue pour ses spectacles et séries comme After Life.
- Une bande de cinq chats aux dialogues crus et vulgaires, inspirés par l’humour noir et cynique de Gervais.
- Six épisodes de 15 minutes chacun, disponibles dès aujourd’hui sur Netflix.
- L’humoriste a imaginé cette série pendant le confinement de 2020, en s’inspirant de son propre chat.
- Une bande-son composée de titres de Cat Stevens et des Smiths.
- La série a déjà suscité des réactions contrastées, certains médias britanniques la qualifiant de « comédie grossière et vulgaire ».
Une création née du confinement et nourrie par l’humour de Gervais
C’est durant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19 que Ricky Gervais a eu l’idée de « Alley Cats ». Comme il l’explique à Radio Times, son inspiration est venue d’un petit croquis représentant Gus, le chat roux central de la série. « Je pense que ce personnage est un croisement entre mon chat Pickle et moi-même », précise-t-il. L’humoriste, connu pour son humour sans filtre, a immédiatement vendu le concept à Netflix avec ce résumé lapidaire : « Il y a des chats et ils jurent beaucoup. Et qu’est-ce qu’il se passe ? Il ne se passe rien. » Selon Franceinfo - Culture, la série a été conçue sans contraintes, permettant à Gervais d’explorer un humour aussi libre que possible.
Contrairement aux séries animées traditionnelles où les images précèdent les dialogues, « Alley Cats » a été réalisée en suivant la méthode inverse : les textes ont été écrits en premier, puis enregistrés, avant que l’animation en 2D ne soit finalisée. Cette approche a permis à Gervais de pousser son humour à l’extrême, sans avoir à adapter ses répliques à des contraintes visuelles. « Il n’y a pas eu besoin de coiffeur ou de maquillage. On a écrit, puis on s’est assis et on a juste joué. C’était fun. Il n’y avait aucune restriction », explique-t-il.
Des personnages à la fois détestables et profondément attachants
Au cœur de la série, on retrouve Gus, interprété par Ricky Gervais lui-même, un chat roux au caractère altier et cynique. Autour de lui, une bande de félins aussi grossiers que drôles évolue dans une Angleterre rurale décatie. Les intrigues, absurdes et sans véritable fil conducteur, tournent autour de leur quotidien : quête de nourriture dans un cimetière, discussions métaphysiques sur la mort (« Comment se suicider quand on a neuf vies ? »), ou encore moqueries systématiques envers une victime désignée, souvent un « petit gros ». L’humour, délibérément vulgaire et sans concession, alterne avec des moments plus subtils, où l’on découvre une certaine vulnérabilité chez ces personnages.
Comme dans ses spectacles ou sa série After Life, Gervais explore ici des thèmes universels à travers un prisme décalé. « Je veux que les téléspectateurs rient, peut-être qu’ils pleureront un peu aussi, mais surtout, je veux qu’ils aiment ces chats », confie-t-il. Malgré leur côté détestable, ces félins, avec leurs défauts et leurs obsessions, finissent par susciter une forme d’empathie. Seul le gros chat gris, dont le personnage est moins travaillé, semble moins convaincant. La série oscille ainsi entre rire et émotion, un équilibre que Gervais maîtrise depuis des années.
Un humour noir et cynique, entre provocation et philosophie
Avec « Alley Cats », Ricky Gervais reste fidèle à sa réputation : rien n’est épargné, ni la mort, ni la sexualité, ni la scatologie. Les dialogues, crus et sans tabou, s’inscrivent dans la lignée de son humour, où tout est matière à rire. La série ne se contente pas de choquer pour le plaisir : elle pousse la réflexion plus loin, en utilisant ces animaux anthropomorphes pour interroger la condition humaine. « Derrière la vulgarité et l’hilarité qu’elle provoque, c’est la philosophie de vie de Gervais qui transparaît dans ses chats », souligne Franceinfo - Culture. Comme il l’a fait avec son personnage de veuf dépressif dans After Life, l’humoriste utilise l’absurde pour aborder des sujets sérieux, souvent avec une pointe de misanthropie assumée.
La bande-son, composée de morceaux de Cat Stevens et des Smiths, ajoute une touche nostalgique à cette satire sociale. Les références musicales, couplées aux décors désuets et aux dialogues absurdes, créent une atmosphère unique, à la fois décalée et profondément britannique. Pourtant, cette liberté artistique n’a pas séduit tout le monde. Dès sa sortie, le quotidien britannique The Guardian a qualifié la série de « comédie grossière et vulgaire », estimant que l’humour n’y était pas toujours au rendez-vous. Une critique que Gervais, habitué aux polémiques, a sans doute anticipée.
Une chose est sûre : avec « Alley Cats », Ricky Gervais confirme qu’il ne renoncera jamais à son humour provocateur, quitte à diviser son public. La série, disponible depuis aujourd’hui, s’adresse à ceux qui apprécient un humour sans limites, où l’absurde le dispute au cynisme, et où les chats, aussi humains qu’insupportables, deviennent malgré eux les miroirs de nos propres travers.
La série animée met en scène Ricky Gervais, qui prête sa voix à Gus, le chat roux central. Il est accompagné de Tom Basden et Andrew Brooke, entre autres, qui interprètent les autres membres de la bande.
Selon l’humoriste, les chats lui inspirent davantage que les humains. Il a expliqué à Radio Times que cette série lui permettait d’explorer des thèmes universels – comme la mort ou la solitude – à travers un prisme décalé, tout en laissant libre cours à son humour sans filtre.