Dans son programme pour la présidentielle de 2027, le Rassemblement National (RN) propose de réformer en profondeur la fiscalité immobilière française. L’objectif affiché est de « restaurer le droit de propriété », en s’attaquant notamment au « maquis des normes et mesures » qui, selon le parti, ont contribué à réduire l’offre locative et à freiner la production de logements neufs. Cette annonce, rapportée par Le Figaro, s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer le marché immobilier, un secteur jugé en crise par une partie des acteurs économiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le RN cible spécifiquement la fiscalité immobilière, les résidences secondaires et le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) comme leviers de sa réforme.
  • Le parti estime que ces dispositifs ont « grignoté le droit de propriété » et réduit l’offre locative.
  • La proposition s’inscrit dans le cadre des préparatifs pour la campagne présidentielle de 2027.
  • Le RN souhaite ainsi relancer la construction de logements neufs et dynamiser le marché locatif.

Une critique acerbe des dispositifs actuels

Selon le RN, la fiscalité immobilière française serait devenue un « casse-tête » pour les propriétaires et investisseurs, en raison de la superposition de normes et de taxes jugées trop contraignantes. Le parti dénonce notamment l’impact des résidences secondaires, dont le nombre a fortement augmenté ces dernières années, au détriment des logements disponibles pour les résidents permanents. « Ces mesures ont érodé le droit fondamental de disposer librement de son bien », a affirmé Jordan Bardella, président du RN, dans une interview accordée au Figaro.

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP), souvent utilisé comme outil d’optimisation fiscale, est également pointé du doigt. Le RN estime que ce régime avantageux contribue à réduire l’offre de logements classiques, en orientant une partie du parc immobilier vers des locations touristiques ou de courte durée. Une situation qui, selon le parti, aggrave la pénurie de logements abordables dans les zones tendues.

Des propositions pour un « droit de propriété renforcé »

Pour inverser cette tendance, le RN propose plusieurs pistes, dont la suppression ou la réforme de certains dispositifs fiscaux. Parmi les mesures envisagées : la réduction des taxes sur les plus-values immobilières pour les propriétaires mettant leur bien en location longue durée, ou encore la taxation accrue des résidences secondaires dans les zones où la demande de logements est forte. Le parti n’a pas encore détaillé l’ensemble de son plan, mais son objectif est clair : faciliter l’accès à la propriété et stimuler l’investissement locatif.

« Nous voulons redonner aux Français la liberté de choisir ce qu’ils font de leur bien, sans être étouffés par des règles kafkaïennes », a expliqué Marine Le Pen, figure historique du RN, lors d’une réunion publique en août 2026. Le parti évoque aussi la possibilité de simplifier les procédures administratives pour les projets de construction, afin de relancer la production de logements neufs, actuellement en berne dans plusieurs régions.

Un débat déjà lancé dans le monde immobilier

La proposition du RN intervient alors que le marché immobilier français traverse une période de tensions, marquée par une hausse des prix dans les grandes villes et une pénurie de logements abordables. Selon les dernières données de la Fédération Nationale de l’Immobilier (FNAIM), les prix ont augmenté de 4,2 % en moyenne nationale sur un an, avec des pics à plus de 10 % dans des villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux. Le Figaro souligne que ces chiffres s’accompagnent d’un taux de vacance locative en baisse, signe d’une offre insuffisante face à la demande.

Les professionnels du secteur restent partagés sur l’efficacité des mesures proposées. Certains acteurs, comme la Confédération Nationale du Logement (CNL), saluent une volonté de régulation, mais s’interrogent sur les conséquences pour les petits propriétaires. D’autres, comme la Chambre des Notaires de Paris, mettent en garde contre un risque de spéculation accrue si les contraintes sur les résidences secondaires sont trop assouplies. « Toute réforme doit être pensée pour éviter des effets contre-productifs », a déclaré un représentant du secteur, cité par nos confrères du Figaro.

Et maintenant ?

Si le RN parvient à concrétiser ses propositions dans son programme électoral, les premières mesures pourraient être dévoilées d’ici la fin de l’année 2026, en vue des élections de 2027. Pour l’heure, le parti reste évasif sur les détails techniques de sa réforme, laissant planer des incertitudes quant à son application. Une chose est sûre : le débat sur la fiscalité immobilière et l’accès au logement s’annonce particulièrement vif dans les mois à venir.

Reste à voir si ces propositions trouveront un écho auprès des électeurs et des autres forces politiques. Une chose est certaine : le marché immobilier, déjà sous haute tension, pourrait connaître de nouveaux bouleversements si ces réformes voient le jour.

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) permet aux propriétaires de louer un logement meublé tout en bénéficiant d’un régime fiscal avantageux, notamment via l’amortissement du bien. Le RN critique ce dispositif car il estime qu’il détourne une partie du parc immobilier des locations classiques, aggravant ainsi la pénurie de logements pour les résidents permanents.