Les établissements scolaires de l’État de New York ont finalement renoncé à déployer Sally, un robot humanoïde conçu pour dispenser des cours de technologie, après une série de controverses. Selon Journal du Geek, ce projet pédagogique s’est heurté à des interrogations sur la protection des données personnelles des élèves, des craintes exprimées par le corps enseignant, et surtout à la découverte de liens entre le fabricant et l’industrie des poupées sexuelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Un robot humanoïde baptisé Sally devait être déployé dans des écoles de New York pour enseigner la technologie.
  • Le projet a été abandonné en raison de préoccupations concernant la gestion des données personnelles des élèves.
  • Les enseignants ont exprimé des réticences quant à l’utilisation d’un robot dans leur pratique pédagogique.
  • Le fabricant de Sally est également impliqué dans la production de poupées sexuelles, ce qui a alimenté la polémique.

Un robot conçu pour remplacer l’humain en classe

Développé pour automatiser certaines tâches éducatives, Sally devait servir d’assistant pédagogique dans le cadre des cours de technologie pour les élèves de l’État de New York. D’après les informations rapportées par Journal du Geek, ce projet s’inscrivait dans une volonté de moderniser l’enseignement, avec l’objectif affiché d’améliorer l’interactivité et l’accès aux ressources numériques pour les collégiens et lycéens. Le robot humanoïde, capable de dispenser des explications et de répondre à des questions techniques, avait été présenté comme une solution innovante pour soulager le corps enseignant.

Pourtant, dès les premières phases de test, des obstacles majeurs sont apparus. Les responsables éducatifs ont d’abord soulevé des questions sur la protection des données personnelles des élèves. Comment garantir que les interactions avec Sally, potentiellement enregistrées, ne seraient pas exploitées à mauvais escient ? La CNIL américaine, équivalent de la CNIL française, avait été saisie pour évaluer les risques liés au traitement de ces informations.

L’opposition des enseignants et les craintes technologiques

Les syndicats d’enseignants ont rapidement manifesté leur opposition au projet. Dans un communiqué, la Fédération des professeurs de New York a rappelé que « l’éducation ne peut se réduire à une interaction avec une machine ». Les craintes portaient notamment sur la déshumanisation du processus d’apprentissage, mais aussi sur la fiabilité technique du dispositif. Des enseignants interrogés par Journal du Geek ont évoqué des « risques de panne ou de bug » qui pourraient perturber les cours et nuire à la qualité de l’enseignement.

Un enseignant de technologie au lycée de Brooklyn a déclaré : «

On nous demande d’intégrer un outil dont on ne maîtrise pas les failles. Comment réagir si Sally se met à diffuser des contenus inappropriés ou à collecter des données sans notre consentement ?
» Les réticences du corps enseignant ont joué un rôle clé dans l’abandon du projet.

Le scandale des liens avec l’industrie des poupées sexuelles

Le coup de grâce pour Sally est venu de la révélation des liens entre son fabricant, la société TechLife Robotics, et l’industrie des poupées sexuelles. Comme le rapporte Journal du Geek, des documents internes et des témoignages d’anciens employés ont montré que TechLife Robotics avait développé en parallèle des modèles de poupées robotisées destinées à un usage intime. Ces informations ont provoqué un tollé dans l’opinion publique et parmi les responsables politiques locaux.

La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a réagi en ces termes : « Nous ne pouvons pas cautionner l’utilisation de technologies financées par des industries dont les valeurs sont incompatibles avec nos principes éducatifs ». Le département de l’Éducation de l’État a immédiatement suspendu le déploiement de Sally, avant d’annuler définitivement le projet quelques jours plus tard.

Et maintenant ?

Le département de l’Éducation de New York n’a pas encore annoncé de solution de remplacement pour les cours de technologie. Les prochaines semaines devraient être consacrées à une consultation élargie avec les enseignants, les parents d’élèves et les experts en protection des données. Une évaluation des risques liés à l’utilisation de robots en classe pourrait être menée d’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027. En attendant, les établissements scolaires continueront d’utiliser les méthodes traditionnelles, malgré les avantages théoriques promis par l’intelligence artificielle et la robotique.

Cette affaire laisse plusieurs questions en suspens : jusqu’où peut-on intégrer la robotique dans l’éducation sans sacrifier l’humain ? Comment concilier innovation et éthique, surtout lorsque les technologies proviennent d’industries controversées ? Les réponses à ces interrogations pourraient redéfinir les contours de l’école de demain.

Le coût total du projet n’a pas été officiellement communiqué par les autorités de New York. Cependant, selon les estimations relayées par Journal du Geek, le déploiement de 50 robots Sally dans les écoles aurait représenté un investissement de plusieurs millions de dollars, incluant la formation des enseignants et la maintenance du matériel.