Alors que la guerre en Ukraine entrait dans sa cinquième année ce 2 juin 2026, avec de nouvelles frappes meurtrières signalées dès le début de journée, la joueuse ukrainienne Elina Svitolina a livré son ressenti sur la situation après sa défaite en quart de finale de Roland-Garros face à sa compatriote Marta Kostyuk. Ces déclarations, rapportées par RMC Sport, ont replacé au cœur de l’actualité sportive les enjeux humains et géopolitiques qui pèsent sur le tennis ukrainien.

La défaite de Svitolina, survenue lundi 1er juin, a ouvert un quart de finale entièrement ukrainien. Un fait rare qui a suscité des réactions fortes de la part de la joueuse de 31 ans, bien loin des habituels commentaires sportifs. Dans un contexte où le conflit s’intensifie, ses propos ont mis en lumière l’impact de la guerre sur les athlètes et le sport national, alors que le tournoi se déroulait sous haute tension.

Ce qu'il faut retenir

  • Défaite ukrainienne en quart de finale : Svitolina éliminée par Kostyuk, marquant un quart de finale 100 % ukrainien.
  • Guerre en Ukraine : Le conflit entre dans sa cinquième année avec de nouvelles frappes meurtrières signalées le 2 juin 2026.
  • Réactions de Svitolina : La joueuse évoque son émotion face aux attaques et son soutien à l’équipe nationale ukrainienne.
  • Engagement sportif : Svitolina souligne l’importance du tennis ukrainien comme symbole d’espoir pour les générations futures.
  • Absence en demi-finale : Elle renonce à assister au match de Kostyuk pour retrouver sa fille et préparer la saison sur gazon.

Un quart de finale ukrainien sous le signe de l’émotion

Le match entre Elina Svitolina et Marta Kostyuk, disputé ce lundi 1er juin 2026 à Roland-Garros, a pris une dimension particulière dès les premiers échanges. Non seulement il s’agissait d’une confrontation sportive, mais aussi d’un affrontement entre deux représentantes d’un pays en guerre. Selon RMC Sport, Svitolina a salué le parcours de Kostyuk et l’importance de voir deux joueuses ukrainiennes en quart de finale, une première depuis le début du conflit. « C’est formidable, nous avons plein de joueurs merveilleux. Jouer ce quart de finale ici, ce quart de finale ukrainien, j’espère que nous aurons d’autres occasions », a-t-elle déclaré après le match.

Elle a également souligné l’aspect inspirant de cette confrontation, tant pour les joueuses que pour les jeunes athlètes en Ukraine. « C’est une source d’inspiration pour les prochaines générations en Ukraine. Donc, je pense que c’est une bonne chose pour le sport en général en Ukraine, c’est formidable. » Ces mots reflètent l’importance accordée au tennis comme vecteur de résilience et de fierté nationale dans un pays meurtri par la guerre.

Svitolina face à la réalité du conflit : « Ce sont des moments qui nous effraient »

La nuit précédant son match, l’Ukraine a subi de nouvelles frappes d’une rare intensité, faisant plusieurs victimes civiles. Svitolina, informée des événements par ses proches, a partagé son sentiment d’effroi face à l’escalade des violences. « Ce matin, j’ai vu ça. J’ai quelques amis qui m’en ont parlé, qui étaient sur place. C’est évidemment très triste, c’est une nouvelle très lourde. Des personnes sont mortes la nuit dernière. C’est très triste de devoir se confronter à cette douleur », a-t-elle expliqué, la voix marquée par l’émotion.

Elle a rappelé l’incertitude qui pèse sur l’avenir de ses proches et de l’ensemble du pays. « Ce sont des moments qui nous effraient. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait pour nos amis, notre famille, pour l’Ukraine en général. Ces attaques à grande échelle sont difficiles pour ceux qui sont en Ukraine, pour les Ukrainiens. » Ces déclarations, prononcées dans un vestiaire du stade Roland-Garros, ont rappelé avec force que la compétition sportive ne peut occulter les réalités tragiques vécues par des millions de personnes.

Une saison 2026 marquée par la régularité et l’engagement

Malgré les circonstances exceptionnelles, Svitolina a tenu à revenir sur sa saison 2026, qu’elle qualifie de « régulière ». Interrogée sur ses performances depuis le début de l’année, elle a reconnu ses efforts tout en rappelant les limites imposées par son statut de mère. « J’ai pu m’exprimer sur le sujet avant le début de Roland-Garros et j’ai dit la chose suivante : il me reste moins d’années à venir dans ma carrière que je n’en ai déjà derrière moi. Donc je fais de mon mieux, je vais à 100 % dans chaque tournoi », a-t-elle précisé.

Elle a ajouté que la maternité avait modifié sa perception de la carrière sportive, l’obligeant à saisir chaque opportunité avec détermination. « Il faut aussi prendre en compte le fait que je suis mère maintenant. Je dois saisir chacune des opportunités qui se présente. Je me donne à 100 % dans chacun de mes matchs. Parfois, cela ne tourne pas à mon avantage. Ce n’est pas grave. Bien sûr que cela me contrarie, mais je me dis que je ferai mieux la prochaine fois. » Son état d’esprit, à la fois combatif et lucide, illustre la double pression subie par les athlètes ukrainiens en temps de guerre.

Un adieu prématuré à Roland-Garros, mais un soutien indéfectible à Kostyuk

Après sa défaite, Svitolina a annoncé qu’elle ne resterait pas à Paris pour assister à la demi-finale de Kostyuk, préférant rentrer en Ukraine pour retrouver sa fille, qu’elle a peu vue ces derniers mois en raison de ses engagements sportifs. « Non, je dois rentrer pour voir ma fille que j’ai très peu vue au cours des derniers mois parce que je jouais. Non, il faut que je rentre. En plus, il faut que je me prépare pour la saison sur gazon », a-t-elle expliqué.

Elle a tenu à saluer la performance de sa compatriote, voyant en elle un symbole de la résilience ukrainienne. « Je regarderai ce match et c’est elle que j’encouragerai. Si elle arrive à obtenir le titre et le tournoi, ce serait vraiment incroyable pour l’Ukraine. » Ce soutien public, dans un contexte où chaque victoire sportive est perçue comme une victoire symbolique, souligne le rôle fédérateur du sport dans les moments les plus sombres.

Et maintenant ?

Alors que Marta Kostyuk tente de poursuivre son parcours à Roland-Garros, la question se pose de l’impact de ces déclarations sur la suite de la compétition. Si elle atteint la finale, son éventuelle victoire pourrait devenir un symbole fort de résistance pour l’Ukraine. Par ailleurs, la saison sur gazon qui s’annonce pour Svitolina pourrait être marquée par un calendrier allégé, en raison de ses responsabilités familiales et de son engagement humanitaire. Enfin, la situation sécuritaire en Ukraine, déjà fragile, pourrait influencer la participation des athlètes ukrainiens aux prochains tournois internationaux.

Reste à voir comment le monde du tennis, et plus largement le sport international, réagira face à la poursuite du conflit. Une chose est sûre : les prochains mois s’annoncent décisifs, tant sur le plan sportif que géopolitique.

Elina Svitolina a quitté Roland-Garros pour rentrer en Ukraine afin de retrouver sa fille, qu’elle n’a que très peu vue ces derniers mois en raison de ses engagements sportifs. Elle doit également se préparer pour la saison sur gazon, comme elle l’a indiqué à RMC Sport.