Avec sa victoire en quart de finale face à Elina Svitolina, la 15e mondiale Marta Kostyuk est devenue la première Ukrainienne à atteindre les demi-finales de Roland-Garros, selon Le Figaro. Une performance sportive qui s’est doublée d’un hommage appuyé à son pays, en guerre depuis plus de deux ans. « Nous avons encore vécu une nuit très difficile en Ukraine, surtout à Kiev. Tant de personnes ont perdu la vie », a-t-elle déclaré, en larmes, lors de l’interview d’après-match menée par Marion Bartoli. « Je souhaite dédier ce match au peuple ukrainien et à sa résilience. Je tiens aussi à souligner le rôle d’Elina, son impact incroyable sur le tennis ukrainien, sur les Ukrainiens et sur moi. C’est une battante exceptionnelle », a poursuivi Kostyuk, avant de savourer sa qualification pour le dernier carré.

Ce qu'il faut retenir

  • Première Ukrainienne en demi-finales de Roland-Garros après sa victoire contre Elina Svitolina.
  • Marta Kostyuk a évoqué les frappes russes ayant fait 18 morts, dont six à Kiev, lors de la nuit précédente.
  • Elle affrontera en demi-finale la Russe Mirra Andreeva, qu’elle avait déjà battue en finale à Madrid sans lui serrer la main.
  • Kostyuk a critiqué les positions ambiguës de certaines joueuses russes, estimant qu’elles « ne savent pas comment elles peuvent dormir tranquille ».
  • La joueuse ukrainienne a souligné le rôle de Daria Kasatkina, qui a changé de nationalité après avoir pris position publiquement.
  • Invaincue sur terre battue cette saison, Kostyuk compte 16 victoires en autant de matchs.

Une performance sportive chargée d’émotion et de symboles

Dimanche 1er juin 2026, Marta Kostyuk a marqué l’histoire du tennis ukrainien en s’imposant face à Elina Svitolina en quart de finale de Roland-Garros. Une victoire qui lui ouvre les portes des demi-finales du tournoi parisien, une première pour une joueuse ukrainienne. Mais au-delà du parcours sportif, c’est un hommage au peuple ukrainien que la jeune femme de 23 ans a tenu à rendre. « Je ne suis plus les informations la nuit, j’ai coupé les notifications depuis longtemps. Je ne peux rien y changer, et cela m’empêcherait de dormir », a-t-elle confié en conférence de presse, évoquant les frappes russes ayant fait au moins 18 morts dans la nuit du 31 mai au 1er juin, dont six à Kiev.

« Le matin, je vérifie les nouvelles et j’écris à ma famille. C’est tout ce que je peux faire », a-t-elle ajouté, soulignant la difficulté de concilier sa carrière sportive et la guerre qui frappe son pays. Kostyuk, dont les parents vivent toujours à Kiev, a rappelé que une bombe était tombée à moins de 100 mètres de leur domicile en début de tournoi. Un contexte qui a donné à sa victoire une dimension supplémentaire, au-delà du simple cadre sportif.

Un duel électrique annoncé contre Mirra Andreeva

Avec cette qualification, Marta Kostyuk affrontera en demi-finale la Russe Mirra Andreeva, âgée de 17 ans seulement. Un choc qui s’annonce sous haute tension, tant les relations entre les deux joueuses sont tendues. Lors de leur précédente confrontation en finale du tournoi de Madrid, Kostyuk avait battu Andreeva sans lui serrer la main, en signe de protestation contre l’invasion russe de l’Ukraine. « Ce sont des adultes. Elles savent ce qui se passe, elles ont accès à l’information. Elles ont choisi une stratégie qui leur convient », a déclaré Kostyuk à l’issue de son match.

La joueuse ukrainienne a pointé du doigt l’ambiguïté de certaines athlètes russes, estimant qu’elles ne prenaient pas position clairement face à la guerre. « J’aimerais qu’il y ait des positions plus claires, surtout quand votre pays tue des civils », a-t-elle lancé, avant d’ajouter : « Je ne sais pas comment elles peuvent dormir tranquille. » Elle a cité en exemple Daria Kasatkina, qui a changé de nationalité après avoir publiquement pris position contre la guerre, malgré les pressions. « Rien ne vous empêche de prendre position si vous y croyez vraiment. Après quatre ans, les choses sont claires : on sait de quel côté elles se situent. C’est leur responsabilité, pas la mienne », a-t-elle conclu, tranchante.

Les tensions entre joueuses russes et ukrainiennes s’exacerbent

Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions au sein du tennis professionnel, où plusieurs joueuses russes ou biélorusses sont accusées de soutenir, directement ou indirectement, l’effort de guerre russe. Kostyuk n’a pas hésité à critiquer ouvertement ses adversaires lors de précédents tournois. En mars 2026, elle avait accusé Diana Schnaider, rencontrée au troisième tour de Roland-Garros, de soutenir la propagande russe. « Son pays tue des civils. Comment peut-on continuer à jouer et à sourire comme si de rien n’était ? », avait-elle déclaré à l’époque.

Ces prises de position, bien que minoritaires, reflètent une fracture croissante dans le monde du tennis féminin. Plusieurs joueuses, comme la Française Alizé Cornet ou la Tchèque Karolína Plíšková, ont également exprimé leur soutien à l’Ukraine, tandis que d’autres, comme Veronika Kudermetova ou Anastasia Pavlyuchenkova, ont été critiquées pour leur silence. Un silence que Kostyuk juge désormais intenable : « On sait de quel côté elles se situent. C’est leur responsabilité, pas la mienne. »

Un parcours exceptionnel sur terre battue

Avec 16 victoires en 16 matchs cette saison sur terre battue, Marta Kostyuk s’est imposée comme la grande favorite du tournoi parisien. Invaincue depuis le début de l’année sur cette surface, la joueuse ukrainienne a enchaîné les performances remarquées, notamment en écartant la numéro 1 mondiale, Iga Świątek, en huitièmes de finale. Une victoire historique, qui a marqué les esprits et confirmé son statut de future star du tennis féminin.

Si elle remporte sa demi-finale contre Mirra Andreeva, Kostyuk pourrait devenir la première Ukrainienne à atteindre la finale de Roland-Garros. Un exploit qui, dans le contexte actuel, prendrait une dimension encore plus symbolique. « Je suis ici, en sécurité, pour jouer au tennis », a-t-elle rappelé, tout en gardant à l’esprit la situation dans son pays. « Le matin, je vérifie les nouvelles et j’écris à ma famille. C’est tout ce que je peux faire. »

Et maintenant ?

La demi-finale entre Marta Kostyuk et Mirra Andreeva est prévue mercredi 4 juin 2026, dans la soirée. Une rencontre qui pourrait bien tourner au symbole, dans un tournoi déjà marqué par les prises de position politiques de certaines joueuses. Si Kostyuk se qualifie pour la finale, elle affrontera soit la numéro 1 mondiale, Aryna Sabalenka, soit la jeune prodige américaine Coco Gauff. Quel que soit le résultat, ce duel entre une Ukrainienne et une Russe promet de marquer les esprits, bien au-delà des courts de Roland-Garros.

Parallèlement, la direction du tournoi a rappelé que toute manifestation politique était interdite lors des matchs, conformément aux règles de la Fédération internationale de tennis (ITF). Reste à voir comment ce cadre strict sera appliqué face à des enjeux aussi sensibles. Une chose est sûre : après le parcours de Kostyuk, le débat sur la neutralité des athlètes dans un conflit aussi médiatisé est loin d’être clos.

La joueuse ukrainienne refuse de serrer la main à certaines de ses adversaires russes en signe de protestation contre l’invasion russe de l’Ukraine. Elle estime que ces athlètes ne prennent pas position clairement face à la guerre, malgré les informations accessibles. « Je ne sais pas comment elles peuvent dormir tranquille », a-t-elle déclaré.