Romano Floriani Mussolini, arrière-petit-fils du dictateur italien Benito Mussolini, a fait ses premiers pas en Serie A cette semaine sous les couleurs de la Lazio Rome, lors d’une victoire 1-0 face à Bologne. Le jeune latéral droit de 23 ans — fils d’Alessandra Mussolini, elle-même petite-fille du fondateur du fascisme italien — a remplacé Adam Marusic à la 19e minute à la suite d’une blessure. Il a marqué l’unique but de son équipe en délivrant une touche en cloche à la 59e minute, reprise victorieusement par Davide Frattesi. Selon RMC Sport, cette entrée en jeu remarquée a été saluée par les ultras de la Lazio, dont une partie se revendique des mouvances d’extrême droite.

Un détail a particulièrement retenu l’attention : sur son maillot, le joueur ne porte plus le nom « Mussolini », mais simplement « Romano ». Ce choix reflète une évolution notable dans la manière dont le jeune footballeur gère l’héritage familial. Alors qu’il avait brièvement adopté le flocage « F. Mussolini » lors de son passage à la Juve Stabia, il a depuis opté pour son prénom, une décision qui, selon ses dires, lui permet de se recentrer sur sa carrière sportive. Ce changement de nom sur le maillot a été remarqué dès son retour à la Lazio, son club formateur, où il évolue désormais avec le numéro 15.

Ce qu'il faut retenir

  • Romano Floriani Mussolini, 23 ans, a fait ses débuts en Serie A avec la Lazio Rome lors de la 1re journée face à Bologne (1-0), le 1er septembre 2026.
  • Il a remplacé un coéquipier blessé à la 19e minute et est à l’origine de la touche décisive menant au but de Davide Frattesi à la 59e minute.
  • Sur son maillot, il a remplacé le nom « Mussolini » par son prénom « Romano », abandonnant ainsi l’héritage du Duce après l’avoir brièvement affiché à la Juve Stabia.
  • Ses performances ont été saluées par l’entraîneur Gennaro Gattuso, qui a déclaré : « Il me plaît, il a un gros moteur et une grosse marge de progression. »
  • Alessandra Mussolini, sa mère et petite-fille de Benito Mussolini, a elle-même été candidate politique sous l’étiquette postfasciste.

Un héritage familial qui divise et fascine

La Lazio Rome entretient une réputation ambivalente, liée en partie à la présence de supporters revendiquant ouvertement des sympathies pour l’extrême droite. Lors de ce match à Bologne, les ultras de la Lazio ont scandé « Bello de nonno » (« le beau gosse de papi »), en référence à Benito Mussolini. Ce surnom souligne à quel point le nom de famille de Romano Floriani Mussolini résonne dans certaines franges des tifosi romains, malgré les polémiques récurrentes qui entourent ce passé. Selon RMC Sport, cette dimension symbolique a joué un rôle dans l’accueil réservé au jeune défenseur lors de son retour au club, après plusieurs prêts dans des divisions inférieures.

Pour autant, le joueur lui-même a toujours minimisé l’impact de son patronyme sur sa carrière. Dans une interview accordée l’été dernier, il avait affirmé : « En ce qui concerne mon nom, ça n’a jamais été un problème pour moi. Depuis que je joue au football, je n’ai pensé qu’à jouer. Ça a surtout posé un problème aux autres, pas à moi. Moins on en parle, mieux c’est. Je suis ici pour jouer, pour m’exprimer sur le terrain, pas pour autre chose. » Ces propos, rapportés par son ancien formateur Mauro Bianchessi dans La Repubblica, traduisent une forme de détachement face à un héritage qu’il ne revendique pas publiquement, mais qui continue de susciter des débats.

Un parcours sportif marqué par les prêts et un retour à Rome

Romano Floriani Mussolini, né en janvier 2003, a été formé à l’AS Rome avant de rejoindre les équipes de jeunes de la Lazio. Après des passages en Serie B et en Serie C — notamment à la Juve Stabia —, il a finalement été rappelé par son club formateur pour la saison 2026-2027. Son profil de latéral droit athlétique et sa capacité à apporter de la profondeur à l’effectif ont convaincu l’entraîneur Gennaro Gattuso, qui a déjà exprimé son enthousiasme à son égard. « Il a un gros moteur et une grosse marge de progression », a-t-il déclaré aux journalistes, laissant entrevoir une possible titularisation dans les prochaines semaines.

Ce retour à Rome coïncide avec une période où le club cherche à reconstruire une équipe compétitive après plusieurs saisons irrégulières. La Lazio, qui a terminé la saison précédente en milieu de tableau, mise sur une jeunesse prometteuse pour relancer son projet sportif. Romano Floriani Mussolini, bien que son nom attire immanquablement l’attention, n’est pas le seul joueur issu du centre de formation à être intégré à l’effectif professionnel. Son intégration dans le groupe pourrait également être un message envoyé aux supporters, dans un contexte où le club tente de concilier performance sportive et gestion d’une image parfois controversée.

Un choix de maillot qui interroge, entre stratégie et opportunité

Le changement de flocage opéré par Romano Floriani Mussolini — passant de « F. Mussolini » à « Romano » — pourrait être interprété comme une tentative de se réinventer, loin des débats politiques qui ont accompagné son parcours. Ce choix intervient alors que les autorités italiennes autorisent, à titre exceptionnel, l’ajout de noms historiques ou familiaux sur les maillots, sous réserve de respecter certaines règles administratives. Pour le joueur, il s’agit avant tout de tourner une page, même si son nom de famille reste indissociable de l’histoire de l’Italie.

Selon RMC Sport, cette décision a été bien accueillie par une partie des supporters, notamment ceux qui voient en lui un symbole de continuité avec un passé controversé. Pour d’autres, en revanche, elle pourrait être perçue comme une tentative de normalisation, alors que les liens entre le football et l’extrême droite en Italie font régulièrement l’objet de polémiques. Qu’il le veuille ou non, Romano Floriani Mussolini reste un personnage dont l’image est indissociable du poids historique de son nom.

Et maintenant ?

La Lazio Rome affronte le Genoa ce dimanche 7 septembre 2026 à 20h45 lors de la 2e journée de Serie A, une rencontre qui pourrait offrir à Romano Floriani Mussolini l’opportunité de confirmer ses débuts prometteurs. Son intégration dans le onze de départ dépendra des choix tactiques de Gennaro Gattuso, qui a d’ores et déjà salué son profil. D’ici là, le club devra gérer avec prudence les réactions des supporters, certains ultras n’hésitant pas à afficher des signes de soutien ouvertement politiques. Une titularisation du jeune latéral pourrait relancer les débats autour de la gestion des symboles politiques dans le football italien.

Pour les observateurs, la question reste entière : ce changement de flocage marque-t-il une réelle prise de distance avec un héritage familial encombrant, ou s’agit-il simplement d’une stratégie pour désamorcer les polémiques ? Une chose est sûre : tant que Romano Floriani Mussolini portera le maillot de la Lazio, son nom continuera de faire parler au-delà des lignes blanches du terrain.