Rome perd ses pins emblématiques, victimes du manque d’entretien et de la chaleur extrême, tandis que la ville se couvre de travertin brûlant, dénonce le linguiste Raffaele Simone dans une tribune publiée par Le Monde ce 8 août 2026. Selon lui, cette situation reflète l’absence totale de vision écologique dans l’aménagement urbain de la capitale italienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Les pins emblématiques de Rome s’effondrent en raison d’un manque d’entretien et de chaleurs extrêmes.
  • La ville se couvre de travertin brûlant, aggravant les effets des canicules.
  • Le philosophe Raffaele Simone critique l’absence de politique verte dans l’aménagement urbain.
  • Cette situation contraste avec Paris, où la végétalisation progresse.
  • La tribune de Simone est publiée dans Le Monde ce 8 août 2026.

Des pins historiques condamnés par l’abandon

Les célèbres pins de Rome, symboles de la ville depuis des siècles, tombent un à un. Faute d’entretien, ces arbres, déjà fragilisés par des années de sécheresse et de températures records, s’effondrent sous leur propre poids. Selon les experts cités par Le Monde, la situation s’aggrave chaque été, avec des températures dépassant régulièrement les 40 °C dans la capitale italienne. Bref, la chaleur devient insoutenable, et les espaces verts disparaissent au profit de matériaux minéraux.

Rome se minéralise, Paris se végétalise

Alors que Paris renforce ses politiques de végétalisation — avec des projets comme les « forêts urbaines » ou les toits végétalisés —, Rome, elle, semble reculer. Le travertin, pierre calcaire locale, recouvre désormais de larges surfaces, transformant les trottoirs et les places en véritables fours à ciel ouvert. « Contrairement à Paris, Rome se dévégétalise et se recouvre d’un travertin brûlant », explique Raffaele Simone dans sa tribune. Pour le philosophe, cette tendance illustre un choix politique : celui de privilégier les matériaux inertes au détriment du vivant.

Ce phénomène n’est pas sans conséquences. Les îlots de chaleur urbains s’intensifient, rendant les étés romains de plus en plus difficiles à supporter pour les habitants. Les études récentes montrent que les températures en centre-ville peuvent dépasser de 5 à 7 °C celles des zones périurbaines, aggravant les risques sanitaires, notamment pour les personnes âgées et les plus vulnérables.

Une tribune qui interroge l’aménagement urbain

Dans sa tribune publiée par Le Monde, Raffaele Simone ne se contente pas de constater la dégradation des espaces verts. Il dénonce une absence totale de stratégie écologique dans la gestion de la ville. « On construit des autoroutes, des parkings, des centres commerciaux, mais où sont les arbres ? Où sont les parcs ? », s’interroge-t-il. Selon lui, cette situation est le résultat d’un urbanisme à court terme, où le béton l’emporte sur le végétal.

Pourtant, les solutions existent. Des villes comme Barcelone ou Milan ont montré qu’il était possible de concilier développement urbain et préservation des espaces verts. À Milan, le projet « Forestami » prévoit de planter 3 millions d’arbres d’ici 2030 pour lutter contre les îlots de chaleur. Rome, elle, semble en retrait sur ce sujet.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Rome. La mairie, dirigée par le maire Roberto Gualtieri, a annoncé un plan de relance pour les espaces verts, mais les associations écologistes restent sceptiques. « Les promesses sont nombreuses, mais les actes tardent à venir », confie une militante de l’association « Roma Respira ». Une chose est sûre : sans une politique ambitieuse de végétalisation, la situation ne fera qu’empirer, avec des étés de plus en plus invivables pour les Romains.

Cette tribune de Raffaele Simone rappelle une évidence : une ville sans arbres est une ville sans âme. Et à Rome, l’âme verte s’efface peu à peu, remplacée par un minéral brûlant.

D’après les experts cités par Le Monde, les pins romains, souvent centenaires, sont fragilisés par des années de sécheresse et de températures extrêmes. Le manque d’entretien — taille, arrosage, soins aux racines — a accéléré leur déclin. Sans intervention urgente, leur disparition pourrait s’accélérer dans les années à venir.