Comme le rapporte Libération, le dernier film de Leonardo Di Costanzo, intitulé « L’Affaire Zanetti », met en scène Roschdy Zem dans le rôle d’un criminologue en quête de comprendre les ressorts psychologiques ayant conduit à un sororicide. Ce drame, mené avec une sobriété remarquable, explore les rouages intimes d’un crime familial à travers le prisme de l’enquête scientifique et humaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Roschdy Zem joue un criminologue analysant les causes d’un sororicide dans le film « L’Affaire Zanetti », réalisé par Leonardo Di Costanzo.
  • L’œuvre se distingue par une narration sobre et méthodique, centrée sur les mécanismes psychologiques et sociaux menant au crime.
  • Le film s’inscrit dans une réflexion plus large sur la violence familiale et la recherche des origines de tels actes.
  • La performance de Roschdy Zem est saluée pour sa profondeur et sa retenue, reflétant l’approche rigoureuse du réalisateur.
  • « L’Affaire Zanetti » est présenté comme un drame psychologique où l’enquête intellectuelle prime sur le spectaculaire.

Un réalisateur engagé dans une exploration minutieuse

Leonardo Di Costanzo, connu pour son approche réaliste et documentée des récits, signe ici une œuvre où la tension narrative naît de l’analyse plutôt que de l’action. Le film s’appuie sur une recherche rigoureuse, tant cinématographique que sociologique, pour restituer les dynamiques complexes d’une famille confrontée à l’irréparable. Di Costanzo a indiqué, lors d’un entretien accordé à Libération, que son intention était de « montrer comment un crime s’inscrit dans une histoire, dans des silences, dans des non-dits, plutôt que dans un geste isolé ».

L’histoire prend appui sur un fait divers réel, transformé en fiction pour éviter tout sensationnalisme. Le personnage incarné par Roschdy Zem, un expert en criminalistique, est présenté comme un homme méthodique, obsédé par la recherche des causes profondes d’un acte qui, à première vue, semble incompréhensible. Autant dire que le film évite les facilités du polar traditionnel pour se concentrer sur une quête presque clinique, où chaque détail compte.

Roschdy Zem au cœur d’une performance exigeante

L’acteur, qui a accepté ce rôle après avoir longuement discuté avec Di Costanzo, a souligné l’importance de « incarner un homme qui, malgré sa science, reste humain face à l’horreur ». Son personnage, bien que spécialiste, est aussi un père de famille, confronté à ses propres limites. Roschdy Zem a confié à Libération : « Ce qui m’a intéressé, c’est cette idée de l’échec de la raison face à la folie humaine. Mon personnage croit aux chiffres, aux statistiques, mais il doit affronter l’impossible à rationaliser. »

Le film mise sur une esthétique épurée, où les dialogues et les silences jouent un rôle aussi important que les images. Les décors, volontairement neutres, renforcent cette impression de neutralité scientifique. Roschdy Zem évolue dans un environnement qui reflète son état d’esprit : ordonné, froid, presque clinique. Pourtant, c’est dans cette froideur apparente que transparaissent les failles, les doutes et, finalement, l’humanité du personnage.

Une réflexion sur la violence intrafamiliale

Au-delà de l’intrigue policière, « L’Affaire Zanetti » interroge les mécanismes sociaux et psychologiques qui peuvent mener à un fratricide ou un sororicide. Le film évite soigneusement de diaboliser le criminel ou de psychologiser à outrance, préférant montrer comment une situation, des non-dits ou des traumatismes accumulés peuvent déboucher sur l’irréparable. Selon Di Costanzo, « la violence n’arrive jamais par hasard. Elle s’inscrit dans une histoire, dans une famille, dans une société. Notre rôle, en tant qu’artistes, est de montrer cette complexité sans tomber dans le jugement. »

Cette approche a valu au film une attention particulière dans le milieu du cinéma d’auteur. Des critiques ont salué sa capacité à traiter un sujet aussi sensible avec une rigueur et une retenue remarquables, loin des clichés du genre. Le film s’inscrit ainsi dans une lignée de drames sociaux où la forme sert le fond, et où l’émotion naît de la sobriété plutôt que de l’exagération.

Et maintenant ?

« L’Affaire Zanetti » est d’ores et déjà présenté dans plusieurs festivals européens, où il suscite un vif intérêt. Une sortie en salles est prévue pour l’automne 2026, après une tournée de projections destinées à un public professionnel. Le film pourrait également bénéficier d’une diffusion sur une plateforme de streaming spécialisée dans le cinéma d’auteur, bien que rien ne soit encore confirmé. En attendant, Roschdy Zem a indiqué qu’il enchaînerait avec un projet très différent, mais tout aussi exigeant, confirmant ainsi son attachement à des rôles où la profondeur prime sur la visibilité.

Ce drame, qui interroge les limites de la rationalité face à l’irrationnel, s’inscrit dans un contexte où les questions de violence familiale reviennent régulièrement dans le débat public. Entreprises sociales, associations et institutions judiciaires pourraient s’en emparer pour alimenter leurs réflexions sur la prévention. Le film, par sa démarche, rappelle que le cinéma peut être un outil de compréhension, à condition de ne pas céder aux facilités du pathos.