Des heurts ont opposé manifestants et policiers à Southampton, dans le sud de l’Angleterre, ce lundi 2 juin 2025, au lendemain d’une manifestation déclenchée par la diffusion d’images de caméras-piétons illustrant le poignardage mortel d’un étudiant en décembre 2025. Selon Euronews FR, ces vidéos, montrant l’étudiant Henry Nowak menotté alors qu’il était grièvement blessé, ont provoqué une vague d’indignation ayant attiré des centaines de personnes dans les rues.
Ce qu'il faut retenir
- Henry Nowak, étudiant de 22 ans, a été poignardé à mort en décembre 2025 à Southampton.
- Des vidéos de bodycams de la police, diffusées début juin 2026, montrent Nowak menotté alors qu’il était déjà grièvement blessé.
- Une manifestation a été organisée en réaction, attirant des centaines de personnes et des figures d’extrême droite.
- Des heurts ont éclaté entre manifestants et policiers, avec des jets de projectiles et des slogans hostiles.
- Tommy Robinson et Nick Tenconi, figures de l’extrême droite britannique, ont pris la parole lors du rassemblement.
- Les tensions ont persisté tout au long de la journée, nécessitant une présence policière renforcée.
La diffusion de ces images de bodycams a ravivé la colère d’une partie de la population, déjà ébranlée par le meurtre de l’étudiant. Euronews FR précise que les vidéos, rendues publiques en début de semaine, ont été au cœur des revendications des manifestants. Ceux-ci se sont rassemblés près des mémoriaux érigés en hommage à Nowak, brandissant des pancartes à son effigie et scandant des slogans contre la police.
Parmi les participants figuraient des personnalités connues pour leurs positions d’extrême droite. Tommy Robinson, militant britannique controversé, et Nick Tenconi, dirigeant de l’UKIP, se sont adressés à la foule pour critiquer la gestion de l’affaire par les autorités. « La police a échoué à protéger Henry Nowak et à enquêter correctement », a déclaré Robinson, selon des témoignages recueillis sur place. Tenconi a quant à lui dénoncé un « système judiciaire défaillant » lors de son intervention.
Un rassemblement marqué par la colère et les tensions
Dès l’après-midi, les tensions ont commencé à monter près du lieu du crime, situé dans le centre-ville de Southampton. Les manifestants, dont certains portaient des masques, ont lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre. Les policiers, en tenue antiémeute, ont dû faire usage de boucliers pour se protéger, tout en tentant de canaliser la foule. Euronews FR rapporte que des affrontements ont éclaté à plusieurs reprises, nécessitant l’intervention de renforts.
Selon des témoins cités par la source, certains manifestants ont tenté de forcer l’entrée d’un commissariat local, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Les forces de police ont confirmé avoir enregistré plusieurs interpellations pour jets de projectiles et troubles à l’ordre public, sans préciser le nombre exact de personnes placées en garde à vue. Un porte-parole de la police du Hampshire a indiqué que « la situation était sous contrôle » tout en reconnaissant que « des individus ont tenté de provoquer des incidents ».
Un contexte politique tendu en toile de fond
Cet incident survient dans un contexte politique déjà marqué par des divisions autour des questions de sécurité et de gestion des manifestations. L’affaire Nowak, devenue un symbole pour certains mouvements, a ravivé les débats sur l’usage des caméras-piétons par la police, perçues tantôt comme un outil de transparence, tantôt comme une preuve de brutalité policière. Euronews FR souligne que cette affaire a déjà fait l’objet de plusieurs recours juridiques, avec des associations de défense des droits civiques appelant à une enquête indépendante.
Les autorités locales, quant à elles, ont appelé au calme, rappelant que l’enquête sur la mort de Nowak était toujours en cours. Le parquet du Hampshire a indiqué qu’aucun nouveau suspect n’avait été identifié depuis l’incident de décembre, sans pour autant écarter l’hypothèse d’un règlement de comptes. Un porte-parole a déclaré : « L’enquête suit son cours, mais nous ne pouvons à ce stade confirmer ou infirmer aucune piste. »
Cette affaire illustre plus largement les défis auxquels le Royaume-Uni est confronté en matière de cohésion sociale et de confiance dans les institutions. Entre les revendications des familles des victimes, les critiques des associations de défense des droits humains et les prises de position des partis politiques, le dossier Nowak risque de rester au cœur des débats dans les semaines à venir.
Les images montrent Henry Nowak, déjà grièvement blessé, menotté par des agents. Beaucoup y ont vu une preuve de brutalité policière, alors que la version officielle évoquait une tentative d’interpellation dans un contexte de légitime défense. La diffusion de ces vidéos a été perçue comme une preuve de la version des faits des autorités, ce qui a exacerbé la colère des manifestants.