Les Bleuets ont remporté leur deuxième match du Mondial U20 de rugby en Géorgie, s’imposant face à l’Espagne sur le score de 57 à 32. Une victoire qui aurait pu rester dans l’anonymat si Luka Keletaona, l’ouvreur des jeunes Français, n’avait révélé avoir été la cible d’insultes racistes en cours de partie. Selon Le Figaro, les propos ont été tenus à la 36e minute par Mateo Aragon, un ailier remplaçant de l’équipe espagnole, alors que les Espagnols marquaient leur troisième essai.

Une rencontre disputée sur le terrain du Rugby Club 1968 de Tbilissi, capitale géorgienne, qui a basculé dans l’incident après que Luka Keletaona a signalé à son capitaine, Lucas Andjisseramatchi, les propos tenus à son encontre. Aucune sanction immédiate n’a été prononcée par l’arbitre, mais le staff tricolore envisage de déposer une réclamation officielle auprès de World Rugby. Le joueur, qui évolue désormais au RC Toulon après avoir porté le maillot de Brive, a souhaité alerter l’opinion publique sur cette affaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Bleuets s’imposent 57 à 32 face à l’Espagne en deuxième journée du Mondial U20 en Géorgie, selon Le Figaro.
  • L’ouvreur français Luka Keletaona a subi des insultes racistes à la 36e minute du match.
  • Les propos, tenus en français par Mateo Aragon (ailier en formation à l’UBB, futur joueur de Vannes), visaient explicitement Keletaona.
  • Aucune sanction n’a été prise sur le terrain, mais une réclamation pourrait être déposée auprès de World Rugby.
  • Keletaona a expliqué avoir immédiatement alerté son capitaine et l’arbitre avant de faire remonter l’incident.

Une victoire sportive éclipsée par l’incident

Avec deux victoires en deux matchs, les Bleuets confirment leur statut de favori dans cette compétition. Leur première rencontre s’était soldée par un large succès 52 à 10 face aux Fidji, démontrant une dynamique positive. Pourtant, c’est bien l’affront subi par Luka Keletaona qui a marqué les esprits. Le jeune joueur, qui évolue désormais au RC Toulon après son passage à Brive, a expliqué à la Chaîne L’Équipe avoir entendu Mateo Aragon lui lancer : « Casse-toi avec ta tête de chinois et tes yeux... », avant qu’il ne quitte le terrain pour en informer son capitaine.

« On sait qu’il y a pas mal d’Espagnols qui jouent en France et qui sont revanchards. Il y a évidemment du chambrage, tout ce qui va avec. Mais les propos racistes n’ont pas lieu d’être sur un terrain. Pour moi, il ne faut pas que ça passe inaperçu. J’ai envie de faire remonter le truc », a-t-il déclaré. L’ouvreur a également précisé avoir interrompu le match pour signaler l’incident, bien que les arbitres n’aient pas réagi sur le moment. Une décision qui illustre son refus de tolérer ce type de comportement.

Un contexte tendu entre les fédérations française et espagnole

Keletaona a évoqué un climat de rivalité entre certains joueurs espagnols évoluant en France et leurs adversaires sur le terrain. Une situation qui rappelle les tensions récurrentes entre certaines équipes lors des compétitions internationales. Mateo Aragon, dont l’avenir est déjà tracé vers le centre de formation de l’Union Bordeaux-Bègles avant un départ prévu à Vannes, a été identifié comme l’auteur des propos. Son club actuel, l’UBB, n’a pas encore réagi publiquement à cette affaire.

Cette rencontre s’inscrit dans un Mondial U20 marqué par des enjeux sportifs importants, mais aussi par des questions éthiques. Le rugby, souvent présenté comme un sport de valeurs, se trouve une fois de plus confronté à des dérives que les instances cherchent à éradiquer. World Rugby, déjà engagé dans des campagnes contre les discriminations, pourrait être saisi officiellement par la Fédération française de rugby (FFR) pour statuer sur une éventuelle sanction.

« Les propos racistes n’ont pas lieu d’être sur un terrain. Pour moi, il ne faut pas que ça passe inaperçu. J’ai envie de faire remonter le truc. » — Luka Keletaona, après le match contre l’Espagne.

Les prochaines étapes et les réactions attendues

La FFR n’a pas encore communiqué sur les suites données à cette affaire, mais l’affaire devrait être portée devant World Rugby dans les prochains jours. Selon les règlements en vigueur, une réclamation officielle pourrait entraîner une suspension ou une sanction disciplinaire à l’encontre de Mateo Aragon. Une décision qui pourrait faire jurisprudence dans le traitement des discriminations en rugby.

De son côté, Luka Keletaona, qui a su s’imposer comme un élément clé des Bleuets, a appelé à une prise de conscience collective. « Il y a des choses qui ne doivent plus se produire, et si mon cas peut servir à faire avancer les choses, tant mieux », a-t-il souligné. Une position qui tranche avec le silence souvent observé dans les vestiaires après ce type d’incidents.

Et maintenant ?

La Fédération française de rugby devrait déposer une réclamation officielle auprès de World Rugby dans les prochains jours. Une enquête pourrait être ouverte pour établir la réalité des faits et déterminer les sanctions éventuelles. Mateo Aragon, déjà repéré pour ses performances sportives, pourrait être convoqué par sa fédération nationale ou par World Rugby. Par ailleurs, cette affaire intervient alors que la FFR renforce ses campagnes de sensibilisation contre les discriminations dans le rugby amateur et professionnel.

Les Bleuets, qui visent désormais les quarts de finale, devront se concentrer sur leur parcours sportif tout en restant mobilisés face à ces dérives. Leur prochaine rencontre est prévue le 10 juillet contre l’Italie, un match qui pourrait prendre une dimension symbolique après cet incident.

En Géorgie, où se déroule le Mondial U20 jusqu’au 14 juillet, les instances organisatrices et World Rugby pourraient également renforcer les contrôles et les sanctions pour éviter de nouveaux incidents. Une affaire qui rappelle que, malgré les valeurs affichées, le rugby doit encore lutter contre les discriminations en son sein.

Selon le règlement de World Rugby, une sanction disciplinaire pourrait être prononcée, allant de la suspension temporaire à une exclusion définitive. La FFR a annoncé son intention de déposer une réclamation officielle, ce qui devrait déclencher une enquête. La décision finale dépendra des preuves recueillies et des circonstances atténuantes éventuelles.