Le ministre russe de l’Énergie, Sergei Tsivilyov, a annoncé ce jeudi 3 avril 2026 que Moscou allait envoyer un deuxième pétrolier à Cuba, malgré les pressions américaines et un blocus énergétique qui asphyxie l’île caribéenne. Une décision qui illustre la volonté de la Russie de maintenir son soutien à La Havane, alors que Cuba ne produit plus que 40 % du carburant dont elle a besoin, selon les données officielles.
Comme le rapporte Euronews FR, cette annonce intervient à peine deux jours après l’arrivée du pétrolier russe Anatoly Kolodkin dans le port de Matanzas, transportant 730 000 barils de pétrole. Il s’agissait du premier chargement de brut reçu par Cuba depuis près de trois mois, une rupture de livraisons qui illustre l’isolement croissant de l’île sur la scène internationale.
Ce qu'il faut retenir
- La Russie va envoyer un deuxième pétrolier à Cuba pour soutenir l’île face au blocus énergétique, a déclaré le ministre russe de l’Énergie Sergei Tsivilyov.
- Le pétrolier Anatoly Kolodkin, arrivé à Matanzas le 1er avril 2026, a livré 730 000 barils de pétrole, le premier chargement depuis trois mois.
- Cette cargaison pourrait produire 180 000 barils de diesel, couvrant les besoins quotidiens de Cuba pendant neuf à dix jours.
- Cuba ne produit que 40 % de son carburant et dépend des importations, notamment du Venezuela et du Mexique, désormais interrompues sous la pression américaine.
- Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, menacent d’imposer des droits de douane aux pays fournissant du pétrole à Cuba, tout en fermant les yeux sur l’accostage de l’Anatoly Kolodkin.
Un blocus énergétique qui aggrave une crise humanitaire
Cuba traverse une crise énergétique sans précédent, aggravée par le blocus imposé par Washington. Selon les experts cités par Euronews FR, la cargaison de 730 000 barils livrée par l’Anatoly Kolodkin pourrait produire environ 180 000 barils de diesel, soit l’équivalent de la demande quotidienne de l’île pendant neuf à dix jours. Une quantité insuffisante pour résoudre la pénurie, mais qui permet d’éviter l’effondrement total du réseau électrique. Pourtant, cette aide reste symbolique face à l’ampleur des besoins : Cuba ne produit plus que 40 % du carburant qu’elle consomme, le reste étant importé. Depuis plusieurs mois, les livraisons en provenance du Venezuela ont été interrompues après l’intervention militaire américaine contre le régime de Nicolás Maduro, tandis que le Mexique a également cessé ses exportations sous la menace de sanctions.
Les conséquences de cette crise se font sentir dans tout le pays. Les pénuries de carburant entraînent des coupures d’électricité quotidiennes, un rationnement alimentaire accru, des manques d’eau et des difficultés d’accès aux médicaments. Les populations les plus vulnérables, comme les personnes âgées ou les familles modestes, sont les premières à subir ces privations. « Ce blocus énergétique aggrave une crise déjà profonde sur l’île », soulignent les observateurs. À Cuba, où l’économie dépend largement des importations, l’effondrement des approvisionnements en pétrole a des répercussions dans tous les secteurs, de l’agriculture aux transports, en passant par les services publics.
Moscou maintient sa solidarité face à Washington
Face à cette situation, la Russie a choisi de maintenir son soutien à Cuba. « Cuba est soumise à un blocus total, elle a été coupée du monde », a déclaré Sergei Tsivilyov lors d’un forum sur l’énergie à Kazan. « Quelle cargaison de pétrole est arrivée jusqu’ici ? Un navire russe a franchi le blocus. Un deuxième est en train d’être chargé en ce moment même. Nous ne laisserons pas les Cubains seuls en difficulté. » Ces propos illustrent la détermination de Moscou à contourner les sanctions américaines, malgré les risques de représailles économiques.
Cette position s’inscrit dans le cadre d’une alliance stratégique entre la Russie et Cuba, deux pays sous pression occidentale. Depuis des décennies, Moscou soutient économiquement La Havane, notamment à travers des livraisons de pétrole à prix préférentiels. Cependant, la situation actuelle diffère des années 1990, lorsque l’effondrement de l’URSS avait plongé Cuba dans une crise encore plus profonde. Aujourd’hui, la Russie agit dans un contexte géopolitique tendu, où les États-Unis multiplient les sanctions contre ses alliés, comme le Venezuela ou l’Iran. « Nous ne laisserons pas les Cubains seuls en difficulté », a insisté le ministre russe, rappelant que Moscou considère La Havane comme un partenaire clé dans sa stratégie d’influence en Amérique latine.
Donald Trump divise sur la question cubaine
Du côté américain, la politique envers Cuba reste marquée par une ligne dure, mais avec des nuances. Fin janvier 2026, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à l’île, avant de nuancer ses propos en affirmant n’avoir « aucun problème » avec l’accostage de l’Anatoly Kolodkin. « Je ne pense pas qu’il contribuera à soutenir le gouvernement cubain », avait-il déclaré, suggérant que l’aide humanitaire pourrait être tolérée. Pourtant, ses déclarations restent ambiguës : lors d’un déplacement à Washington, il a affirmé que « Cuba est fini », qualifiant les dirigeants cubains de « très mauvais et corrompus », avant d’ajouter que « qu’ils reçoivent ou non un bateau de pétrole, cela n’aura aucune importance ».
Cette position reflète les divisions au sein de l’administration Trump sur la stratégie à adopter face à Cuba. Si certains responsables prônent un durcissement du blocus pour affaiblir le régime de La Havane, d’autres, comme le président lui-même, semblent moins enclins à sanctionner les pays tiers qui contournent les restrictions. Pour l’instant, Washington n’a pas pris de mesure concrète contre le Mexique ou la Russie, malgré leurs livraisons de pétrole à Cuba. Une absence de réaction qui pourrait s’expliquer par la priorité donnée à d’autres dossiers géopolitiques, comme la crise au Venezuela ou les tensions avec l’Iran.
Ce soutien russe, bien que symbolique, envoie un signal fort : Moscou refuse de laisser Washington isoler Cuba sans réagir. Reste à savoir si cette stratégie suffira à éviter un effondrement économique et social sur l’île, ou si les pénuries actuelles ne sont qu’un avant-goût d’une crise bien plus profonde.
La Russie souhaite maintenir son soutien à Cuba, un allié historique, face à un blocus énergétique imposé par les États-Unis. Selon Sergei Tsivilyov, ministre russe de l’Énergie, Moscou refuse de « laisser les Cubains seuls en difficulté ». Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de contournement des sanctions américaines en Amérique latine.
Le blocus énergétique aggrave une crise déjà profonde : les pénuries de carburant entraînent des coupures d’électricité quotidiennes, un rationnement alimentaire accru, des manques d’eau et des difficultés d’accès aux médicaments. Les populations les plus vulnérables, comme les personnes âgées ou les familles modestes, sont les premières touchées. Cuba, qui ne produit plus que 40 % de son carburant, dépend désormais presque entièrement des importations, désormais interrompues en provenance du Venezuela et du Mexique.
