D'après BFM Bourse, la banque Jefferies a révisé son opinion sur l'équipementier et motoriste aérien Safran, en raison des risques posés par la guerre au Moyen-Orient sur ses activités d'après-vente. La banque a ainsi abaissé sa recommandation de « acheter » à « conserver » sur le titre, tout en ajustant son objectif de cours à 310 euros contre 350 précédemment.

Ce qu'il faut retenir

  • La guerre au Moyen-Orient pèse sur les activités d'après-vente de Safran
  • Jefferies a abaissé sa recommandation de « acheter » à « conserver » sur le titre
  • L'objectif de cours a été ajusté à 310 euros contre 350 précédemment

Impact de la guerre au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient a évidemment provoqué une baisse du trafic aérien, plusieurs compagnies du Golfe suspendant ou réduisant leurs opérations. De plus, la hausse des cours du pétrole entraîne de facto un renchérissement des coûts du kérosène et donc de la facture carburant des compagnies aériennes, clientes de Safran. Selon des données communiquées fin 2024 par Safran, 23 000 moteurs CFM56-5B-7B étaient en service, et 70% n'avaient effectué aucune visite en atelier.

Le dirigeant de Thales, Pascal Bouchiat, a expliqué que l'activité de Thales au premier trimestre n'avait pas été affectée par ces tendances en raison d'effets de latence. Mais « nous devrions voir des impacts dès le deuxième trimestre », a ajouté le dirigeant. Thales est exposé à la chute des activités d'après-vente, via son activité d'avionique dans l'aéronautique civil.

Activités d'après-vente de Safran

Les activités d'après-vente de Safran rassemblent la révision, les réparations, la maintenance et les ventes de pièces détachées. La société ne communique pas les marges de ces métiers, mais il est communément admis que l'entreprise tire le gros de sa rentabilité de ces services dans la propulsion aéronautique. L'an passé, la marge opérationnelle ajustée de Safran dans sa division « propulsion » dans sa globalité a atteint 23%. En comparaison, Airbus affiche une rentabilité plus de deux fois moindre dans sa division d'aéronautique civile (10,3% de marge opérationnelle ajustée).

Les « services pour moteurs civils » de Safran ont dégagé une progression des revenus de 30% l'an passé. Ces résultats fort enviables s'expliquent par le positionnement de marché de Safran, qui est porté par CFM International, sa coentreprise avec l'américain GE Aerospace. CFM produit le CFM56, le moteur le plus vendu au monde, et le LEAP, qui équipe les monocouloirs de nouvelle génération d'Airbus (A320neo) et Boeing (737 Max).

Risques pour les ventes de pièces détachées

Jefferies estime que les compagnies aériennes pourraient se montrer moins gourmandes sur le périmètre de ses services d'après-vente qu'elles demanderont lorsqu'elles effectueront les visites en atelier avec leurs appareils. La banque a abaissé sa prévision de croissance de ventes de pièces détachées chez Safran pour 2026, passant d'environ 15% à environ 5%. Pour cette raison, la banque estime que le groupe bénéficie d'une « juste » valorisation, l'action s'échangeant avec un ratio de valeur d'entreprise rapportée au résultat opérationnel de 20, proche de son pic de pré-pandémie (21-22 fois).

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l'impact réel de la guerre au Moyen-Orient sur les activités d'après-vente de Safran. Les investisseurs devraient rester attentifs aux déclarations des compagnies aériennes concernant l'étendue des visites en atelier et aux décisions des compagnies aériennes concernant la réduction de leurs opérations. La situation devrait devenir plus marquante d'ici le troisième trimestre, en supposant que les prix du carburant ne baissent que partiellement avant l'été.

En résumé, la guerre au Moyen-Orient pèse sur les activités d'après-vente de Safran, et Jefferies a abaissé sa recommandation de « acheter » à « conserver » sur le titre. Les investisseurs devraient rester prudents et attentifs aux prochaines déclarations des compagnies aériennes et des autorités.