Le militant indépendantiste Naâma Asfari, incarcéré au Maroc depuis quinze ans, a entamé ce lundi une grève de la faim illimitée. Cette action survient après trois sommations de 48 heures lui ayant été adressées, comme le rapporte Libération. L’objectif affiché est de relancer l’attention sur un conflit souvent relégué au second plan, alors que sa détention suscite de vives critiques au niveau international.
Ce qu'il faut retenir
- Naâma Asfari, militant indépendantiste du Sahara occidental, est détenu au Maroc depuis 2011.
- Il entame une grève de la faim illimitée ce 8 juin 2026, après trois sommations de 48 heures.
- Sa détention est contestée par de nombreux avis des Nations unies.
- Cette action vise à attirer l’attention sur un conflit oublié, selon Libération.
Un militant emprisonné depuis quinze ans
Emprisonné depuis 2011, Naâma Asfari est une figure de la cause indépendantiste du Sahara occidental. Arrêté lors d’une manifestation en 2010, il a été condamné en 2013 à trente ans de prison pour des faits qualifiés d’« atteinte à la sécurité nationale ». Sa détention, qualifiée d’arbitraire par plusieurs instances internationales, reste au cœur des tensions entre le Maroc et les partisans de l’autodétermination du territoire.
Selon Libération, son cas illustre la répression persistante des militants sahraouis au Maroc. Malgré les appels répétés des Nations unies et d’ONG comme Amnesty International, les autorités marocaines maintiennent leur position. Trois sommations de 48 heures, remises en amont de sa grève, n’ont pas eu d’effet sur sa situation.
Une grève de la faim pour briser l’oubli
C’est dans ce contexte que Asfari a choisi de recourir à une grève de la faim illimitée. L’initiative, annoncée publiquement ce 8 juin 2026, s’inscrit dans une stratégie de dernière instance pour forcer l’attention médiatique et politique sur son cas. « Je n’ai plus d’autres moyens de me faire entendre », a-t-il déclaré à ses proches, selon des sources relayées par Libération.
Cette méthode, souvent utilisée par les détenus en situation désespérée, vise à mettre en lumière le conflit du Sahara occidental. Un territoire disputé depuis des décennies entre le Maroc, qui en contrôle la majeure partie, et le Front Polisario, qui revendique son indépendance. Le silence médiatique et politique autour de ce dossier a poussé Asfari à cette extrémité.
Un conflit oublié malgré les appels internationaux
Le Sahara occidental est un dossier épineux pour la diplomatie internationale. Depuis 1975, le territoire est au cœur d’un conflit gelé, marqué par des violations répétées des droits humains, selon plusieurs rapports d’ONG. Pourtant, la situation peine à trouver une issue, malgré les résolutions de l’ONU et les médiations internationales.
Plusieurs instances onusiennes, dont le Comité contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire, ont exigé la libération d’Asfari ou un procès équitable. Le Maroc, qui considère le Sahara occidental comme partie intégrante de son territoire, rejette ces critiques. « La détention de Naâma Asfari est une question de souveraineté nationale », a rappelé en 2024 un porte-parole du gouvernement marocain.
Cette grève de la faim s’inscrit dans une longue série d’actions menées par des détenus sahraouis pour attirer l’attention sur leur sort. Si l’impact médiatique peut être immédiat, son efficacité politique reste incertaine. Le conflit du Sahara occidental, malgré son ancienneté, peine toujours à trouver une résolution durable.
Il a été condamné en 2013 à trente ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale » après sa participation à une manifestation en 2010. Sa détention est contestée par plusieurs instances internationales, dont les Nations unies, qui la jugent arbitraire.