Depuis ce dimanche 1er juin 2026, la revalorisation du Smic a eu un effet inattendu sur les grilles salariales de certaines branches professionnelles. Selon Ouest France, pas moins de **126** conventions collectives voient désormais leurs salaires minimaux de départ fixés en dessous du seuil du Smic. Un phénomène qui s’explique par la mécanique de calcul des salaires dans ces secteurs.
Ce qu'il faut retenir
- **126 branches professionnelles** concernées par cette situation depuis le 1er juin 2026.
- Leur grille salariale minimale est désormais **inférieure au Smic** après la revalorisation de ce dernier.
- Cette situation résulte des mécanismes de fixation des salaires dans ces branches, souvent liés à des accords anciens ou sectoriels.
- Les salariés concernés pourraient être **impactés financièrement**, à moins d’une renégociation rapide de leurs conventions.
Ouest France précise que cette liste, consultée par ses soins, recense l’intégralité des branches professionnelles concernées. Parmi elles figurent des secteurs variés, allant du commerce de détail à l’artisanat en passant par certaines professions libérales. Autant dire que la mesure touche des milliers de salariés en France.
Pour rappel, le Smic a été revalorisé de **2,2 %** au 1er janvier 2026, portant son montant horaire brut à **11,65 €**. Cette augmentation, bien que significative, a eu pour effet de « décaler » les grilles salariales inférieures dans certaines branches, où les minima conventionnels n’ont pas été révisés en conséquence. Résultat : des salaires de départ désormais inférieurs au Smic, alors même que ce dernier sert de référence nationale.
Comme l’explique un représentant du ministère du Travail, « certaines branches ont des mécanismes de calcul des salaires qui ne s’alignent pas automatiquement sur le Smic ». Ces grilles, souvent négociées il y a plusieurs années, n’ont pas été réactualisées pour intégrer les dernières hausses. « Il s’agit parfois de secteurs où les négociations collectives sont moins dynamiques », a-t-il ajouté.
Parmi les branches concernées, on trouve notamment la coiffure, la propreté, ou encore certaines activités de commerce. Des secteurs où les salaires de début de carrière sont traditionnellement bas. Pour les salariés déjà en poste, cette situation ne change rien, leur salaire étant déjà supérieur au Smic. En revanche, pour les nouveaux embauchés, le salaire minimal proposé pourrait être inférieur au seuil légal.
D’ici là, les salariés des branches concernées sont invités à se renseigner auprès de leur employeur ou de leur syndicat pour connaître l’évolution de leur grille salariale. Une chose est sûre : cette situation ne devrait pas durer, au vu des pressions exercées par les pouvoirs publics pour éviter toute distorsion avec le Smic.
Non. Même si la grille salariale minimale de la branche est fixée en dessous du Smic, l’employeur doit respecter le seuil légal. En pratique, cela signifie que les nouveaux embauchés devront être payés au moins au niveau du Smic, même si la convention collective prévoit un salaire inférieur. Une renégociation rapide de la grille est donc nécessaire pour éviter tout contentieux.