Les cinq principales organisations syndicales de Decathlon appellent à une mobilisation nationale de ses salariés ce samedi 6 juin. Selon BFM Business, cette initiative vise à dénoncer le refus de la direction de l’enseigne de s’engager en faveur de la préservation du pouvoir d’achat des employés, alors que l’entreprise affiche des résultats financiers en forte hausse pour 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • Bénéfice net en hausse de 16% en 2025, soit 910 millions d’euros pour Decathlon, selon les chiffres annoncés en avril 2026.
  • Chiffre d’affaires en progression de 4%, atteignant 16,8 milliards d’euros pour la même période.
  • 1 400 salariés ont signé une pétition lancée fin mai par l’intersyndicale pour dénoncer une entreprise « qui surperforme sur le dos de ses salariés ».
  • L’appel à la mobilisation s’inscrit dans un contexte de pression accrue sur les effectifs et de dégradation du pouvoir d’achat des employés.
  • Près de 103 000 salariés travaillent pour Decathlon dans le monde, dont 1 902 magasins répartis dans 82 pays.
  • L’enseigne, fondée en 1976 par Michel Leclercq, est dirigée depuis 2025 par Julien Leclercq, qui fête ses 50 ans en 2026.

L’appel à la grève nationale intervient après l’annonce par Decathlon de résultats financiers records pour 2025. Avec un bénéfice net en hausse de 16 %, passant à 910 millions d’euros, et un chiffre d’affaires en progression de 4 % pour atteindre 16,8 milliards, l’entreprise confirme sa bonne santé économique. Pourtant, les syndicats dénoncent un déséquilibre flagrant entre ces performances et les conditions de travail des salariés, dont le pouvoir d’achat continue de se dégrader sous l’effet de l’inflation.

« Des bénéfices qui s’accumulent… le pouvoir des salariés qui recule ! Le 6 juin, mobilisons-nous pour notre pouvoir d’achat », peut-on lire sur un tract co-signé par la CFDT, la CFTC, la CGT, la CFE-CGC et l’Unsa. Ce slogan résume l’une des revendications principales des syndicats, qui réclament une augmentation des salaires. Selon l’intersyndicale, les salariés subissent au quotidien une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression commerciale toujours plus forte pour atteindre les objectifs fixés.

La CFDT, dans un communiqué diffusé mardi, précise que « face au refus de la direction de Decathlon de s’engager pour préserver le pouvoir d’achat de ses salariés, l’ensemble des organisations syndicales représentatives de l’entreprise appelle à une mobilisation ». De son côté, la CFTC, première organisation syndicale au sein de l’entreprise, revendique dans un tract : « Nos salaires avant leurs dividendes ». Un message clair qui reflète la frustration des employés face à la répartition des richesses au sein du groupe.

Cette mobilisation nationale s’appuie également sur une pétition lancée fin mai par l’intersyndicale, qui a déjà recueilli près de 1 400 signatures. Les salariés dénoncent une entreprise qui, selon eux, « surperforme sur le dos de ses salariés ». Gregory Labrousse, délégué syndical central CFTC, souligne qu’il s’agit du premier appel intersyndical à la mobilisation dans l’histoire de Decathlon. Une mobilisation qui prend une dimension particulière alors que l’enseigne, fondée au milieu des années 1970 par Michel Leclercq, célèbre cette année ses 50 ans.

Avec 1 902 magasins répartis dans 82 territoires à travers le monde et près de 103 000 salariés, Decathlon reste un acteur majeur du secteur du sport en France et à l’international. En France, où l’enseigne compte 324 magasins, six nouvelles boutiques ont ouvert en 2025, tandis qu’une a fermé. Pourtant, ces chiffres globaux ne reflètent pas, selon les syndicats, les difficultés rencontrées par les employés sur le terrain. La dégradation de leur pouvoir d’achat, combinée à une charge de travail accrue, alimente le mécontentement et pousse à l’action collective.

Les syndicats rappellent que la situation des salariés s’inscrit dans un contexte économique difficile, marqué par une inflation persistante. « Les salariés constatent chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux. Dans le même temps, leur pouvoir d’achat continue de se dégrader sous l’effet de l’inflation », souligne la CFDT. Pour les organisations syndicales, la direction de Decathlon a la capacité financière d’agir pour améliorer les conditions de travail, mais refuse de s’engager concrètement en ce sens.

L’appel à la mobilisation nationale du 6 juin intervient alors que Julien Leclercq, fils du fondateur Michel Leclercq, préside l’entreprise depuis 2025. Sous sa direction, Decathlon continue d’afficher une croissance soutenue, mais les syndicats estiment que cette performance ne se traduit pas par des améliorations tangibles pour les salariés. L’enseigne, qui figure régulièrement parmi les enseignes préférées des Français, se retrouve ainsi au cœur d’un débat plus large sur la répartition des richesses et les inégalités économiques au sein des entreprises.

Et maintenant ?

La mobilisation prévue samedi pourrait donner le ton des négociations à venir entre la direction de Decathlon et les syndicats. Si la grève est suivie, elle pourrait exercer une pression significative sur la direction pour qu’elle revoie ses positions en matière de salaires et de conditions de travail. Une rencontre entre les parties est attendue dans les prochaines semaines, mais aucune date n’a encore été fixée officiellement. Pour l’heure, les syndicats maintiennent leur appel à une participation massive des salariés, tandis que la direction de Decathlon n’a pas encore réagi publiquement à cet appel à la mobilisation.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte social tendu en France, où de nombreux secteurs font face à des revendications similaires. Pour Decathlon, l’enjeu sera de concilier performance économique et bien-être des salariés, sous peine de voir se renforcer le mouvement de contestation. La capacité de l’entreprise à trouver un terrain d’entente avec ses employés pourrait, à terme, influencer son image et sa réputation auprès du public.

Reste à voir si cette première mobilisation intersyndicale marquera le début d’un dialogue social plus constructif ou, au contraire, le début d’un conflit prolongé. Une chose est sûre : avec des bénéfices records et des salariés en colère, la question du partage des richesses au sein de Decathlon ne sera pas éludée de sitôt.

Les cinq principales organisations syndicales de Decathlon — la CFDT, la CFTC, la CGT, la CFE-CGC et l’Unsa — ont co-signé l’appel à la mobilisation nationale prévue le 6 juin 2026.

Decathlon a enregistré un bénéfice net en hausse de 16 % en 2025, soit 910 millions d’euros, et un chiffre d’affaires en progression de 4 %, atteignant 16,8 milliards d’euros.