Quarante ans après la publication de son roman controversé « Les Versets sataniques », qui avait valu au romancier britannique d’origine indienne une fatwa en 1989, Salman Rushdie revient sur le devant de la scène littéraire avec une œuvre de fiction. « The Eleventh Hour », premier roman du célèbre écrivain depuis l’agression au couteau qu’il a subie en août 2022, marque ainsi un retour remarqué dans le paysage éditorial. Selon France 24, Rushdie a évoqué cette résilience lors d’un entretien exclusif avec Eve Jackson d’« arts24 », réalisé à l’occasion du nouveau salon littéraire BABELL à Porto, au Portugal.

Ce qu'il faut retenir

  • Salman Rushdie publie « The Eleventh Hour », son premier roman de fiction depuis son agression au couteau en août 2022.
  • Cette agression, qui lui a coûté la perte de la vision d’un œil, s’inscrit dans le contexte de la fatwa lancée contre lui en 1989 pour « Les Versets sataniques ».
  • L’écrivain a évoqué les thèmes de la résilience, de la censure et de la liberté de la fiction lors d’un entretien à Porto, dans le cadre du salon BABELL.

Un retour littéraire marqué par l’histoire

Salman Rushdie, 79 ans, a traversé des décennies de menaces et de controverses depuis la publication de « Les Versets sataniques » en 1988. L’ouvrage, considéré comme blasphématoire par certains milieux islamistes, avait entraîné une condamnation à mort contre l’écrivain, prononcée par l’ayatollah Khomeini en février 1989. Plus de trois décennies plus tard, Rushdie a survécu à une tentative d’assassinat lors d’une conférence publique dans l’État de New York, le 12 août 2022. L’agression, perpétrée par un homme armé d’un couteau, lui a causé des blessures graves et la perte définitive de la vue d’un œil.

Malgré ces épreuves, l’écrivain a choisi de poursuivre son travail littéraire. « The Eleventh Hour », annoncé comme son premier roman depuis l’incident, s’inscrit ainsi dans une démarche de résilience artistique. Selon France 24, Rushdie a souligné lors de l’entretien que la fiction reste pour lui un acte de liberté fondamentale, face aux tentatives de censure et d’intimidation.

La fiction comme acte de résistance

Lors de sa rencontre avec Eve Jackson à Porto, Salman Rushdie a longuement évoqué le rôle de la littérature dans la défense des libertés individuelles. Pour lui, raconter des histoires ne se limite pas à divertir : c’est un moyen de défier l’oppression, qu’elle soit politique, religieuse ou culturelle. « La plume est plus forte que le couteau », a-t-il déclaré, rappelant que la créativité artistique constitue un rempart contre la barbarie.

Rushdie a également abordé la question de la mortalité, un thème récurrent dans son œuvre. Dans un entretien où il s’exprimait sur son état de santé et les séquelles de son agression, il a confié que l’écriture lui permet de transcender les limites physiques imposées par l’âge et les blessures. « Écrire, c’est continuer à exister, même lorsque le corps commence à faiblir », a-t-il précisé.

Et maintenant ?

La sortie de « The Eleventh Hour », prévue pour l’automne 2026, devrait être suivie d’une tournée promotionnelle internationale, incluant des rencontres avec le public et les médias. Salman Rushdie, dont la santé reste un sujet de préoccupation après son agression, devrait participer à des événements littéraires en Europe et en Amérique du Nord. L’ouvrage, déjà annoncé comme un retour à la fiction narrative après plusieurs années consacrées à des essais et des mémoires, pourrait également relancer les débats sur la liberté d’expression et la censure dans le monde.

Le salon littéraire BABELL, où Rushdie a accordé cet entretien, se positionne comme un événement majeur pour les amateurs de littérature contemporaine. Organisé à Porto du 5 au 7 juillet 2026, il rassemble des auteurs internationaux et propose des débats sur les enjeux culturels et politiques de la création littéraire.

Pour Salman Rushdie, ce nouveau roman représente bien plus qu’une simple publication : il incarne la persistance de la voix artistique face à l’adversité. Alors que les menaces contre la liberté de la presse et de la fiction persistent dans plusieurs régions du monde, son retour sur la scène littéraire envoie un message clair : la littérature, dans ce qu’elle a de plus subversif, reste un pilier de la démocratie.

Selon les informations relayées par France 24, Salman Rushdie n’a pas détaillé publiquement les intrigues de son nouveau roman. Cependant, il a évoqué des thèmes comme la résilience, la liberté de la fiction et la lutte contre la censure, en lien avec son parcours personnel et les défis qu’il a traversés ces dernières années.