Plusieurs milliers de personnes se sont massées ce lundi 6 juillet 2026 devant l’hôtel de ville de Pampelune, dans le nord de l’Espagne, pour marquer le coup d’envoi officiel des festivités de San Fermín, selon Euronews FR. Dès 19h03, l’ouverture de la fête a été saluée par des feux d’artifice qui ont illuminé la place de la Constitution, déclenchant une vague d’acclamations parmi les participants.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées sur la place de l’hôtel de ville pour l’ouverture officielle du festival de San Fermín 2026.
- La cérémonie a débuté à 19h03 UTC+2, avec des feux d’artifice suivis de l’arrivée des fanfares et de chants traditionnels.
- Les participants portaient déjà la tenue emblématique du festival : chemise et pantalon blancs, associés à un foulard rouge noué autour du cou.
- Les festivités s’étaleront sur neuf jours, jusqu’au 14 juillet, avec notamment la première course de taureaux prévue mardi matin.
- Le cri « Vive San Fermín » a retenti à plusieurs reprises, marquant l’enthousiasme des habitants et des visiteurs.
Dès l’extinction des feux d’artifice, les fanfares ont pris le relais en entonnant des mélodies populaires. Sous le balcon de l’hôtel de ville, des centaines de fêtards ont répondu en chœur, scandant des chants traditionnels avant de nouer leur pañuelo rojo — le foulard rouge symbolisant l’appartenance aux fêtes de San Fermín. « C’est un moment unique, une tradition qui unit des générations », a déclaré un habitant de Pampelone, cité par Euronews FR. Autant dire que l’énergie collective a immédiatement imprégné les ruelles de la vieille ville, où l’ambiance festive s’est installée durablement.
Cette année, les organisateurs rappellent que les fêtes de San Fermín, bien que mondialement connues pour leurs courses de taureaux, s’articulent autour d’un ensemble de traditions plus larges. Au-delà des encierros, le festival comprend des processions religieuses, des concerts, des danses et des repas communautaires. « San Fermín, c’est bien plus que des taureaux, c’est toute une culture qui s’exprime pendant neuf jours », a souligné un porte-parole municipal. Les ruelles de Pampelune, habituellement calmes, se transforment alors en un théâtre à ciel ouvert où se croisent habitants et touristes venus du monde entier.
Un festival ancré dans l’histoire et la culture espagnole
Les fêtes de San Fermín trouvent leur origine au Moyen Âge, mais leur forme actuelle s’est structurée au XIXe siècle. Elles rendent hommage à saint Fermín, évêque de Pampelune au IIIe siècle, et mêlent rites religieux et profanes. Selon les archives locales, la première course de taureaux organisée dans le cadre des fêtes remonte à 1385. Aujourd’hui, elles attirent chaque année près d’un million de visiteurs, selon les estimations des autorités espagnoles.
La tenue traditionnelle — chemise et pantalon blancs, foulard rouge — est un symbole fort de cette fête. Elle a été popularisée au XXe siècle, notamment grâce à l’écrivain américain Ernest Hemingway, dont le roman Le Soleil se lève aussi a contribué à la renommée internationale du festival. « Porter le blanc et le rouge, c’est adhérer à une communauté, c’est partager une émotion collective », explique une guide touristique sur place. Les boutiques de la ville proposent d’ailleurs des foulards et tenues complètes, vendues entre 15 et 50 euros selon les modèles.
Mardi 7 juillet : l’attention se tourne vers la première course de taureaux
Alors que la fête bat son plein ce lundi soir, tous les regards se tournent vers mardi matin à 8 heures, lorsque la première course de taureaux — ou encierro — doit se dérouler dans les ruelles étroites de Pampelune. Cet événement, qui dure entre deux et trois minutes, voit six taureaux et six bœufs parcourir un trajet de 850 mètres jusqu’à l’arène de la Plaza de Toros. En 2025, 15 personnes avaient été hospitalisées lors des courses, un chiffre similaire aux années précédentes, selon les données de la sécurité locale.
Les autorités renforcent systématiquement les dispositifs de sécurité pour limiter les risques. Des barrières en bois sont installées, et une équipe de secouristes est déployée en permanence le long du parcours. « La priorité absolue reste la sécurité des participants, même si l’encierro fait partie intégrante de l’identité du festival », a rappelé le maire de Pampelune dans une déclaration à la presse. Par ailleurs, des alternatives sont proposées pour les spectateurs souhaitant éviter la course : écrans géants diffusant l’événement en direct, concerts dans les parcs ou visites guidées de la ville.
Pour les autorités locales, l’enjeu reste de concilier préservation des traditions et sécurité des participants. « San Fermín est un patrimoine vivant, mais il doit évoluer pour rester accessible et sûr pour tous », a indiqué le directeur du festival. Parallèlement, des associations de défense animale appellent à une réflexion sur la place des taureaux dans l’événement, un débat qui s’intensifie chaque année.
Alors que les rues de Pampelune résonnent encore des échos des fanfares et des chants, une question se pose : comment ce festival emblématique, à la fois religieux, culturel et sportif, continuera-t-il à se réinventer face aux défis du XXIe siècle ?
Les participants doivent rester derrière les barrières, ne pas toucher les taureaux et éviter tout comportement dangereux. Il est interdit de courir devant les animaux sans la tenue traditionnelle, et les enfants de moins de 12 ans ne sont pas autorisés à participer aux encierros.