Depuis juin 2026, Anne-Marie Horellou dirige l’établissement public de santé mentale (EPSM) de la Sarthe, un poste qu’elle a choisi d’occuper pour relever un défi de taille : répondre à l’augmentation des besoins en psychiatrie dans le département. Selon Ouest France, cette pression se mesure notamment à travers les passages aux urgences, en hausse de 30 % en quatre ans pour les patients nécessitant une prise en charge psychiatrique.
Ce qu'il faut retenir
- Une hausse de 30 % des passages aux urgences psychiatriques en quatre ans dans la Sarthe.
- Anne-Marie Horellou a pris ses fonctions à la tête de l’EPSM de la Sarthe en juin 2026.
- L’établissement avait perdu sa certification délivrée par la Haute autorité de santé en 2024.
- Les résultats d’une nouvelle évaluation sont attendus pour l’automne 2026.
- L’EPSM a engagé une transformation profonde de ses pratiques après la perte de certification.
Les premiers constats d’Anne-Marie Horellou, recueillis auprès des familles et des professionnels, soulignent l’engagement des équipes. « J’ai rencontré les représentants des familles ainsi que les professionnels. Leur engagement est remarquable, j’ai pu le constater notamment pendant la canicule », a-t-elle indiqué. Un contexte qui illustre la résilience des soignants face aux défis persistants.
Un électrochoc nécessaire pour l’établissement
La perte de certification par la Haute autorité de santé en 2024 a marqué un tournant pour l’EPSM. « La perte de certification a été très violente pour les personnels. Cela a été un électrochoc qui a enclenché une transformation des pratiques », a expliqué Anne-Marie Horellou. Les équipes ont repris leur travail avec une nouvelle dynamique, retrouvant même une forme de fierté dans leur mission.
Cette réorganisation s’est accompagnée d’une période d’évaluation approfondie. « Les visiteurs experts ont passé une semaine à l’EPSM en avril 2026 », précise-t-elle. Les résultats de cette inspection devraient être connus à l’automne, offrant un premier bilan des progrès réalisés.
Des priorités claires pour l’avenir
Face à l’augmentation des besoins, Anne-Marie Horellou insiste sur la nécessité d’adapter l’offre de soins. « Il y a un défi à relever, celui de répondre aux besoins de santé de la population », rappelle-t-elle. Parmi les pistes envisagées, l’augmentation du nombre de lits disponibles en psychiatrie figure en bonne place. Une mesure qui s’inscrit dans une logique de moyen et long terme pour désengorger les urgences et offrir des soins plus adaptés aux patients.
Autre enjeu : renforcer la coordination entre les différents acteurs du secteur. Les familles et les soignants ont été consultés dès le début de son mandat pour identifier les axes d’amélioration. Une approche collaborative qui vise à restaurer la confiance dans l’établissement.
Pour Anne-Marie Horellou, l’enjeu dépasse la simple conformité administrative. « Chacun a retroussé ses manches, les soignants ont retrouvé une forme de fierté », souligne-t-elle. Une dynamique qui pourrait, à terme, redonner à l’EPSM de la Sarthe une place centrale dans le paysage de la santé mentale régionale.
La certification délivrée par la Haute autorité de santé (HAS) est une validation officielle des pratiques d’un établissement de santé. Elle atteste de la qualité des soins et de la conformité aux normes en vigueur. Son retrait en 2024 a été un choc pour l’EPSM de la Sarthe, entraînant une remise en question des méthodes de travail et une mobilisation accrue des équipes pour redresser la situation.