En 2026, Sarah Ourahmoune, figure emblématique du sport français et ancienne boxeuse médaillée olympique, évoque publiquement un pan méconnu de son parcours : le harcèlement dont elle a été victime tout au long de sa carrière. Selon Franceinfo - Sport, l’athlète a transformé cette épreuve en force, faisant de son propre corps une arme de résistance et de défense.
Ce qu'il faut retenir
- Sarah Ourahmoune, médaillée olympique en 2012, a subi des années de harcèlement lié à son apparence physique et à son engagement sportif.
- Elle décrit son corps comme une « cible » avant d’en faire un « outil » de défense, une transformation qu’elle partage aujourd’hui.
- L’athlète milite pour une meilleure protection des sportifs face aux violences et discriminations, un sujet qu’elle aborde sans tabou.
- Son témoignage s’inscrit dans un mouvement plus large de prise de parole des athlètes sur les violences subies en milieu sportif.
Un parcours sportif marqué par les épreuves
Sarah Ourahmoune, née en 1988 à Paris, s’est illustrée très tôt dans la boxe, un sport alors peu féminisé. Elle a remporté la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Londres en 2012, devenant ainsi la première Française médaillée olympique en boxe féminine. Pourtant, derrière cette réussite, l’athlète a enduré des années de remarques sexistes et de harcèlement, tant sur les réseaux sociaux que dans sa vie quotidienne. « Mon corps était une cible, on me renvoyait sans cesse à mon apparence plutôt qu’à mes performances », a-t-elle confié à Franceinfo - Sport.
Pour l’ancienne boxeuse, ces attaques n’étaient pas seulement des mots : elles visaient à la déstabiliser psychologiquement. « On me disait que je n’avais pas le physique pour ce sport, qu’une femme ne pouvait pas boxer, ou encore que je devais choisir entre ma carrière et ma féminité », précise-t-elle. Autant de critiques qui, loin de la briser, ont nourri sa détermination à prouver sa légitimité.
Transformer l’épreuve en force
Plutôt que de subir en silence, Sarah Ourahmoune a choisi de riposter. Elle a canalisé sa colère et sa frustration pour en faire une énergie positive, tant dans sa préparation physique que dans sa carrière post-sportive. « J’ai réalisé que mon corps, que l’on voulait voir comme une faiblesse, pouvait devenir une force. Pas seulement pour boxer, mais pour me défendre, m’imposer et inspirer d’autres femmes », explique-t-elle. Cette résilience a conduit l’athlète à s’engager dans des causes sociales, notamment auprès de jeunes filles victimes de harcèlement ou de discriminations.
Son parcours illustre une prise de conscience collective : le sport, souvent présenté comme un vecteur d’émancipation, peut aussi être un terrain de violences symboliques ou réelles. « Le problème ne vient pas du sport lui-même, mais de la façon dont on le perçoit et dont on traite ceux qui le pratiquent », souligne-t-elle. En partageant son histoire, Sarah Ourahmoune souhaite briser un silence trop longtemps entretenu par la peur ou la honte.
Un plaidoyer pour un milieu sportif plus inclusif
Depuis sa retraite sportive en 2016, l’ancienne boxeuse s’est tournée vers l’engagement associatif et les médias, où elle continue de porter des messages forts sur l’égalité et le respect. Elle intervient régulièrement dans des conférences ou des émissions pour dénoncer les violences faites aux sportifs, notamment aux femmes. « Le sport doit être un espace de liberté, pas de contraintes. Quand on me demande de me taire ou de me fondre dans un moule, on me vole une partie de ma victoire », déclare-t-elle.
Son témoignage rejoint celui d’autres athlètes, comme la nageuse Laure Manaudou ou la footballeuse Wendie Renard, qui ont aussi évoqué les difficultés rencontrées dans un milieu parfois réticent au changement. Sarah Ourahmoune appelle à une réforme structurelle : meilleure formation des encadrants, sanctions plus strictes contre les harceleurs, et soutien psychologique renforcé pour les victimes. « On ne peut plus se contenter de dire que le sport est un modèle. Il faut qu’il le devienne », insiste-t-elle.
Son combat rappelle que le sport, comme tout domaine professionnel, n’est pas à l’abri des dérives. Mais avec des figures comme Sarah Ourahmoune, qui transforment leur souffrance en force collective, le changement pourrait bien s’accélérer.
À ce jour, plusieurs fédérations françaises, dont la Fédération Française de Boxe, ont pris contact avec Sarah Ourahmoune pour discuter de mesures de prévention et de soutien aux athlètes victimes de harcèlement. Aucune annonce officielle n’a encore été faite, mais des réunions sont prévues d’ici l’automne 2026.