Vice-championne olympique de boxe aux Jeux de Rio en 2016, championne du monde et multiple championne de France et d’Europe, Sarah Ourahmoune continue de marquer l’histoire du sport français. À 43 ans, elle publie le 21 mai 2026 « Frapper juste » aux éditions des Équateurs, un ouvrage dans lequel elle partage son parcours, ses combats et sa vision de la boxe comme discipline de vie. Selon Franceinfo – Sport, l’ancienne pugiliste y révèle comment le ring lui a permis de se construire, de prendre sa place dans un milieu longtemps réservé aux hommes, et de transmettre à travers ses mots une philosophie où la dignité et la maîtrise de soi priment sur la seule recherche de la puissance.

Ce qu'il faut retenir

  • Sarah Ourahmoune publie « Frapper juste » le 21 mai 2026 aux éditions des Équateurs, un livre où elle retrace 25 ans de pratique de la boxe comme outil d’émancipation.
  • Vice-championne olympique à Rio en 2016, elle est aussi championne du monde, d’Europe et de France, et a accompagné de nombreuses femmes dans leur initiation à la boxe.
  • Dans cet entretien accordé à Franceinfo – Sport, elle explique comment la boxe lui a enseigné la dignité, la résistance et la maîtrise de soi, bien au-delà des simples techniques pugilistiques.
  • Elle évoque aussi les attaques racistes et sexistes subies en 2024 après sa candidature à la présidence de la Fédération française de boxe, qu’elle a finalement retirée.
  • Son livre aborde la question de l’égalité femmes-hommes dans le sport, un combat qu’elle mène depuis des décennies.

Une carrière sportive et un héritage humain

Sarah Ourahmoune incarne bien plus qu’une championne. Comme le rapporte Franceinfo – Sport, son parcours illustre une quête constante d’équilibre entre force et maîtrise, entre puissance physique et développement personnel. Vice-championne olympique à Rio en 2016, elle a collectionné les titres internationaux tout en devenant une figure emblématique de la boxe féminine en France. Son palmarès inclut également le titre de championne du monde et plusieurs couronnes européennes et nationales. Pourtant, ce qui la distingue, ce n’est pas seulement son palmarès, mais la manière dont elle a su transformer chaque combat en une leçon de vie.

Son engagement auprès des femmes, notamment à travers l’accompagnement de débutantes en salle, reflète cette volonté de transmettre. « J’ai accompagné énormément de femmes à enfiler les gants, à se révéler sur un ring », confie-t-elle. Son rôle de mentor prend aujourd’hui une dimension nouvelle avec la publication de « Frapper juste », un livre qui se veut à la fois un récit autobiographique et un manifeste pour l’émancipation féminine.

Le ring, une école de dignité et de résistance

Pour Sarah Ourahmoune, la boxe n’a jamais été qu’un sport. Comme elle l’explique à Franceinfo – Sport, elle y a trouvé bien plus qu’un défi physique : une véritable école de vie. « Ce que j’ai cherché en montant sur un ring, c’est apprendre à me connaître », déclare-t-elle. « Après ce que j’y ai découvert, ce sont des outils pour être beaucoup plus forte dans ma tête, dans mon corps. » Elle y voit une métaphore de la vie elle-même, où chaque coup reçu ou donné doit être maîtrisé, où la dignité reste un cap inaltérable.

Son livre revient sur cette idée centrale : la boxe comme moyen de se réapproprier son corps et son destin. « Une fille, on le sait, ça ne frappe pas, ça encaisse, ça apprend très tôt à ne pas répondre, à serrer les dents, à rester bien à sa place », écrit-elle. Avec « Frapper juste », elle propose une inversion de ce schéma : « Comment apprendre à dire non, à prendre sa place et à exister pleinement. » Une phrase résume cette philosophie : « Le coup parfait en boxe, c’est un équilibre de plein de choses, de timing, de vitesse, de force, de puissance, de précision. »

Les épreuves et la résistance face aux préjugés

Sarah Ourahmoune n’a pas seulement affronté des adversaires sur le ring. En 2024, elle a été la cible d’attaques racistes et sexistes après avoir annoncé sa candidature à la présidence de la Fédération française de boxe. Ces attaques, qu’elle a « très mal vécues sur le moment », l’ont conduite à retirer sa candidature, estimant que ce n’était pas le terrain approprié pour mener ce combat. « Je me suis engagée pour mon sport et on m’a attaquée sur mon genre, sur mes origines », confie-t-elle à Franceinfo – Sport. Pourtant, loin de la décourager, ces épreuves ont renforcé sa détermination. Elle poursuit aujourd’hui son engagement en faveur de l’inclusion et de l’égalité, convaincue que les choses avancent, même lentement. « Les femmes osent un peu plus parler, cette posture commence peut-être à changer », observe-t-elle. « Il y a cette envie de prendre notre place sur le ring, et j’ai envie d’accompagner ce mouvement. » Son livre s’inscrit dans cette dynamique, offrant une tribune pour discuter des défis persistants, notamment en matière de violences faites aux femmes.

Un héritage à transmettre, deux filles à inspirer

Mère de deux filles, Sarah Ourahmoune explique avoir écrit « Frapper juste » avec une préoccupation centrale : éviter à la nouvelle génération de subir les mêmes peurs et injonctions qu’elle a connues adolescente. « Je suis maman de deux filles et je me suis rendu compte que toutes les peurs qu’elles avaient, les questionnements, les injonctions, c’étaient les mêmes que moi adolescente, quand j’ai enfilé pour la première fois une paire de gants », explique-t-elle. Son objectif ? Leur montrer qu’il est possible de transformer ses faiblesses en forces, et de trouver sa place dans un monde encore marqué par les stéréotypes de genre.

Son livre aborde ainsi des thèmes universels : la confiance en soi, la gestion des émotions, et la résilience. « J’aime me sentir puissante », confie-t-elle, « et c’est cette puissance que je suis venue chercher sur le ring. » Une puissance qui, aujourd’hui, se traduit par un engagement actif pour une société plus juste, où chacun, quel que soit son genre ou son origine, peut prétendre à l’excellence.

Et maintenant ?

La publication de « Frapper juste » intervient à un moment charnière pour Sarah Ourahmoune, qui reste active dans le milieu sportif et associatif. Son livre pourrait servir de catalyseur pour de nouvelles discussions sur la place des femmes dans le sport, notamment dans les disciplines traditionnellement masculines. Pour elle, l’enjeu n’est pas seulement de poursuivre sa carrière ou ses projets éditoriaux, mais de s’assurer que les prochaines générations bénéficient d’un environnement plus inclusif. Une chose est sûre : son combat ne s’arrête pas à la dernière page du livre.

« Frapper juste » est disponible depuis le 21 mai 2026 aux éditions des Équateurs. À travers son récit, Sarah Ourahmoune invite le lecteur à réfléchir sur ce que signifie vraiment se battre, au-delà des apparences, et sur la manière dont chaque individu peut, à sa manière, trouver son équilibre.

Dans son livre, Sarah Ourahmoune aborde plusieurs thèmes clés : la boxe comme outil d’émancipation, la quête de dignité et de maîtrise de soi, les défis rencontrés par les femmes dans un milieu sportif traditionnellement masculin, et la transmission de valeurs comme la résilience et la confiance en soi. Elle y partage également son expérience face aux discriminations racistes et sexistes, ainsi que des réflexions sur l’égalité femmes-hommes dans le sport.

Elle a retiré sa candidature en 2024 après avoir été la cible d’attaques racistes et sexistes. Ces attaques, qu’elle a jugées inacceptables, l’ont convaincue que ce n’était pas le terrain approprié pour mener le combat qu’elle souhaitait, celui de l’inclusion et de l’égalité dans le sport.