Malgré l’échec du projet de Système de combat aérien du futur (Scaf), la France conserve les moyens de développer un nouvel avion de chasse d’ici à 2040. C’est ce qu’a assuré Catherine Vautrin, ministre déléguée chargée de l’Industrie et de l’Énergie, dans une intervention rapportée d’après BFM – Politique.

Ce qu'il faut retenir

  • Capacité industrielle préservée : selon Catherine Vautrin, la France dispose encore des ressources nécessaires pour concevoir un nouvel avion de combat d’ici 2040.
  • Échec du Scaf : le projet européen de système de combat aérien du futur, porté par la France, l’Allemagne et l’Espagne, a été abandonné en 2025.
  • Priorité à l’autonomie stratégique : le gouvernement réaffirme la nécessité de maintenir une autonomie dans la conception des équipements militaires clés.
  • Calendrier maintenu : l’objectif d’une entrée en service vers 2040 reste d’actualité pour un futur appareil.

Un projet européen abandonné, mais une feuille de route nationale maintenue

Le Système de combat aérien du futur (Scaf) était censé remplacer les Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040. Porté par un consortium franco-allemand et espagnol, ce programme a été abandonné en 2025 après des divergences persistantes entre Berlin et Paris. Malgré cet échec, Catherine Vautrin a souligné, d’après BFM – Politique, que « la France conserve toutes les capacités industrielles et technologiques pour se doter d’un nouvel avion de chasse d’ici à 2040 ».

Cette déclaration intervient alors que le ministère des Armées a lancé une réflexion sur les alternatives possibles au Scaf. L’enjeu ? Éviter une dépendance accrue vis-à-vis des partenaires européens ou américains pour les équipements militaires les plus sensibles. Autant dire que la question de l’autonomie stratégique reste au cœur des priorités de la défense française.

Un calendrier inchangé malgré les retards accumulés

Les retards répétés dans le développement du Scaf ont conduit le gouvernement français à accélérer la recherche de solutions nationales. En 2025, Paris avait déjà acté la nécessité de relancer des programmes nationaux pour combler le vide laissé par l’abandon du projet européen. Catherine Vautrin a confirmé que ces initiatives étaient « en bonne voie » et qu’elles permettraient de respecter l’échéance de 2040.

Selon des sources proches du dossier, plusieurs pistes sont envisagées : modernisation en profondeur du Rafale, développement d’un nouvel appareil en coopération avec des alliés hors Europe, ou encore accélération des programmes de drones de combat. Pour l’heure, aucune décision définitive n’a été prise, mais le gouvernement mise sur une approche pragmatique pour éviter tout nouveau contretemps.

« La France a la capacité industrielle et technologique de se doter d’un nouvel avion de chasse d’ici à 2040. » — Catherine Vautrin, ministre déléguée chargée de l’Industrie et de l’Énergie

Un contexte géopolitique qui pousse à l’action

L’abandon du Scaf s’inscrit dans un contexte marqué par les tensions croissantes en Europe et les incertitudes sur les livraisons d’équipements militaires. La guerre en Ukraine a rappelé l’importance de disposer d’une industrie de défense autonome, capable de produire rapidement des équipements adaptés. Côté français, cette prise de conscience a conduit à une révision des priorités, avec un accent mis sur la souveraineté industrielle.

En parallèle, les discussions avec Berlin se poursuivent pour tenter de relancer une coopération sur des projets communs, même en dehors du cadre du Scaf. L’Allemagne, de son côté, a déjà lancé des appels d’offres pour moderniser sa flotte aérienne, ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles collaborations. Reste à savoir si Paris parviendra à concilier ses ambitions nationales avec les impératifs de coopération européenne.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir la publication d’un livre blanc sur la défense aérienne française, qui précisera les orientations retenues pour succéder au Rafale. Une consultation des industriels est également prévue d’ici la fin de l’année, afin d’évaluer les capacités disponibles et les besoins en investissements. L’objectif reste de présenter un projet concret d’ici 2027, avec une phase de développement accélérée pour tenir le calendrier de 2040.

Quant à l’hypothèse d’un retour dans un projet européen, elle n’est pas totalement écartée, mais elle dépendra des garanties obtenues sur le partage des technologies et des responsabilités industrielles. En attendant, le gouvernement mise sur des solutions nationales pour combler le vide laissé par l’échec du Scaf.

L’échec du Système de combat aérien du futur (Scaf) s’explique principalement par des divergences stratégiques et industrielles entre la France et l’Allemagne. Ces désaccords portaient sur le partage des technologies, la répartition des travaux entre les industriels (Dassault pour la France, Airbus et Indra pour l’Espagne), et la gouvernance du programme. Berlin souhaitait une intégration plus poussée des partenaires européens, tandis que Paris privilégiait une approche plus souveraine. Ces tensions ont finalement conduit à l’abandon du projet en 2025, après plusieurs années de négociations infructueuses.