Depuis près de deux ans, le directeur de Sciences Po Paris, Luis Vassy, incarne une ligne réformiste visant à recentrer l’institution sur ses fondamentaux académiques. Pourtant, son action suscite une opposition marquée au sein même du corps professoral, certains enseignants dénonçant un prétendu « autoritarisme » et des dérives dans la gestion de l’école. Selon Le Figaro, ces tensions ont pris une nouvelle dimension ces dernières semaines, alimentées par des accusations de « mensonges, luttes d’influence et pensée unique ».

Ce qu'il faut retenir

  • Luis Vassy, directeur de Sciences Po Paris depuis près de deux ans, est la cible d’une campagne de déstabilisation menée par une frange du corps enseignant.
  • Certains professeurs permanents dénoncent un prétendu « autoritarisme » et des restrictions à la liberté d’expression au sein de l’établissement.
  • Les débats portent notamment sur la gestion des interventions en cours et l’enseignement des relations internationales, perçu par certains comme trop éloigné des disciplines traditionnelles.
  • Ces tensions ont été relayées par plusieurs médias nationaux, dont Libération et Le Monde, dans le cadre d’une enquête sur la gouvernance de Sciences Po.
  • Les opposants à Vassy remettent en cause sa vision des réformes, qu’ils jugent incompatible avec les valeurs d’ouverture et de pluralisme de l’institution.

Un directeur sous pression, accusé de restreindre la liberté académique

Depuis son arrivée à la tête de Sciences Po en 2024, Luis Vassy a engagé une série de réformes destinées à recentrer l’école sur son cœur de métier : la formation en sciences sociales et politiques. Pourtant, une partie du corps enseignant, installée de longue date dans les locaux de Saint-Germain-des-Prés, conteste cette orientation. Selon Le Figaro, certains professeurs permanents accusent le directeur de brider la liberté d’expression et d’imposer une forme de « pensée unique ».

Les critiques visent notamment la gestion des débats en amphithéâtre. Plusieurs enseignants ont rapporté, sous couvert d’anonymat, des situations où des interventions jugées trop militantes ont été interrompues, voire sanctionnées. Une pratique que certains qualifient d’illégitime, au nom du pluralisme intellectuel. « Les relations internationales doivent-elles être enseignées uniquement à travers le prisme de la sociologie ? », s’interroge un professeur cité par le quotidien.

Des accusations qui s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions académiques

Les débats autour de la gouvernance de Sciences Po ne sont pas nouveaux. Rue Saint-Guillaume, l’école est depuis des décennies un symbole de l’engagement militant, notamment lors des conflits internationaux. Les mobilisations pro-palestiniennes récentes ont ravivé ces clivages, certains estimant que l’institution s’éloigne de sa mission première au profit de causes politiques.

Selon Le Figaro, les tensions actuelles dépassent le cadre d’un simple conflit personnel. Elles reflètent une fracture plus profonde entre une direction soucieuse de restaurer l’autorité académique et une partie de l’enseignant, attachée à une vision plus militante de l’université. « On nous reproche de vouloir imposer un retour à l’ordre, alors que notre objectif est simplement de garantir un débat rigoureux et respectueux », a déclaré Luis Vassy à l’AFP, sans préciser si ces propos ont été tenus avant ou après les récentes polémiques.

La liberté d’expression au cœur du débat

Un des points de friction les plus sensibles concerne la possibilité d’interrompre un cours au nom de la liberté d’expression. Certains enseignants défendent ce droit, arguant que l’université doit être un lieu de débat permanent. D’autres, en revanche, y voient une entrave à la sérénité des enseignements. « Interrompre un cours, c’est nier la légitimité de l’enseignant et perturber le processus pédagogique », a souligné un professeur permanent, qui préfère garder l’anonymat.

Ces divergences illustrent un malaise plus large au sein de l’institution. Sciences Po, école emblématique de la formation des élites françaises, a toujours oscillé entre engagement politique et excellence académique. Les réformes de Luis Vassy visent à trancher en faveur de cette dernière, au risque de froisser une partie de son corps professoral historique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’avenir de Sciences Po. Une réunion du conseil d’administration, prévue début juin 2026, doit faire le point sur la gestion des tensions internes. Luis Vassy a déjà annoncé son intention de renforcer les mécanismes de médiation pour apaiser les relations avec les enseignants les plus critiques. Reste à voir si cette initiative suffira à rétablir un climat de confiance, ou si les opposants à sa direction maintiendront leur campagne de déstabilisation.

Quel que soit l’issue de ce conflit, il soulève une question plus large : dans une université où les clivages politiques sont profonds, comment concilier engagement militant et rigueur académique ? La réponse pourrait bien redéfinir l’identité de Sciences Po pour les années à venir.

Selon Le Figaro, Luis Vassy a recentré Sciences Po sur ses fondamentaux académiques, en limitant notamment les interventions militantes en cours et en renforçant l’enseignement des disciplines traditionnelles, comme l’économie ou le droit. Il a également mis en place des mécanismes de contrôle pour garantir le respect de la neutralité politique en amphithéâtre.

Certains professeurs permanents de Sciences Po estiment que les réformes de Luis Vassy restreignent leur liberté académique et imposent une vision conservatrice de l’enseignement. Ils dénoncent notamment une réduction des espaces de débat et une centralisation du pouvoir décisionnel, qu’ils jugent incompatible avec les valeurs d’ouverture de l’institution.