Trois réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt en France début août en raison de la baisse du débit des rivières, aggravée par les vagues de chaleur persistantes. Selon BFM Business, les deux unités de la centrale de Chooz, dans les Ardennes, ainsi qu’un réacteur de Cattenom, en Moselle, étaient à l’arrêt depuis le week-end du 1er août, une décision prise pour respecter les accords transfrontaliers et préserver l’écosystème local.
Ce qu'il faut retenir
- Arrêt des réacteurs : Les deux réacteurs de Chooz (Ardennes) et un de Cattenom (Moselle) sont à l’arrêt depuis le 1er août.
- Accord franco-belge : Ces mises à l’arrêt respectent l’accord du 8 septembre 1998 sur la gestion des eaux de la Meuse.
- Adaptations de puissance : Quatre autres réacteurs voient leur puissance réduite temporairement.
- Contexte climatique : La sécheresse et les canicules réduisent le débit des rivières, limitant le refroidissement des centrales.
- Production nucléaire : Le parc français compte 57 réacteurs, assurant environ 70 % de l’électricité nationale.
L’arrêt des réacteurs de Chooz s’inscrit dans le cadre d’un accord signé entre la France et la Belgique en 1998. Comme l’a précisé EDF dans un communiqué, cet accord impose des ajustements sur les unités de production pour garantir un débit suffisant de la Meuse, essentielle aussi bien pour les besoins industriels que pour l’alimentation en eau potable des populations des deux pays. « Le fonctionnement des unités peut être adapté afin de préserver un débit d’eau suffisant pour les différents usagers du fleuve, en France comme en Belgique », a rappelé l’énergéticien.
Le premier réacteur de Chooz a été arrêté samedi 1er août à 23h05, tandis que le second l’était déjà depuis le 11 juillet pour les mêmes raisons. Ces décisions, prises en concertation avec les autorités locales et les gestionnaires de l’eau, visent à éviter une surchauffe des cours d’eau, qui pourrait menacer la biodiversité et les usages en aval. À Cattenom, en Moselle, c’est un réacteur qui a été mis à l’arrêt de manière préventive dans la nuit du 1er au 2 août, alors que le débit de la Moselle diminuait sous l’effet des températures élevées.
« Le fonctionnement des unités de production peut être adapté afin de garantir un débit d’eau suffisant pour les différents usagers du fleuve, en France comme en Belgique. »
— EDF, communiqué du 1er août 2026
Ces trois réacteurs restaient toujours à l’arrêt en début d’après-midi du lundi 3 août, a confirmé EDF à l’AFP. Cette situation illustre les contraintes croissantes pesant sur le parc nucléaire français, dont la majorité des installations dépendent des cours d’eau pour leur refroidissement. En cas de sécheresse ou de canicule, la baisse du débit et la hausse des températures obligent l’opérateur à réduire, voire suspendre, sa production pour éviter de rejeter des effluents chimiques ou radioactifs et de réchauffer davantage les rivières.
Les départements des Ardennes et de la Moselle étaient placés en vigilance jaune canicule ce lundi 3 août. Ces conditions météo aggravent une situation déjà tendue : début juillet, EDF avait dû arrêter temporairement le réacteur de Golfech, en Occitanie, car la Garonne, surchauffée par les fortes chaleurs, ne permettait plus un refroidissement sécurisé des installations. Parallèlement, l’énergéticien a indiqué que quatre autres réacteurs subissaient des adaptations de puissance : Bugey 3, Tricastin 4, Saint-Alban 1 et 2. Ces ajustements, parfois limités à quelques heures, reflètent la difficulté à concilier production électrique et préservation des milieux aquatiques.
Le nucléaire représente environ 70 % du mix énergétique français, une part clé pour répondre aux besoins du pays. Pourtant, les épisodes de sécheresse répétés ces dernières années soulèvent des questions sur la résilience du parc. Les centrales, souvent situées en bord de rivière ou de mer, sont en effet vulnérables aux aléas climatiques. En 2022, la sécheresse avait déjà entraîné des réductions de production sur plusieurs sites, notamment sur le Rhône et la Garonne. Les experts s’interrogent désormais sur la capacité du système à absorber des canicules plus fréquentes et intenses, d’autant que les prévisions météorologiques pour les prochaines semaines restent pessimistes.
Cette crise met en lumière les défis posés par le changement climatique à la fois pour la production d’énergie et pour la gestion des ressources en eau. Alors que la France mise sur le nucléaire pour sa transition énergétique, les épisodes de canicule et de sécheresse rappellent l’urgence d’adapter les infrastructures et les politiques publiques à ces nouveaux risques. Reste à voir si les mesures d’urgence prises aujourd’hui suffiront à éviter des perturbations plus larges dans les semaines à venir.
Lorsqu’un réacteur nucléaire fonctionne, il a besoin d’eau pour refroidir ses installations. En cas de canicule, la température des rivières augmente et leur débit diminue, ce qui limite la capacité de dilution des rejets thermiques. Pour protéger l’écosystème et éviter de dépasser les seuils légaux de réchauffement des cours d’eau, EDF doit réduire ou stopper sa production, comme le prévoit la réglementation environnementale.