Depuis la mi-août, une centaine de communes des Alpes-Maritimes subissent des restrictions d’eau sans précédent, alors que le département fait face à une sécheresse historique. Cinq villes — Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence — sont même placées en alerte maximale de « crise », selon Le Figaro. Les mesures, annoncées par le nouveau préfet Jean-Marie Girier, visent à préserver une ressource en eau de plus en plus rare dans ce territoire où le tourisme et les résidences secondaires pèsent lourd sur les besoins.

Ce qu'il faut retenir

  • 100 communes des Alpes-Maritimes concernées par des restrictions d’eau depuis la mi-août 2026
  • 5 villes en alerte « crise » : Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence
  • Interdiction de remplir les piscines individuelles, de laver les voitures à domicile et d’arroser les espaces verts
  • Le préfet Jean-Marie Girier a prévenu que « les mois d’août et septembre seront extrêmement contraints sur la ressource en eau »
  • La sécheresse s’inscrit dans une tendance de cinq années consécutives de restrictions estivales

Une sécheresse récurrente qui s’aggrave

Les Alpes-Maritimes connaissent une sécheresse persistante depuis cinq ans, et l’été 2026 n’échappe pas à la règle. Selon les données des services de l’État, le département a enregistré des températures exceptionnellement élevées cet été, aggravant la pression sur les ressources hydriques. « Les mois d’août et septembre vont être encore extrêmement contraints sur la ressource en eau », a déclaré Jean-Marie Girier, le préfet nouvellement nommé, lors d’une conférence de presse fin juillet.

Cette situation n’est pas isolée : le sud-est de la France, comme d’autres régions méditerranéennes, subit une baisse alarmante des niveaux des nappes phréatiques. Les restrictions actuelles concernent près de la moitié des 163 communes du département, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.

Les mesures les plus strictes dans cinq communes en « crise »

Cinq communes des Alpes-Maritimes sont soumises à des restrictions dites de « crise », le niveau d’alerte le plus élevé. Selon la carte des zones d’alerte sécheresse publiée par la préfecture, Cagnes-sur-Mer, La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence sont particulièrement touchées. Parmi les interdictions en vigueur, on trouve l’interdiction de remplir ou de remettre à niveau les piscines individuelles, de laver les véhicules à domicile ou encore d’arroser les jardins, les espaces verts et les terrains de sport.

Ces mesures s’ajoutent à une liste déjà longue de restrictions en vigueur dans les autres communes du département, où l’usage de l’eau est déjà très encadré. Les habitants sont ainsi appelés à réduire leur consommation au maximum, tandis que les collectivités locales doivent adapter leurs pratiques pour limiter le gaspillage.

Un contexte de pression touristique et de ressources limitées

Le département des Alpes-Maritimes, où le tourisme représente une part majeure de l’économie, subit une pression accrue sur ses ressources en eau. Avec un afflux massif de vacanciers pendant la période estivale, les besoins en eau potable et en irrigation explosent. Pourtant, les nappes phréatiques, déjà fragilisées par plusieurs années de sécheresse, peinent à se reconstituer.

« On ne peut plus se permettre de gaspiller l’eau comme par le passé », a expliqué un responsable des services de l’État sous couvert d’anonymat. Les restrictions actuelles s’inscrivent dans une logique de sobriété hydrique, alors que les prévisions météorologiques ne laissent guère entrevoir de répit avant l’automne. Pour les élus locaux, la situation est d’autant plus délicate qu’elle touche à la fois les particuliers, les professionnels et les infrastructures publiques.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact des restrictions mises en place. Selon la préfecture, les décisions pourraient être ajustées en fonction des précipitations à venir, mais aucune amélioration significative n’est attendue avant la fin septembre. Les collectivités locales devront quant à elles trouver un équilibre entre respect des règles et satisfaction des besoins, un exercice particulièrement complexe dans un territoire aussi touristique.

La sécheresse de 2026 rappelle une fois de plus la vulnérabilité des régions méditerranéennes face au changement climatique. Alors que les restrictions d’eau deviennent une routine estivale, la question de la gestion à long terme des ressources hydriques s’impose comme un enjeu majeur pour les années à venir.

Les particuliers sont invités à réduire leur consommation en adoptant des gestes simples comme l’utilisation de l’eau de pluie pour l’arrosage, la limitation des douches à 5 minutes ou encore l’installation de réducteurs de débit sur les robinets. Les communes en alerte « crise » interdisent strictement le remplissage des piscines et le lavage des voitures à domicile.