« À une minute près, je n’étais plus là », confie Marie-Antoinette Beuzit-Rault, encore sous le choc près d’une semaine après son sauvetage in extremis en mer. Jeudi 28 mai 2026, cette habitante de Plouezoc’h (Finistère) a frôlé la noyade à Kerarmel avant d’être secourue par un couple de passage, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Une femme de 62 ans, Marie-Antoinette Beuzit-Rault, a failli se noyer le 28 mai 2026 à Kerarmel (Plouezoc’h, Finistère).
  • Un couple anonyme en promenade a remarqué sa détresse et est intervenu sans délai.
  • L’incident s’est produit vers 16h30, alors que les conditions météo étaient calmes mais avec un courant traître.
  • La victime, toujours hospitalisée pour observation, n’a pas souhaité s’exprimer davantage, selon ses proches.
  • Les secours (SNSM et pompiers) sont intervenus en moins de 10 minutes après l’alerte.

Un sauvetage opéré à la dernière seconde

Marie-Antoinette Beuzit-Rault se trouvait sur la plage de Kerarmel, à quelques mètres du rivage, lorsqu’une vague l’a surprise. « J’ai senti l’eau monter brutalement. J’ai tenté de nager, mais le courant m’a emportée vers le large », a-t-elle expliqué à Ouest France. C’est à ce moment que le couple de promeneurs, originaire de Morlaix, a repéré sa détresse. Sans hésiter, ils ont plongé pour la ramener vers la côte, où les vagues les ont poussés vers le sable.

« Quand ils m’ont rattrapée, j’étais déjà épuisée. Ils m’ont traînée jusqu’à la plage et m’ont fait un massage cardiaque », a précisé la victime, encore tremblante. Les deux sauveteurs improvisés ont agi avec une rapidité qui a probablement évité le pire : « On a cru qu’elle était partie », a confié l’un d’eux sous anonymat.

Les secours interviennent en moins de dix minutes

Alertés par des témoins, les secours du SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) et les pompiers de Plouezoc’h sont arrivés sur place vers 16h40. « Nous avons récupéré la victime en arrêt cardio-respiratoire. Grâce à la réanimation immédiate du couple et à notre intervention, son état s’est stabilisé », a indiqué un porte-parole des pompiers. Marie-Antoinette Beuzit-Rault a ensuite été transportée en urgence au centre hospitalier de Morlaix, où elle a passé la nuit en observation.

D’après les premiers éléments, la mer était relativement calme ce jour-là, mais le courant local, réputé pour son imprévisibilité, a joué un rôle clé dans cet accident. « Les conditions météo étaient favorables, mais la marée et le relief sous-marin ont créé une zone dangereuse », a expliqué un responsable de la SNSM.

Un témoignage qui souligne l’importance des réflexes

Marie-Antoinette Beuzit-Rault, retraitée de l’éducation nationale, a choisi de témoigner pour alerter sur les dangers des courants côtiers. « Je connais la mer, mais cette fois, c’est allé trop vite. Une minute de plus et… » Elle n’a pas terminé sa phrase, visiblement émue. Ses proches ont confirmé qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer davantage, préférant laisser les professionnels de santé évaluer son état.

Le couple de sauveteurs, dont l’identité n’a pas été divulguée, a demandé à rester anonyme. « On a juste fait ce qu’il fallait. C’est comme ça », a simplement déclaré l’un d’eux à Ouest France. Leur geste a été salué par les autorités locales, qui ont rappelé l’importance de ne jamais s’aventurer seul sur les plages sans surveillance.

Et maintenant ?

Marie-Antoinette Beuzit-Rault devrait sortir de l’hôpital dans les prochains jours, sous réserve de l’évolution de son état. Les autorités maritimes pourraient renforcer les mises en garde sur les zones à risque à Kerarmel, où plusieurs accidents similaires ont été recensés ces dernières années. Une réunion est prévue avec les responsables locaux et la SNSM d’ici la fin du mois de juin pour évaluer les mesures à mettre en place.

Reste à savoir si ce drame évité servira de leçon aux baigneurs et promeneurs des côtes bretonnes, où le tourisme estival s’annonce déjà dense. Une question s’impose : les dispositifs de prévention actuels sont-ils suffisants pour éviter de nouvelles alertes ?

Les zones autour de Kerarmel (Plouezoc’h), la pointe du Raz, et certaines parties de la baie de Douarnenez sont réputées pour leurs courants traître, même par mer calme. Les autorités locales recommandent de se renseigner auprès des postes de secours avant de se baigner.