Près de 55 % de notre temps éveillé est aujourd’hui passé dans un comportement sédentaire, que ce soit assis, allongé ou incliné avec une faible dépense énergétique. Une étude publiée dans la revue PLOS Medicine, rapportée par Euronews FR, révèle que ces longues périodes ininterrompues augmentent le risque de mortalité par cancer, mais que de simples pauses actives suffisent à inverser cette tendance.

Ce qu'il faut retenir

  • Chaque heure passée de manière sédentaire prolongée accroît de 10 % le risque de décès par cancer.
  • Remplacer une heure assise par une activité légère (marche, tâches ménagères) réduit ce risque de 12 %.
  • Trente minutes d’activité modérée (serpillière, marche rapide) diminuent le risque de 8 %, tandis que cinq minutes d’activité vigoureuse (course, basket) l’abaissent de 22 %.
  • Le comportement sédentaire représente 55 % du temps éveillé chez les adultes et les enfants.
  • L’inactivité physique touche davantage les femmes (34 %) que les hommes (29 %), et les plus de 60 ans sont moins actifs que les jeunes adultes.

Une étude qui confirme l’impact de la sédentarité sur le risque cancéreux

L’équipe de chercheurs à l’origine de cette étude, publiée dans PLOS Medicine, s’est penchée sur les effets des longues périodes de sédentarité sur la santé. Leurs conclusions sont sans appel : les personnes passant de longues heures sans interruption en position assise présentent un risque accru de mortalité par cancer, mais aussi d’incidence globale des cancers, de cancers liés à l’obésité et de ceux associés au diabète de type 2. « Nos résultats suggèrent que les effets du comportement sédentaire sur la santé dépendent non seulement du temps total passé de manière sédentaire, mais aussi de la façon dont ce temps est accumulé », ont déclaré les auteurs dans un communiqué.

Les données révèlent que chaque heure supplémentaire passée dans un comportement sédentaire prolongé augmente de 10 % le risque de décès par cancer. Une proportion qui peut sembler modeste, mais qui prend une dimension concrète lorsqu’on la cumule sur une journée entière. L’étude souligne par ailleurs que ces risques concernent aussi bien les cancers liés à l’obésité que ceux associés au diabète de type 2, deux pathologies dont les liens avec la sédentarité sont désormais bien documentés.

Des pauses actives, même légères, réduisent significativement les risques

La bonne nouvelle, c’est que la solution est à la portée de tous. Les chercheurs ont calculé que remplacer une heure passée assis par une activité physique légère – comme marcher, faire la vaisselle ou repasser une chemise – réduisait le risque de décès par cancer de 12 %. « Les mouvements légers ne doivent pas être ignorés », ont-ils insisté, rappelant que les recommandations actuelles mettent surtout l’accent sur l’exercice modéré ou vigoureux.

Les bénéfices varient selon l’intensité de l’activité. Une réduction de 30 minutes du temps passé assis, grâce à un exercice d’intensité modérée comme passer la serpillière ou marcher d’un bon pas, diminue le risque de 8 %. Quant à une pause de seulement cinq minutes d’activité vigoureuse – courir ou jouer au basket –, elle abaisse ce risque de 22 %. Ces chiffres montrent que même de courtes séquences d’activité, si elles sont régulières, peuvent avoir un impact majeur sur la santé.

« Des études expérimentales antérieures ont montré qu’interrompre de longues périodes en position assise par de courtes séquences d’activité améliore les réponses métaboliques », ont ajouté les auteurs. Autrement dit, le corps réagit positivement dès que l’on brise la monotonie de la position assise, même par des gestes simples.

Un phénomène mondial aux conséquences alarmantes

Selon les données déclaratives citées dans l’étude, le comportement sédentaire représente environ 55 % du temps d’éveil chez les enfants comme chez les adultes. Un chiffre qui illustre l’ampleur du problème à l’échelle planétaire. Lors de l’Assemblée mondiale de la santé de 2018, les pays s’étaient engagés à réduire de 15 % l’inactivité physique d’ici 2030, par rapport à 2010. Pourtant, comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les progrès restent insuffisants.

En 2024, l’OMS avait déjà tiré la sonnette d’alarme : si la tendance actuelle se poursuit, les niveaux d’inactivité physique devraient encore augmenter, atteignant 35 % d’ici 2030. Ce retard s’explique notamment par des modes de vie de plus en plus sédentaires, favorisés par le télétravail, les loisirs numériques et les transports motorisés. L’inactivité physique touche davantage les femmes (34 % contre 29 % chez les hommes) et les personnes âgées de plus de 60 ans, dont l’activité diminue significativement avec l’âge.

Et maintenant ?

Face à ces constats, les auteurs de l’étude appellent à une révision des recommandations en matière de santé publique. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les séances d’exercice intensif, il serait judicieux d’intégrer des pauses actives dans le quotidien, même les plus modestes. Les prochaines étapes pourraient inclure des campagnes de sensibilisation ciblées, notamment auprès des populations les plus touchées par la sédentarité. L’échéance de 2030, fixée par l’OMS pour réduire l’inactivité physique, reste un défi majeur, mais les bénéfices d’une telle approche pourraient se mesurer rapidement.

Reste à voir si les pouvoirs publics et les acteurs de la santé prendront la mesure de ces résultats. Une chose est sûre : chaque minute compte. Que ce soit en se levant pour marcher cinq minutes ou en privilégiant les tâches ménagères à la télévision, les solutions existent. Il suffit de les adopter.

Selon l’étude, même cinq minutes d’activité vigoureuse suffisent à réduire de 22 % le risque de décès par cancer. Pour une activité légère, une heure de remplacement du temps assis par des mouvements (marche, tâches ménagères) réduit le risque de 12 %.

L’étude ne précise pas les raisons de cette disparité, mais elle pourrait s’expliquer par des différences socio-culturelles, professionnelles ou liées aux responsabilités domestiques. L’OMS souligne que les femmes sont globalement moins actives que les hommes dans le monde, avec un taux d’inactivité de 34 % contre 29 %.