Et si 70 % de notre façon de vieillir dépendait de nos choix quotidiens ? C’est la thèse défendue par le chercheur allemand Sven Voelpel, professeur en management et en santé à l’université de Brême. D’après nos confrères de Top Santé, cet expert, auteur de plusieurs ouvrages sur la longévité, a identifié sept leviers clés pour prolonger non seulement la durée de vie, mais surtout la période de vie en bonne santé. Une approche qui place l’individu au cœur de sa propre longévité, loin des déterminismes génétiques souvent évoqués.
Ce qu'il faut retenir
- Selon Sven Voelpel, 70 % de notre vieillissement dépendrait de facteurs liés à notre mode de vie, et non uniquement de la génétique.
- Le chercheur a identifié sept leviers concrets pour agir sur sa santé et son bien-être à long terme.
- Ces facteurs incluent l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress, et d’autres dimensions souvent sous-estimées.
- L’objectif n’est pas seulement d’allonger l’espérance de vie, mais de prolonger la période de vie en bonne santé.
Une approche scientifique pour contrer les idées reçues
Sven Voelpel, dont les travaux s’appuient sur des décennies de recherche en neurosciences et en psychologie, a rappelé à Top Santé que « la génétique ne représente qu’environ 30 % de notre longévité ». Le reste, soit les deux tiers, serait donc influencé par des facteurs environnementaux et comportementaux. Cette idée, bien que partagée par d’autres experts du vieillissement, prend une dimension pratique avec les sept recommandations du chercheur. L’objectif affiché n’est pas seulement de vivre plus longtemps, mais de vieillir en bonne santé, sans dépendre des maladies chroniques ou des handicaps liés à l’âge.
Cette vision s’inscrit en opposition avec une certaine fatalité autour du vieillissement. Comme le souligne Voelpel, « on a longtemps cru que le déclin physique et cognitif était inévitable. Pourtant, les études montrent que ce n’est pas une fatalité, mais le résultat de nos habitudes ». Autant dire que, selon lui, chacun dispose d’un pouvoir d’action significatif sur son propre vieillissement.
Les sept piliers d’une longévité active et saine
Les sept facteurs identifiés par Sven Voelpel couvrent des domaines variés, allant du physique au mental. Le premier, et sans doute le plus connu, est l’alimentation. Selon le chercheur, une alimentation riche en nutriments, pauvre en sucres ajoutés et en graisses saturées, joue un rôle central. Il cite notamment le régime méditerranéen comme exemple à suivre, en raison de ses effets protecteurs contre les maladies cardiovasculaires et le diabète.
Le deuxième levier est l’activité physique régulière. Voelpel insiste sur l’importance de maintenir une activité modérée mais constante, comme la marche rapide ou le vélo, plutôt que des efforts intenses et ponctuels. « Le corps a besoin de mouvement pour rester fonctionnel, explique-t-il. Ce n’est pas une question d’intensité, mais de régularité. »
Les autres facteurs incluent la qualité du sommeil, la gestion du stress, les relations sociales, l’engagement cognitif et la prévention médicale. Chacun de ces éléments est présenté comme un pilier essentiel pour préserver à la fois la santé physique et mentale. « Aucun de ces leviers n’est plus important que les autres, précise Voelpel. C’est leur combinaison qui fait la différence. »
Une vision holistique du vieillissement
Au-delà des aspects purement physiologiques, Sven Voelpel insiste sur l’importance de l’équilibre émotionnel et social. Pour lui, les relations humaines de qualité sont aussi cruciales que l’activité physique. Il cite des études montrant que les personnes ayant un réseau social actif vieillissent mieux et présentent un risque réduit de démence. « L’isolement est un facteur de risque majeur, comparable au tabac ou à la sédentarité », rappelle-t-il. De même, l’engagement dans des activités stimulantes sur le plan intellectuel, comme l’apprentissage d’une nouvelle langue ou d’un instrument de musique, serait bénéfique pour maintenir les fonctions cognitives.
Le chercheur évoque également l’importance de la prévention médicale, avec des bilans réguliers pour détecter précocement d’éventuels problèmes de santé. « Beaucoup de gens attendent d’être malades pour agir, souligne-t-il. Pourtant, une approche proactive permet souvent d’éviter des complications graves. »
La question se pose également de savoir si les politiques publiques s’empareront un jour de ces recommandations pour les intégrer dans des campagnes nationales. Pour l’instant, les experts s’accordent sur un point : le vieillissement n’est pas une fatalité, mais un processus sur lequel chacun peut agir. À condition, bien sûr, d’adopter les bonnes habitudes — et de s’y tenir.
D’après Sven Voelpel, « il n’est jamais trop tard pour agir ». Même si les bénéfices sont plus marqués lorsque les habitudes sont prises tôt, des changements à tout âge peuvent avoir un impact positif. Le chercheur souligne que le corps possède une grande capacité d’adaptation, à condition d’être sollicité de manière adaptée.