Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a limogé son Premier ministre Ousmane Sonko en pleine crise politique, selon Libération. Dans les heures qui ont suivi, ce dernier a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale, une position stratégique qui pourrait lui permettre de bloquer le fonctionnement des institutions.
Ce qu'il faut retenir
- Le président Bassirou Diomaye Faye a limogé son Premier ministre Ousmane Sonko, ancien allié politique.
- Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale sénégalaise dès le lendemain.
- Cette succession d’événements s’inscrit dans une période de tensions persistantes au sommet de l’État.
- Le nouveau rôle de Sonko à la tête du Parlement pourrait compliquer la mise en œuvre des réformes envisagées par le président.
- Les relations entre les deux hommes, autrefois alliées, se sont fortement dégradées ces derniers mois.
Un limogeage qui marque un tournant politique
Le 28 mai 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé la fin des fonctions de son Premier ministre, Ousmane Sonko, avec qui les divergences politiques étaient devenues incontournables. Cette décision intervient après des mois de tensions publiques entre les deux hommes, autrefois considérés comme des alliés de la première heure. Selon Libération, les désaccords portaient notamment sur la stratégie économique et les orientations politiques du gouvernement.
Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition avant son arrivée au gouvernement, avait été nommé à la primature en 2025 après l’élection de Faye. Leur collaboration, bien que tumultueuse, semblait jusqu’alors tenir malgré les critiques répétées de Sonko envers certaines réformes. Le limogeage marque donc une rupture nette, confirmant l’ampleur des fractures au sein de l’exécutif.
Sonko élu à la tête du Parlement : une revanche politique
Le même jour, Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale sénégalaise avec une majorité de voix, un poste clé dans le paysage institutionnel du pays. Cette élection, survenue moins de 24 heures après son limogeage, s’apparente à une manœuvre politique visant à renforcer son influence. Selon Libération, les députés de son parti, le Pastef, ont massivement soutenu sa candidature, illustrant la solidité de son ancrage parlementaire.
Cette prise de fonction lui confère un pouvoir de blocage potentiel sur les textes législatifs, y compris ceux portés par le gouvernement de Faye. Une situation inédite au Sénégal, où le président et le président de l’Assemblée nationale se livrent désormais une bataille ouverte pour le contrôle des institutions. Certains observateurs y voient un risque de paralysie des réformes en cours.
Un contexte politique déjà tendu
Cette crise survient dans un contexte politique sénégalais déjà marqué par des tensions sociales et des divisions au sein de la majorité présidentielle. Depuis son élection en mars 2024, Bassirou Diomaye Faye a tenté de mener des réformes économiques ambitieuses, mais leur mise en œuvre se heurte à des résistances internes. Ousmane Sonko, dont l’influence reste forte auprès d’une partie de la population, a régulièrement critiqué la gestion du pouvoir, alimentant un climat de défiance.
Son élection à la tête du Parlement pourrait aggraver cette situation, certains analystes craignant un blocage durable des institutions. D’autres y voient au contraire une clarification des rapports de force, permettant à Sonko de faire valoir ses positions de manière plus directe. Quoi qu’il en soit, cette dynamique redistribue les cartes d’un paysage politique sénégalais déjà complexe.
Reste à savoir si un modus vivendi pourra être trouvé entre les deux hommes, ou si le pays s’engage dans une période de confrontation institutionnelle prolongée. Les prochaines élections locales, prévues pour fin 2026, pourraient également servir de baromètre à l’état des tensions politiques.
D'après les informations de Libération, les tensions entre les deux hommes portaient principalement sur des désaccords stratégiques concernant la gestion économique et les orientations politiques du gouvernement. Leur collaboration, bien que conflictuelle, n’a plus été tenable, selon des sources proches du pouvoir.