Depuis quelques jours, la galerie Perrotin du Marais, à Paris, accueille une exposition singulière signée par la sculptrice française Serena Carone. L’artiste y présente une série d’œuvres en céramique jouant sur les illusions d’optique et le trompe-l’œil, plongeant le visiteur dans un univers à la fois familier et profondément déstabilisant. Selon Libération, ces pièces figent des scènes de catastrophe, réinventent un bestiaire peuplé de pieuvres et de chiens, et s’amusent avec la perception du temps.

L’exposition, intitulée de manière éponyme, s’inscrit dans la continuité d’une démarche artistique qui interroge la frontière entre réalité et illusion. Serena Carone, connue pour ses sculptures céramiques aux détails d’une précision redoutable, y déploie une nouvelle fois son talent pour transformer des matériaux traditionnels en illusions troublantes. Comme le rapporte Libération, ses œuvres invitent à une observation minutieuse, où chaque détail compte et où la réalité semble se dissoudre au profit d’une narration visuelle onirique.

Ce qu'il faut retenir

  • Une exposition inédite de Serena Carone à la galerie Perrotin du Marais à Paris, jusqu’ici inédite dans ce lieu emblématique.
  • Des œuvres en céramique en trompe-l’œil, jouant sur les illusions d’optique et la perception du temps.
  • Un bestiaire réinventé, mêlant pieuvres et chiens, dans des scènes qui figent des instants de catastrophe.
  • Une démarche artistique qui interroge la frontière entre réalité et illusion, typique du travail de la sculptrice.
  • L’exposition est ouverte au public depuis le début du mois de juin 2026.

Un bestiaire onirique entre mer et terre

Parmi les pièces exposées, Serena Carone propose un ensemble de sculptures représentant des animaux hybrides, où se mêlent des éléments aquatiques et terrestres. Les pieuvres, souvent associées à des symboles de mystère et de profondeur, y côtoient des chiens, figures plus prosaïques mais tout aussi travaillées dans leur rendu. D’après Libération, l’artiste joue sur les échelles et les textures pour créer un effet de confusion volontaire. Certains visiteurs pourraient ainsi avoir l’impression de voir un chien doté de tentacules, ou une pieuvre aux traits canins, brouillant les repères entre les espèces.

Ces créatures, à la fois fantastiques et familières, s’inscrivent dans une tradition artistique où l’animal devient un support de réflexion sur la nature et sa représentation. La céramique, matériau noble et ancien, se prête particulièrement bien à cette exploration, offrant une résistance et une durabilité qui contrastent avec la fragilité apparente des illusions qu’elle génère.

Des scènes de catastrophe figées dans le temps

L’un des aspects les plus saisissants de l’exposition réside dans la représentation de catastrophes, qu’elles soient naturelles, industrielles ou symboliques. Serena Carone ne cherche pas à illustrer des événements précis, mais plutôt à capturer une atmosphère de chaos et de désordre. Ses pièces, souvent monumentales, donnent à voir des paysages déformés, des structures en ruine, ou des scènes de déferlement où la matière semble se liquéfier sous le regard.

« Ces œuvres sont des instantanés d’un monde en crise, où tout peut basculer d’un instant à l’autre », a déclaré Serena Carone à Libération. Elle précise que l’idée n’est pas de susciter la peur, mais plutôt d’inviter le spectateur à une réflexion sur la fragilité de notre environnement et de nos certitudes. Le choix de la céramique, matériau à la fois solide et vulnérable, renforce cette tension entre permanence et impermanence.

Une exposition qui interroge la perception du temps

Le temps occupe une place centrale dans le travail de Serena Carone, et cette exposition n’y déroge pas. Certaines de ses œuvres jouent sur la superposition de couches de matière, créant un effet de stratification qui évoque la sédimentation des souvenirs ou l’accumulation des catastrophes au fil des siècles. D’autres pièces, plus minimalistes, figent un instant précis, comme suspendu hors du temps.

Cette dimension temporelle est renforcée par le choix des matériaux et des techniques. La céramique, cuite à haute température, incarne une forme de résistance au temps, tandis que les illusions d’optique invitent à une remise en question de sa linéarité. Pour l’artiste, il s’agit de montrer que le temps n’est pas une donnée absolue, mais une construction à laquelle chacun participe.

Et maintenant ?

L’exposition de Serena Carone à la galerie Perrotin est prévue pour une durée indéterminée, sans date de clôture annoncée pour l’instant. Si l’accueil du public et des critiques s’avère positif, une prolongation ou une tournée dans d’autres galeries pourrait être envisagée. Les prochaines semaines seront l’occasion de mesurer l’impact de cette exposition sur le parcours de l’artiste, qui continue d’explorer les limites entre réalité et fiction.

Cette exposition soulève également des questions sur l’avenir de l’art contemporain en céramique. Avec des artistes comme Serena Carone, ce médium traditionnel gagne en visibilité et en légitimité, attirant un public toujours plus large. Reste à voir si cette tendance se confirmera dans les années à venir.

L'exposition n'a pas de date de clôture officielle pour l'instant. Elle est ouverte au public depuis le début du mois de juin 2026.