Comme le rapporte RFI, la Belgique, qui avait abandonné le service militaire obligatoire à la fin des années 1990, enregistre un succès inattendu avec la relance du service volontaire en 2025. Dans un contexte marqué par l’intensification des tensions géopolitiques en Europe, cette initiative a suscité un engouement bien supérieur aux prévisions des autorités militaires belges.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 000 candidatures déposées pour seulement 500 places disponibles dans le cadre du service militaire volontaire relancé en Belgique fin 2025.
  • Le service militaire obligatoire avait été supprimé en Belgique dans les années 1990, comme dans la plupart des démocraties européennes.
  • La relance du dispositif repose sur le volontariat, une approche choisie pour répondre aux nouveaux enjeux de sécurité nationale.
  • Le ministère belge de la Défense souligne un « succès » significatif, nécessitant désormais une sélection parmi les candidats.
  • Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes en Europe et dans le monde.

La décision de rétablir un service militaire, même sous forme volontaire, marque un tournant dans la politique de défense belge. Selon RFI, cette mesure avait été abandonnée il y a près de trois décennies, lorsque le pays avait fait le choix de s’appuyer exclusivement sur une armée de métier. Pourtant, face à l’évolution des menaces et à l’instabilité régionale, les autorités ont jugé nécessaire de redonner une place à la participation citoyenne dans la défense nationale.

Le dispositif, lancé fin 2025, a immédiatement rencontré un écho bien plus large que prévu. En quelques semaines, le nombre de candidatures a dépassé 6 fois le nombre de places disponibles. Un tel afflux de volontaires a pris de court les responsables militaires, contraints d’organiser une sélection rigoureuse pour retenir les profils les plus adaptés. « Nous avons été surpris par l’engouement des jeunes Belges », a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense à RFI. « Cela témoigne d’une prise de conscience collective sur l’importance de la sécurité nationale. »

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe, où plusieurs pays réévaluent leur modèle de défense après les conflits en Ukraine et les tensions persistantes avec la Russie. La Belgique, qui partage une frontière avec des pays membres de l’OTAN, a choisi une approche progressive en privilégiant le volontariat. Une stratégie qui permet de tester l’adhésion des citoyens avant d’envisager d’éventuels ajustements, comme une extension du nombre de places ou une modification des critères d’éligibilité.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la pérennité de ce succès. Le ministère de la Défense devrait annoncer d’ici l’été 2026 les modalités définitives de sélection et les premières affectations des nouveaux volontaires. Une extension du nombre de places pourrait être envisagée si l’engouement persiste, tandis qu’un bilan complet sera dressé avant la fin de l’année pour décider de l’avenir du dispositif. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres pays européens confrontés aux mêmes enjeux de sécurité.

Pour l’instant, les candidats retenus devront suivre une formation initiale d’une durée de 12 mois, incluant des stages pratiques et théoriques. Ce calendrier permettra d’évaluer l’impact réel du service militaire volontaire sur les capacités opérationnelles de l’armée belge. En attendant, les autorités insistent sur le fait que cette mesure ne remet pas en cause le modèle d’armée professionnelle, mais le complète pour renforcer la résilience nationale.

La relance du service militaire volontaire en Belgique répond à un double impératif : renforcer les effectifs militaires dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, et répondre à une demande citoyenne de participation à la sécurité nationale. Selon le ministère de la Défense, cette mesure permet de compléter les forces armées professionnelles tout en impliquant davantage les jeunes dans la défense du pays.