La célèbre actrice taïwanaise Shu Qi, 50 ans, signe son premier long-métrage avec Girl, un drame familial méthodiquement dépeint dans un Taïwan de la fin des années 1980, selon Franceinfo - Culture. En salles mercredi 5 août, le film s'attache à plonger les spectateurs dans un environnement sombre et éprouvant où les violences conjugales et intrafamiliales s'installent avec une glaçante précision.
Ce qu'il faut retenir
- Le film Girl de Shu Qi explore les violences intrafamiliales dans un contexte taïwanais.
- La réalisation de Shu Qi est présentée en compétition à la Mostra de Venise en 2025.
- Le film suit la jeune Hsiao-Lee, qui grandit dans une famille dysfonctionnelle avec un père alcoolique et violent.
Un environnement dysfonctionnel
Le film Girl nous plonge au sein de l'environnement dysfonctionnel dans lequel grandit la jeune Hsiao-Lee. Son père, Chiang, alcoolique et violent, et sa mère, Chuan, enfermée dans sa propre détresse, ne lui accordent que très peu d'attention. Encore moins de réconfort. Renfermée et solitaire, l'adolescente fait la rencontre de Li Li-li, nouvelle élève américano-taïwanaise qui la prend sous son aile et lui ouvre la voie à une possible émancipation.
La transmission générationnelle des schémas brutaux
À travers ce récit, Shu Qi s'intéresse à la transmission générationnelle de ces schémas brutaux. En ayant également recours à des flashbacks – souvenirs de jeunesse de Chuan –, Shu Qi souligne subtilement que les blessures héritées de la domination patriarcale subie par les protagonistes féminines se répètent, tout en les liant aussi entre elles. Chuan, elle-même désabusée par la figure paternelle, est chassée de chez ses parents à un très jeune âge.
Un film glaçant mais avec une lueur d'espoir
Sans jamais céder au pathos, Shu Qi signe un premier long-métrage d'une grande sensibilité. C'est dans une tension permanente entre enfermement et affranchissement que l'histoire trouve sa force, portée par l'interprétation remarquable de 9m88 dont le détachement et la résignation transcendent l'écran. De la même manière, Roy Chiu est terrifiant en "chef de famille" imprévisible. Un film qui pourrait être d'une tristesse profonde, en laissant le mal-être consumer les spectateurs du début à la fin, mais qui s'applique tout de même à proposer une lueur d'espoir et d'indépendance dont on a bien besoin.
Le réalisateur a précisé que ce film est une histoire qu'il souhaite profondément partager, une histoire qui ouvre une conversation sur l'impact puissant de la famille. Le public pourra découvrir ce film en salles à partir du 5 août et se forgera sa propre opinion sur cette œuvre poignante.