La Haute Cour de Séoul a rendu, vendredi 8 août 2026, un verdict historique dans le cadre d’une procédure de divorce opposant Chey Tae-won, président du conglomérat sud-coréen SK Group, à son ex-épouse Roh Soh-yeong. Selon Le Figaro, le dirigeant a été condamné à lui verser l’équivalent de 566 millions d’euros, une somme correspondant à un tiers des actions de SK Group détenues par l’homme d’affaires. Ce montant, initialement fixé à 830 millions d’euros par un jugement de 2024, a été revu à la baisse par la justice sud-coréenne après un recours introduit par Chey Tae-won.

Ce qu'il faut retenir

  • Une condamnation record : 944 milliards de wons (566 millions d’euros) à verser par Chey Tae-won à son ex-épouse Roh Soh-yeong.
  • Un partage des biens basé sur l’augmentation de la valeur de SK Group, dont les actions ont triplé depuis 2015.
  • Une contribution reconnue de Roh Soh-yeong au foyer et à la valorisation du groupe, selon la justice sud-coréenne.
  • Un divorce annoncé en 2022, mais une procédure judiciaire entamée dès 2015 après l’aveu d’une relation extraconjugale par Chey Tae-won.
  • Une pension alimentaire déjà versée de 1,2 million d’euros à Roh Soh-yeong, dans le cadre d’une procédure séparée.

Un divorce aux enjeux financiers colossaux

Le litige entre Chey Tae-won et Roh Soh-yeong s’inscrit dans un contexte où la valeur de SK Group a explosé ces dernières années, portée par le boom mondial des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle. SK Hynix, filiale majeure du groupe, est l’un des leaders mondiaux du secteur, et son action a plus que triplé depuis 2015. Selon l’arrêt rendu par la Haute Cour de Séoul, la justice a estimé que Roh Soh-yeong avait contribué à cette valorisation non seulement par son rôle de mère au foyer et la gestion du foyer, mais aussi par ses activités publiques liées au groupe. « La participation du défendeur s'est appréciée de manière substantielle pendant le mariage », peut-on lire dans le jugement. « La demanderesse a contribué à cette augmentation par son travail au foyer, la garde des enfants, et ses activités publiques liées à SK Group », a précisé la cour.

Le montant initial de 830 millions d’euros avait été jugé disproportionné par Chey Tae-won, qui a saisi la Cour suprême sud-coréenne. Celle-ci a finalement renvoyé l’affaire devant la Haute Cour, laquelle a réévalué la somme à 566 millions d’euros. Cette décision intervient après des années de tensions entre les deux parties, marquées par des procédures judiciaires successives depuis 2022.

Un mariage et une séparation sous le signe des turbulences

Chey Tae-won et Roh Soh-yeong s’étaient unis en 1988 lors d’une cérémonie fastueuse à la Maison Bleue, le palais présidentiel de Séoul, où le père de la mariée, Roh Tae-woo, occupait alors le poste de chef de l’État. Le couple, parents de trois enfants, a vu son union se fragiliser après que Chey Tae-won a reconnu en 2015 avoir eu un enfant hors mariage. Cette révélation a marqué le début d’une séparation de fait, qui s’est traduite par une procédure de divorce engagée en 2022. Pendant ce temps, la valeur de SK Group, et donc celle du patrimoine de Chey Tae-won, a connu une progression fulgurante.

Roh Soh-yeong a également obtenu, dans une procédure distincte, une pension alimentaire sous forme de versement unique de 2 milliards de wons (1,2 million d’euros). Cette somme s’ajoute au montant principal désormais fixé à 566 millions d’euros. Les deux parties n’ont pas communiqué sur leur intention de faire appel de cette décision, mais l’ampleur des sommes en jeu laisse présager de nouveaux rebondissements judiciaires.

SK Group, un géant des semi-conducteurs au cœur des tensions géopolitiques

SK Group, dont SK Hynix est l’une des filiales phares, joue un rôle clé dans l’économie sud-coréenne et les chaînes d’approvisionnement mondiales en technologies. Le groupe est notamment un acteur majeur dans la production de semi-conducteurs, un secteur stratégique marqué par des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Chey Tae-won, en tant que président du conglomérat, a souvent souligné l’impact de ces tensions sur les marchés. « Les tensions sino-américaines fragmentent les marchés », avait-il déclaré en marge d’une conférence économique.

L’affaire du divorce du siècle survient alors que SK Group continue de se développer, avec des investissements massifs dans les technologies de pointe. La valorisation du groupe, qui a plus que triplé en dix ans, reflète l’importance croissante de la Corée du Sud dans l’industrie mondiale des semi-conducteurs. Pour Chey Tae-won, cette condamnation représente non seulement un revers personnel, mais aussi un défi financier et stratégique pour l’entreprise qu’il dirige.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de ce dossier judiciaire restent incertaines. Roh Soh-yeong pourrait demander l’exécution immédiate du jugement, tandis que Chey Tae-won pourrait, à nouveau, contester la décision devant la Cour suprême. Par ailleurs, la valeur des actions de SK Group pourrait continuer de fluctuer en fonction des dynamiques géopolitiques et économiques mondiales. Reste à voir si cette condamnation aura un impact sur la gouvernance du groupe ou sur la stratégie de Chey Tae-won à la tête de SK Group. La situation pourrait également influencer les futures négociations de divorce entre les deux parties, si celles-ci choisissent de rouvrir des discussions.

Quoi qu’il en soit, ce jugement marque une étape inédite dans l’histoire des divorces en Corée du Sud, où les enjeux financiers liés aux conglomérats familiaux, les *chaebols*, prennent une dimension exceptionnelle. Les observateurs s’interrogent désormais sur les répercussions de cette affaire, tant sur le plan judiciaire que sur celui de la gouvernance des grands groupes sud-coréens.

La justice sud-coréenne a réévalué le partage des biens en tenant compte de la complexité du dossier et des arguments avancés par Chey Tae-won. Selon l’arrêt, la cour a considéré que le montant initial de 830 millions d’euros, fixé en 2024, ne reflétait pas équitablement la contribution respective des deux parties au patrimoine commun, notamment en raison de la hausse de la valeur des actions de SK Group.