Le sommet des dirigeants de l'Union européenne (UE) s'est tenu jeudi et vendredi à Bruxelles, selon Euronews FR. Les dirigeants ont abordé un ordre du jour chargé, allant du budget de long terme au soutien financier à l'Ukraine, en passant par la migration, l'énergie et la Chine.

Le sommet a été marqué par des positions figées sur le budget du bloc, un accueil chaleureux réservé au président ukrainien Volodymyr Zelensky et des affrontements sur les politiques énergétiques et migratoires. Les dirigeants ont resserré les rangs derrière le président ukrainien et promis de maintenir les sanctions tant que la Russie poursuivra son invasion à grande échelle.

Ce qu'il faut retenir

  • L'UE fait bloc derrière l'Ukraine et maintient les sanctions contre la Russie
  • Le budget de l'UE est toujours en discussion, avec des désaccords entre les contributeurs nets et les bénéficiaires de la cohésion
  • La migration reste un sujet sensible, avec des divisions entre les États membres sur la manière de gérer les flux migratoires
  • La Chine est devenue un enjeu majeur pour l'UE, avec des discussions sur les déséquilibres macroéconomiques et la nécessité de renforcer les défenses commerciales
  • Les dirigeants ont également abordé la question de l'énergie, avec des désaccords sur la manière de gérer les fluctuations de court terme des prix de l'électricité

Le soutien à l'Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé aux dirigeants 70 milliards d'euros supplémentaires de soutien financier et militaire l'année prochaine pour contrer l'escalade russe. Cette demande bouleverse les plans du bloc, qui partaient du principe que le prêt de 90 milliards d'euros accordé l'an dernier couvrirait à la fois 2026 et 2027.

Les dirigeants de l'UE ont chargé la Commission européenne de présenter une proposition pour répondre aux besoins financiers de Kyiv. Cependant, combler ce trou s'annonce tout sauf simple, car la flambée des coûts d'emprunt rend une dette commune difficile à accepter.

Le budget de l'UE

Jeudi, les dirigeants ont longuement débattu du prochain cadre financier pluriannuel (MFF) mais, comme prévu, ont peu avancé, les contributeurs nets « frugaux » et les « amis de la cohésion » du Sud et de l'Est campant sur leurs positions. Une chose est claire : la boîte de négociation présentée par la présidence irlandaise il y a quelques jours, qui proposait de retrancher 141 milliards d'euros du budget global pour amadouer les frugaux, est désormais officiellement enterrée.

Le président du Conseil européen, António Costa, va reprendre les discussions. Il doit présenter un nouveau compromis dans les prochaines semaines, que beaucoup s'attendent à voir avant le sommet extraordinaire qu'il a convoqué pour le 26 novembre, à quelques jours des élections espagnoles.

La migration

La migration s'est une nouvelle fois imposée comme l'un des sujets les plus sensibles, après que la dernière discussion, en juin, avait tourné à l'échange de cris entre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez d'un côté et l'Italienne Giorgia Meloni et la Danoise Mette Frederiksen de l'autre. Cette fois, Rome a tendu la main à Madrid de manière inattendue juste avant que le dossier n'arrive sur la table vendredi.

L'Italie et l'Espagne ont trouvé ce qui ressemble à un premier pas vers la fin de leur différend frontalier, après une série de contrôles en représailles mis en place dans le sillage de la crise de Ceuta. Les contrôles temporaires aux frontières de l'Italie devaient expirer jeudi soir, mais ont été prolongés d'une semaine pour s'aligner sur ceux de l'Espagne, qui prennent fin le 22 octobre.

La Chine

Sur les « déséquilibres macroéconomiques », un jargon de l'UE qui permet d'éviter de nommer la Chine, les dirigeants ont maintenu le cap malgré l'accord conclu entre la Commission européenne et Pékin pour freiner les importations de voitures hybrides. Au déjeuner jeudi, ils ont pressé la Commission de préparer une boîte à outils de nouveaux instruments de défense commerciale, y compris des clauses de sauvegarde avec quotas et droits de douane, pour protéger les industries chimiques et de machines de la concurrence chinoise.

La Chine était omniprésente alors que le bloc fait face à un déficit commercial d'environ 360 milliards d'euros avec Pékin. La chimie et les machines, parmi les secteurs les plus touchés par les importations bon marché en provenance de Chine, ont été désignées comme les prochaines industries nécessitant une protection urgente après les quotas sur les voitures hybrides.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'issue de ces discussions. Les dirigeants de l'UE doivent trouver un consensus sur le budget et la migration, tout en renforçant leurs défenses commerciales face à la Chine. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a indiqué que son institution allait commencer à travailler sur un nouvel outil pour répondre rapidement aux perturbations de marché provoquées par la Chine.

Les réactions et les prises de position des États membres et des institutions européennes seront à suivre de près dans les prochaines semaines. Le sommet extraordinaire convoqué pour le 26 novembre pourrait être l'occasion de faire avancer les discussions et de trouver des solutions aux défis actuels.

En conclusion, le sommet des dirigeants de l'UE a mis en évidence les défis auxquels le bloc est confronté, de la migration à la Chine, en passant par le budget et l'énergie. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer l'issue de ces discussions et pour assurer l'avenir de l'UE.