Les Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises ont annoncé lundi 1er juin la création d’un « Conseil de sécurité et de défense » dans le cadre d’un gouvernement parallèle installé à Nyala, capitale du Darfour du Sud. Cette initiative, qui intervient dans un contexte de tensions persistantes, n’est pas reconnue par la communauté internationale, selon RFI.
Ce Conseil, présenté comme une structure de gouvernance alternative, s’ajoute aux institutions existantes et soulève des craintes quant à une fragmentation accrue du pouvoir au Soudan. Les FSR, milice paramilitaire dirigée par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti », avaient déjà été à l’origine de la formation d’une administration parallèle dans cette région du pays, où les conflits armés et les violences intercommunautaires restent endémiques.
Ce qu’il faut retenir
- Les FSR ont annoncé la création d’un « Conseil de sécurité et de défense » le 1er juin 2026, selon RFI.
- Ce Conseil est installé dans le cadre d’un gouvernement parallèle à Nyala, au Darfour du Sud.
- Cette initiative n’est pas reconnue par la communauté internationale et suscite des craintes de division du pays.
- Les FSR, menées par le général Mohamed Hamdan Daglo, multiplient les structures parallèles depuis des mois.
Un gouvernement parallèle qui défie les institutions légitimes
Les Forces de soutien rapide ont officialisé la création de ce Conseil de sécurité et de défense au sein de leur propre administration, basée à Nyala. Cette ville, située dans le Darfour du Sud, est depuis des années un foyer de tensions entre groupes armés et communautés locales. La mise en place de cette structure s’inscrit dans une stratégie plus large des FSR pour consolider leur emprise sur le Darfour, une région stratégique sur les plans économique et sécuritaire.
« Ce Conseil vise à renforcer la sécurité dans la région, mais il s’agit avant tout d’une initiative unilatérale qui ignore les institutions reconnues par l’État », a souligné un analyste politique contacté par RFI. Les autorités de Khartoum, la capitale, ont toujours dénoncé les actions des FSR comme une tentative de saper l’autorité de l’État et de fragiliser l’unité nationale.
Des conséquences pour la stabilité nationale et régionale
Cette annonce intervient alors que le Soudan traverse une période de profonde instabilité politique et sécuritaire. Depuis le renversement du régime d’Omar el-Béchir en 2019, puis la rupture de l’alliance entre l’armée régulière et les FSR en avril 2023, le pays est plongé dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. La création de ce Conseil parallèle pourrait exacerber les divisions internes et compliquer les efforts de médiation internationaux.
D’après RFI, plusieurs pays de la région, dont l’Égypte et l’Arabie saoudite, ont déjà exprimé leur inquiétude quant à l’escalade de la crise. « Une telle fragmentation ne peut qu’affaiblir davantage le Soudan et aggraver la souffrance de la population », a rappelé un diplomate sous couvert d’anonymat. Les FSR, quant à elles, justifient leur démarche par l’incapacité de l’État à assurer la sécurité dans le Darfour, une région où les milices locales et les groupes armés continuent de semer la terreur.
« Nous agissons pour protéger les civils et rétablir l’ordre là où l’État a échoué. Ce Conseil est une réponse nécessaire aux manquements des autorités actuelles. »
— Déclaration d’un porte-parole des FSR, rapportée par RFI
Dans ce contexte, la situation humanitaire, déjà dramatique, pourrait encore se dégrader. Plus de 15 millions de personnes ont besoin d’assistance au Soudan, selon les Nations unies, et une aggravation des conflits ne ferait qu’aggraver cette crise.