Depuis l’épidémie de Covid-19, les salles obscures peinent à retrouver leur public, et le genre des super-héros, autrefois roi du box-office, n’échappe pas à cette tendance. Pourtant, une exception persiste : Spider-Man. Selon Franceinfo - Culture, la franchise centrée sur Peter Parker, incarné par Tom Holland dans *Spider-Man: Brand New Day* (sorti le 29 juillet 2026 en France), confirme son statut de valeur refuge pour les producteurs et le public, malgré un contexte global morose pour les films de super-héros.

Ce qu'il faut retenir

  • En France, *Brand New Day* a enregistré plus de 2,5 millions d’entrées en première semaine, se classant à la 8ᵉ place du box-office français 2026.
  • Le film a réalisé le meilleur démarrage de l’histoire au box-office nord-américain avec 360 millions de dollars, dépassant *Avengers: Endgame* (2019).
  • À l’échelle mondiale, *Brand New Day* signe le deuxième meilleur démarrage de tous les temps avec 932 millions de dollars, derrière *Endgame* (1,2 milliard).
  • Spider-Man est le seul super-héros Marvel dont les films solo ont dépassé deux fois le milliard de dollars de recettes mondiales, malgré la crise sanitaire.
  • La franchise repose sur un personnage intergénérationnel et accessible, Peter Parker, orphelin et lycéen harcelé, loin des archétypes divins ou extraterrestres.

Un phénomène qui défie la crise des super-héros

Le cinéma de super-héros traverse une période difficile depuis 2020, marquée par la fermeture des salles et la montée en puissance des plateformes de streaming. Selon Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), la fréquentation des cinémas a chuté de 40 % depuis 2019. Pourtant, Spider-Man semble immunisé contre cette baisse. Comme le souligne Philippe Guedj, journaliste au Point et coréalisateur du documentaire *Marvel Renaissance* (2014), « Spidey est une valeur refuge dans un contexte de crise pour ce genre cinématographique en berne depuis le Covid ».

Cette résilience s’explique en partie par la régularité des sorties : *Brand New Day* marque le quatrième opus de la saga solo avec Tom Holland, et le troisième film à dépasser le milliard de dollars de recettes mondiales. Une performance rare dans un paysage où les franchises peinent à se renouveler. À titre de comparaison, des productions comme *Doctor Strange in the Multiverse of Madness* ou *Eternals* ont vu leur diffusion limitée en Chine, un marché devenu stratégique pour le box-office mondial.

La Chine, un marché clé pour Spider-Man

La Chine joue un rôle croissant dans le succès des blockbusters. Xavier Fournier, spécialiste de la bande dessinée américaine, rappelle que ce pays est « faiseur de roi du box-office ». Lors de son premier jour d’exploitation en Chine, *Brand New Day* a engrangé 35 millions de dollars, un score modeste comparé aux 200 millions enregistrés par *Spider-Man: Far From Home* en 2019. Pourtant, cette performance prend tout son sens dans un contexte où « la Chine a bloqué la sortie de certains films comme *Doctor Strange 2* ou *Eternels* », affectant leur impact global.

Le succès de Spider-Man en Chine ne se limite pas aux films en prises de vues réelles. *Spider-Man: Across the Spider-Verse* (2023), centré sur Miles Morales, a rapporté 690 millions de dollars, un chiffre exceptionnel pour un film d’animation. Une preuve supplémentaire que l’univers de l’homme-araignée transcende les frontières et les formats.

L’homme-araignée, un héros ancré dans la culture populaire

L’histoire de Spider-Man commence bien avant le cinéma. Créé en 1962 par Stan Lee et Steve Ditko, le personnage est devenu « le visage multimédia de Marvel depuis la fin des années 1960 », explique Xavier Fournier. Dès 1977, la série télévisée *The Amazing Spider-Man* rencontre un succès aux États-Unis et en Europe, tandis que le dessin animé du même nom popularise le personnage auprès des jeunes générations. « Les gens qui regardaient le dessin animé ont grandi, ont eu des enfants puis des petits-enfants. On trouve aujourd’hui trois générations qui regardent Spider-Man jusqu’à aujourd’hui avec les films », précise le spécialiste.

Contrairement à des figures comme Batman ou Superman, souvent associées à des univers sombres ou clivants, Peter Parker incarne une humanité accessible. Philippe Guedj analyse : « C’est un héros positif et consensuel, loin du patriotisme américain de Superman ou de l’obscurité de Batman ». Ni dieu ni alien, Peter Parker est un lycéen harcelé, un orphelin confronté à la mort de son oncle Ben, et un adulte aux prises avec des difficultés quotidiennes, comme ses problèmes financiers ou son exploitation par son employeur. « Il rend une justice du quotidien, combat des malfaiteurs à New York, pas dans l’espace », ajoute Guedj.

Un costume rouge et bleu qui parle à tous

Le choix du costume rouge et bleu de Spider-Man est considéré comme un « coup de génie » par Philippe Guedj. Ce design simple permet aux enfants de s’identifier immédiatement au personnage, « peu importe leur couleur de peau ». Cette universalité est renforcée par l’introduction de Miles Morales, Spider-Man d’origine latino et africaine, dans l’univers cinématographique. « Permettre à un jeune public de s’identifier à lui, c’est là qu’intervient le coup de maître », souligne Guedj.

Cette perméabilité culturelle explique en partie la longévité exceptionnelle de la franchise. Depuis *Spider-Man* (2002) de Sam Raimi, qui a « déclenché un big bang des super-héros sur grand écran et convaincu Disney d’acquérir Marvel Studios en 2009 », l’homme-araignée a su traverser les époques et les générations. Un an après *Spider-Man 3* (2007), *Iron Man* (2008) posait les bases de l’univers cinématographique Marvel, mais c’est bien Peter Parker qui a ouvert la voie.

Entre nostalgie et renouvellement

L’attachement des spectateurs à Spider-Man s’inscrit dans une logique de nostalgie et de transmission. Les films de Tobey Maguire (2002-2007) ont marqué toute une génération, tout comme ceux d’Andrew Garfield (2012-2014) pour une autre. Tom Holland, lui, incarne une version plus moderne du personnage, avec des enjeux actuels comme l’effacement de son identité de la mémoire collective dans *Brand New Day*. Ce mélange entre héritage et actualité contribue à maintenir l’intérêt du public.

— Le personnage de Peter Parker porte en lui une fragilité qui peut entrer en résonance avec le public : orphelin, harcelé, exploité, il incarne des luttes universelles. Son costume, en le rendant anonyme, lui permet de s’effacer derrière son rôle de justicier local, loin des enjeux cosmiques d’autres super-héros.

Et maintenant ?

La sortie de *Brand New Day* marque un nouveau chapitre pour Spider-Man, mais la franchise pourrait bientôt connaître d’autres évolutions. Les rumeurs autour d’un cinquième film avec Tom Holland circulent, tandis que l’univers cinématographique Marvel devrait poursuivre son expansion avec des projets comme *Avengers: Secret Wars* (prévu pour 2027). La Chine, malgré ses restrictions, reste un enjeu majeur pour les producteurs, qui devront adapter leurs stratégies pour toucher ce marché. Une chose est sûre : tant que Peter Parker continuera de parler aux jeunes comme aux moins jeunes, l’homme-araignée gardera sa place au sommet.

Spider-Man, avec sa capacité à rassembler trois générations et à s’adapter aux évolutions sociétales, prouve que dans un monde de super-héros en mutation, certains mythes résistent mieux que d’autres. Et si la franchise venait à marquer une pause après *Brand New Day*, elle pourrait toujours compter sur ses adaptations animées ou ses dérivés comme *Spider-Man: Across the Spider-Verse* pour maintenir son public en haleine.

Selon Franceinfo - Culture, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D’abord, Peter Parker est un personnage intergénérationnel, dont l’histoire familiale (orphelin, oncle Ben) et les défis quotidiens (harcèlement, problèmes financiers) le rendent proche du public. Ensuite, son costume iconique et sa capacité à s’effacer derrière l’anonymat permettent une identification immédiate, sans distinction de genre ou d’origine. Enfin, la franchise a su se renouveler en intégrant des personnages comme Miles Morales, tout en conservant l’héritage des films précédents.