La banque britannique Standard Chartered anticipe une forte progression de la valeur de l’ether (ETH), la cryptomonnaie native d’Ethereum. Dans une note adressée à ses investisseurs, rapportée par Cryptoast, elle estime que le cours de l’ETH pourrait atteindre 40 000 dollars d’ici 2030, une prévision qui s’appuie sur la croissance de l’écosystème Ethereum et de ses applications décentralisées.

Ce qu'il faut retenir

  • Standard Chartered table sur un cours de l’ETH à 40 000 dollars en 2030, avec une première cible à 4 000 dollars fin 2026.
  • La DeFi et les stablecoins représentent 33 % des transactions sur le réseau Ethereum, selon les données de DefiLlama.
  • La valeur totale verrouillée (TVL) sur Ethereum atteint 41,7 milliards de dollars, portée par des protocoles majeurs comme Lido, Ethena ou Chainlink.
  • Les real-world assets (RWA) pourraient jouer un rôle clé, avec une multiplication par 50 attendue dans les prochaines années.
  • Malgré ces perspectives optimistes, le marché reste prudent face à un contexte géopolitique instable et un marché baissier prolongé.

Selon Standard Chartered, le cours actuel de l’ETH ne reflète pas la santé du réseau Ethereum. Malgré une chute de 60 % depuis son pic d’août 2025, la blockchain continue de traiter un nombre croissant de transactions, notamment grâce à la finance décentralisée (DeFi). « Nous voyons des parallèles avec le cours de l’ETH aujourd’hui, et nous réaffirmons nos prévisions fortement haussières pour l’ETH », explique la banque dans sa note.

Cette analyse s’appuie sur des données concrètes. La valeur totale verrouillée (TVL) sur Ethereum s’élève à 41,7 milliards de dollars, un niveau qui illustre l’attractivité croissante des protocoles décentralisés. Des acteurs comme Lido, Ethena ou Chainlink y jouent un rôle majeur, renforçant l’activité du réseau. Autant dire que l’écosystème Ethereum n’a rien perdu de sa vitalité, même si le cours de l’ETH peine à traduire cette dynamique.

« Les performances actuelles du cours de l’ETH ne reflètent pas les performances du réseau Ethereum. La blockchain traite en effet un nombre croissant de transactions, avec des applications de finance décentralisée (DeFi) qui continuent d’attirer les utilisateurs. »
Standard Chartered

Pour justifier ses prévisions, Standard Chartered compare la trajectoire d’Ethereum à celle d’Amazon après l’éclatement de la bulle Internet en 2001. Malgré une chute initiale, l’entreprise a fini par s’imposer durablement. La banque mise sur une adoption accrue des actifs réels (RWA) sur Ethereum. Si ces actifs devaient être multipliés par 50 d’ici quelques années, comme elle l’anticipe, leur poids dans l’écosystème Ethereum pourrait devenir « spectaculaire ». Une telle évolution se traduirait mécaniquement par une hausse du nombre de transactions et de la TVL, des indicateurs clés pour les investisseurs.

Les stablecoins, autre pilier de l’écosystème, représentent déjà 33 % des transactions sur Ethereum. Un chiffre qui souligne leur importance croissante dans les échanges et les applications financières décentralisées. Ces données, combinées à l’essor des RWA, forment le socle des prévisions optimistes de Standard Chartered. La banque table sur une progression continue de l’activité, qui devrait se répercuter sur le cours de l’ETH.

Pourtant, malgré ces arguments, le marché reste méfiant. Depuis son pic d’août 2025, l’ETH a perdu 60 % de sa valeur, une baisse plus marquée que celle du Bitcoin (-40 % depuis son plus haut d’octobre 2025). Cette divergence s’explique en partie par un contexte macroéconomique incertain, marqué par des tensions géopolitiques et une aversion au risque persistante. Dans ce paysage, les prévisions de Standard Chartered pourraient sembler ambitieuses, voire optimistes.

Une analyse contrastée entre croissance réelle et volatilité des marchés

Standard Chartered reconnaît elle-même que ses prévisions dépendent de plusieurs facteurs. D’abord, l’adoption massive des RWA par les institutions, un scénario encore hypothétique à ce stade. Ensuite, la capacité d’Ethereum à maintenir son avance technologique face à des concurrents comme Solana ou Cardano. Enfin, l’évolution des régulations, qui pourrait soit freiner, soit accélérer l’innovation dans la DeFi.

Côté marché, la prudence domine. Les investisseurs attendent des signes concrets de reprise avant de se positionner massivement sur l’ETH. Les prévisions de Standard Chartered, aussi optimistes soient-elles, ne suffiront pas à elles seules à inverser la tendance baissière. « Il faudra plus que des prévisions enthousiastes pour porter le cours de l’ETH », souligne la banque, rappelant que le marché reste sous l’influence de facteurs externes difficiles à anticiper.

Cette analyse met en lumière un paradoxe : tandis que l’activité sur Ethereum bat des records, son cours reste prisonnier d’un marché globalement défavorable. Une situation qui rappelle celle d’Amazon à l’aube des années 2000, lorsque l’entreprise affichait des fondamentaux solides malgré un titre en baisse. Standard Chartered parie sur une reconnaissance progressive de la valeur intrinsèque d’Ethereum, mais le chemin pourrait être long et semé d’embûches.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Ethereum. Plusieurs échéances pourraient influencer son cours : l’évolution des régulations aux États-Unis et en Europe, les avancées technologiques comme le passage à la preuve d’enjeu (PoS) ou les mises à jour du réseau, et surtout l’adoption des RWA par les grandes institutions financières. Si ces éléments se concrétisent, les prévisions de Standard Chartered pourraient se révéler justes. À l’inverse, un retournement de conjoncture géopolitique ou une crise dans la DeFi pourrait retarder, voire annuler, ces scénarios.

Quoi qu’il en soit, Ethereum reste un acteur incontournable de l’écosystème blockchain. Avec une TVL de 41,7 milliards de dollars et une activité portée par des protocoles comme Lido ou Ethena, son réseau conserve une solide base d’utilisateurs. Pour les investisseurs, la question n’est donc pas tant de savoir si Standard Chartered a raison ou tort, mais plutôt si le marché sera en mesure de reconnaître, un jour, la valeur réelle du réseau.

Selon les données de DefiLlama, les protocoles majeurs incluent Lido (liquidity staking), Ethena (synthétiques adossés à des actifs), et Chainlink (oracles décentralisés). Ces trois acteurs contribuent significativement à la valeur totale verrouillée (TVL) sur Ethereum, qui atteint 41,7 milliards de dollars.

La banque établit ce parallèle pour illustrer un scénario où une technologie ou une entreprise affiche des fondamentaux solides malgré une chute de son cours. Comme Amazon en 2001, Ethereum pourrait voir sa valeur reconnue à long terme, une fois que le marché aura pris conscience de son utilité réelle.