Le géant automobile Stellantis vient de franchir une étape décisive dans le développement de sa batterie à électrolyte solide. Selon Numerama, le groupe franco-italo-américain a lancé, ce 11 juin 2026, les premiers essais routiers de cette technologie, intégrée à un véhicule prototype basé sur la nouvelle Dodge Charger Daytona électrique. Une avancée majeure qui intervient après cinq années de recherches et un investissement initial de 75 millions de dollars dans la startup américaine Factorial, partenaire clé du projet.
Ce qu'il faut retenir
- Premiers essais routiers d’une batterie solide Stellantis-Factorial, embarquée dans une Dodge Charger Daytona électrique.
- Une densité énergétique de 375 Wh/kg, soit 30 % de plus qu’une batterie lithium-ion classique, selon les données communiquées par le constructeur.
- La batterie affiche une recharge de 15 % à 80 % en 18 minutes, avec une plage de fonctionnement étendue de -30 °C à 45 °C.
- Aucune date de commercialisation n’a encore été annoncée, mais Stellantis évoque un rapprochement avec le marché « d’ici quelques années ».
- L’objectif affiché : réduire les risques d’incendie et améliorer l’autonomie ou la compacité des packs batteries.
Une technologie promise depuis 2021 désormais en phase de test
Stellantis mise depuis 2021 sur la batterie solide pour révolutionner le stockage d’énergie dans l’électrique. Le groupe avait alors injecté 75 millions de dollars dans Factorial, une jeune pousse américaine spécialisée dans les électrolytes solides, afin de développer une alternative aux batteries lithium-ion traditionnelles. Après des années de développement en laboratoire, c’est désormais sur route que la technologie FEST (Factorial Electrolyte System Technology) va être évaluée. « Cette étape démontre que nous rapprochons les batteries à électrolyte solide de nos clients », a déclaré un porte-parole du constructeur dans un communiqué.
Le choix s’est porté sur la Dodge Charger Daytona électrique, un modèle emblématique du groupe, pour incarner cette innovation. Les essais visent à « ajuster et vérifier les performances et la fiabilité du pack batterie dans différentes conditions de recharge et de conduite, tout en validant la sécurité du véhicule », précise Stellantis. Une phase cruciale avant une éventuelle industrialisation.
Des performances prometteuses, mais des défis persistants
Les chiffres communiqués par Stellantis et Factorial sont éloquents. La densité énergétique de la batterie solide atteint 375 Wh/kg, contre environ 290 Wh/kg pour une batterie lithium-ion liquide de dernière génération. Autrement dit, une autonomie accrue à taille égale, ou des batteries plus compactes pour une même capacité. Autre atout : une plage de températures de fonctionnement étendue, de -30 °C à 45 °C, sans perte d’efficacité notable. Un avantage non négligeable face aux batteries classiques, souvent limitées par le froid ou la chaleur extrême.
Côté recharge, la technologie FEST permet d’atteindre 80 % de charge en 18 minutes, un temps comparable aux meilleures batteries lithium-ion actuelles, mais bien en deçà des solutions les plus rapides du marché, comme la technologie Flash Charging de BYD, capable de recharger entièrement un véhicule en 9 minutes. Reste que l’enjeu principal de la batterie solide réside ailleurs : sa sécurité. Contrairement aux batteries lithium-ion, qui présentent un risque d’emballement thermique et d’incendie, l’électrolyte solide est réputé pour sa stabilité chimique, éliminant ce danger.
Un calendrier encore flou, mais une course technologique engagée
Si Stellantis ne donne aucune date pour une commercialisation, le secteur automobile table sur une arrivée progressive des batteries solides à partir de 2027, voire 2030 pour les modèles grand public. La plupart des constructeurs — Toyota, Volkswagen, BMW ou encore Renault — investissent massivement dans cette technologie, perçue comme la prochaine grande évolution des véhicules électriques. Pour Stellantis, qui a dévoilé fin 2025 sa feuille de route « STLA One », cette batterie solide pourrait équiper plusieurs plateformes du groupe d’ici la fin de la décennie.
Pour autant, des obstacles techniques et économiques subsistent. Le coût de production reste élevé, en raison des matériaux utilisés (notamment les électrolytes céramiques) et des procédés de fabrication complexes. Par ailleurs, la durée de vie et la dégradation des performances sur le long terme doivent encore être précisément évaluées lors de ces essais routiers. « On valide la sécurité, la fiabilité et l’adaptation aux usages quotidiens », a indiqué un ingénieur de Factorial cité par Numerama.
Cette avancée s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue entre constructeurs. Alors que l’Europe et la Chine accélèrent sur les batteries solides, les États-Unis misent sur des partenariats public-privé pour rattraper leur retard. Pour Stellantis, qui mise sur l’innovation pour rester dans la course, l’enjeu est double : prouver la viabilité industrielle de sa technologie, tout en rassurant sur sa capacité à rivaliser avec les leaders du secteur.