Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, a directement interpellé les autorités françaises et européennes pour alerter sur les défis économiques et fiscaux auxquels le groupe automobile fait face. Dans une démarche visant à obtenir un soutien concret, le constructeur a contacté le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que la Commission européenne, selon nos confrères de BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Stellantis a contacté Bercy et Bruxelles pour attirer l’attention sur des sujets économiques et fiscaux jugés prioritaires.
- Le groupe automobile, confronté à des pressions concurrentielles, souhaite un accompagnement public renforcé.
- Les tensions autour de la fiscalité des entreprises et des héritages en France alimentent le débat.
- Le Medef a récemment appelé à éviter toute nouvelle hausse d’impôts sur les entreprises.
Un dialogue urgent avec les pouvoirs publics
Carlos Tavares a souligné, dans une communication relayée par BFM Business, que l’industrie automobile française et européenne traverse une période charnière. Le groupe Stellantis, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, se retrouve au cœur de plusieurs enjeux : la transition énergétique, la compétitivité face aux constructeurs asiatiques et américains, ainsi que les coûts de production en Europe. « Nous devons agir rapidement pour préserver notre souveraineté industrielle », a-t-il déclaré, sans préciser la teneur exacte des demandes adressées à Bercy et à Bruxelles.
Les discussions portaient notamment sur les aides publiques à l’innovation et à la décarbonation, ainsi que sur la fiscalité des entreprises. Stellantis craint que l’accumulation de taxes et de charges sociales ne fragilise davantage sa position face à des concurrents bénéficiant d’un environnement plus favorable. La pression s’accentue alors que les ventes de véhicules électriques progressent moins vite que prévu en Europe, en raison notamment d’un pouvoir d’achat affaibli.
La fiscalité française dans le viseur des industriels
Le dossier fiscal occupe une place centrale dans les échanges entre Stellantis et les autorités. Le groupe rejoint ainsi les préoccupations exprimées par le Medef, qui a récemment appelé à « éviter toute nouvelle hausse d’impôts » sur les entreprises. Cette position s’inscrit dans un contexte où le gouvernement explore plusieurs pistes pour financer les dépenses sociales et environnementales, sans alourdir davantage la pression sur les acteurs économiques.
Parmi les sujets sensibles, la question des retraités aisés et des méga-héritages a également été évoquée dans les débats publics ces dernières semaines. Certains économistes plaident pour une taxation accrue de ces catégories, tandis que les entreprises, elles, redoutent un effet désincitatif sur l’investissement. Stellantis n’a pas détaillé les mesures fiscales qu’elle souhaiterait voir modifiées, mais son intervention témoigne de l’urgence perçue par le secteur industriel.
Les autres dossiers économiques suivis de près
L’appel de Stellantis s’inscrit dans un paysage économique marqué par plusieurs signaux d’alerte. Selon BFM Business, les embauches de cadres ont ralenti en août, un indicateur qui préoccupe les observateurs. Le chômage des dirigeants d’entreprise a quant à lui atteint un niveau record, reflétant les difficultés de certains secteurs à recruter ou à maintenir leurs effectifs.
Par ailleurs, la question de l’âge dans l’embauche reste un sujet de tension. Les entreprises peinent à concilier les besoins en compétences et les contraintes liées aux politiques de retraite, dans un pays où l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé à 64 ans. Le Medef, par la voix de son président, a réaffirmé sa position contre toute nouvelle hausse d’impôts, tout en appelant à « un courage politique » pour réformer le système sans étouffer la croissance.
En parallèle, le gouvernement devrait rendre publics les résultats de ses consultations avec les acteurs économiques sur la fiscalité des entreprises, un dossier qui promet de rester au cœur des débats jusqu’à la fin de l’année.
Stellantis n’a pas détaillé publiquement l’ensemble de ses demandes, mais le groupe a évoqué la nécessité d’un accompagnement public renforcé, notamment sur les aides à l’innovation et à la transition énergétique, ainsi que sur la fiscalité des entreprises. Carlos Tavares a insisté sur la préservation de la souveraineté industrielle européenne.