Le festival Printemps des comédiens de Montpellier, l’un des plus importants de France après celui d’Avignon, entre dans une nouvelle phase avec la nomination de Stéphane Gil à sa direction. Ce mercredi 10 juin 2026, la Métropole de Montpellier et le préfet de la région Occitanie ont annoncé, dans un communiqué conjoint, avoir choisi cet ancien directeur du Théâtre de la Cité de Toulouse pour prendre la tête du nouvel Établissement public de coopération culturelle (EPCC) « Cité européenne du théâtre – Domaine d’O ». Stéphane Gil, qui prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre 2026 pour un mandat de trois ans renouvelable, devra notamment redresser la gestion financière et artistique du festival, dont les dysfonctionnements ont été pointés du doigt par la Chambre régionale des comptes d’Occitanie. Selon Franceinfo – Culture, cette décision s’inscrit dans un contexte de critiques répétées sur la gestion du festival sous l’ère de son ancien directeur, Jean Varela, en poste de 2011 à 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • Stéphane Gil, ancien directeur du Théâtre de la Cité de Toulouse, est nommé à la tête de la Cité européenne du théâtre – Domaine d’O, organisateur du Printemps des comédiens, à partir du 1er septembre 2026 pour trois ans renouvelables.
  • Il remplace Jean Varela, dont la gestion a été critiquée par la Chambre régionale des comptes d’Occitanie, qui a pointé des dysfonctionnements financiers et de contrôle.
  • Le festival, l’un des plus importants de France, dispose d’un budget annuel de 7 millions d’euros, dont 4,4 millions de subventions publiques.
  • Stéphane Gil a été choisi parmi six candidats pour son expérience en programmation, gestion et production, ainsi que pour son « énergie » et sa « joie communicative ».
  • Il assurera la direction artistique de la 41e édition du festival, prévue en 2027.

Un profil hybride pour redresser un festival en difficulté

Avec un parcours à la fois administratif, managérial et artistique, Stéphane Gil incarne le profil recherché pour redresser la situation du Printemps des comédiens. Selon le communiqué conjoint de la Métropole de Montpellier et du préfet de la région Occitanie, il a été sélectionné pour sa capacité à allier une « programmation riche, exigeante et accessible » à une « gestion rigoureuse des fonds publics ». Ce choix reflète la volonté des tutelles de concilier exigence culturelle et rigueur budgétaire, dans un contexte où les comptes du festival ont été jugés « préoccupants » par les autorités de contrôle. Stéphane Gil, qui a dirigé le Théâtre de la Cité – Centre dramatique national Toulouse Occitanie de 2018 à 2026, apporte une expérience solide en gestion de structures publiques, un atout dans un secteur où les subventions représentent près de 63 % du budget annuel de 7 millions d’euros.

Un festival sous surveillance après des années de gestion contestée

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a rendu public, le 9 juin 2026, un rapport accablant sur la gestion du Printemps des comédiens sous la direction de Jean Varela. Les magistrats de la Chambre ont dénoncé des « dysfonctionnements de gestion importants », un manque de contrôle des instances de tutelle et une situation financière « préoccupante ». Ces critiques s’ajoutent aux tensions récurrentes entre la direction du festival et ses partenaires locaux, ainsi qu’à des retards répétés dans la publication des comptes. La nomination de Stéphane Gil intervient donc comme une réponse directe à ces manquements, avec pour mission de restaurer la confiance des artistes, des collectivités et du public. Autant dire que la tâche sera ardue, d’autant que le festival doit organiser sa 41e édition en 2027 sous haute surveillance.

— La Cité européenne du théâtre – Domaine d’O a été officiellement créée le 1er janvier 2025, marquant une nouvelle étape dans l’organisation du festival. Cette structure, qui regroupe plusieurs lieux de spectacle montpelliérains, vise à mutualiser les moyens et à renforcer la cohérence artistique du Printemps des comédiens. Stéphane Gil aura ainsi pour mission de consolider cette dynamique, tout en répondant aux attentes des tutelles en matière de transparence financière.

Une programmation exigeante et un mandat sous haute tension

Stéphane Gil ne se contentera pas de gérer les comptes : il devra aussi définir la ligne artistique de la prochaine édition du festival. Selon les termes du communiqué, il a été choisi pour son « attention et le soin portés aux artistes, aux équipes et au public », ainsi que pour ses « compétences en matière de production et de programmation ». Ces qualités devraient lui permettre de proposer une offre culturelle à la fois ambitieuse et accessible, en phase avec les attentes d’un public montpelliérain exigeant. Le jury, qui a départagé six candidats ou équipes, a souligné son « énergie » et sa « joie communicative », des atouts non négligeables dans un milieu souvent marqué par des tensions internes.

Bref, la pression sera forte pour ce nouveau directeur, qui devra concilier innovation artistique et rigueur budgétaire. Les prochains mois seront décisifs pour préparer la 41e édition, prévue en 2027, dans un contexte où chaque euro dépensé et chaque choix artistique seront scrutés à la loupe. Pour Stéphane Gil, l’enjeu est double : redonner au Printemps des comédiens sa place parmi les grands festivals français, tout en restaurant sa crédibilité auprès des institutions qui le financent.

Et maintenant ?

Stéphane Gil prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre 2026, avec pour première mission de finaliser la programmation de la 41e édition du Printemps des comédiens, prévue en 2027. D’ici là, il devra également présenter un plan de redressement financier à ses tutelles, dans l’objectif de rassurer les collectivités locales et l’État. Les prochaines étapes incluront la nomination de son équipe, la signature de conventions avec les artistes et la préparation des budgets prévisionnels pour les années à venir. Reste à voir si cette nomination suffira à apaiser les tensions accumulées au cours des dernières années ou si de nouvelles critiques émergeront d’ici l’ouverture du festival.

La nomination de Stéphane Gil marque donc un tournant pour le Printemps des comédiens, mais aussi pour l’ensemble du paysage culturel montpelliérain. Dans un contexte où les festivals doivent sans cesse justifier leur utilité sociale et leur gestion des deniers publics, son arrivée pourrait bien être perçue comme un test pour l’avenir des grandes manifestations artistiques en France.

Le Printemps des comédiens dispose d’un budget annuel de 7 millions d’euros, dont 4,4 millions de subventions publiques, soit environ 63 % du total. Cette part importante des fonds publics explique la pression exercée sur la gestion du festival, notamment après les critiques de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie.

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a pointé des dysfonctionnements de gestion importants, un manque de contrôle des instances de tutelle et une situation financière « préoccupante ». Ces critiques concernent notamment la gestion du festival sous la direction de Jean Varela, en poste de 2011 à 2025.