Le conseil fédéral des Verts, qui s’est tenu ce week-end des 6 et 7 juin 2026, a été marqué par l’annulation d’une motion visant à lancer une réflexion sur la stratégie du parti au sein de la gauche pour l’élection présidentielle de 2027. Selon Libération, cette initiative, portée par une partie de la base militante, a été retirée sous la pression des opposants internes à la direction actuelle, menée par Marine Tondelier. Autant dire que la question d’une alliance ou d’une division avec les autres forces de gauche n’a pas été tranchée, alors que le calendrier électoral s’accélère.

Ce qu'il faut retenir

  • Motion annulée : la proposition pour engager une discussion sur la stratégie 2027 a été retirée lors du conseil fédéral des 6 et 7 juin 2026.
  • Opposition interne : des membres du parti craignent que ce manque de débat ne place les Verts en position de retard par rapport à l’échéance présidentielle.
  • Direction en place : la motion était soutenue par des militants critiques envers la ligne actuelle de Marine Tondelier.
  • Calendrier serré : l’élection présidentielle de 2027 approche, rendant toute hésitation stratégique potentiellement préjudiciable.

L’annulation de cette motion intervient dans un contexte où les divisions au sein des Verts sur leur positionnement face à la gauche non écologiste – notamment le Parti socialiste ou La France insoumise – persistent. Selon plusieurs participants présents lors du conseil fédéral, les partisans de Marine Tondelier ont fait valoir que toute discussion prématurée risquait de fragiliser la cohésion du parti. « La motion a été retirée pour éviter une fracture interne », a confié l’un d’eux à Libération, soulignant que l’enjeu était désormais de « présenter une image unie » avant les prochaines échéances.

Pourtant, cette absence de débat laisse des questions en suspens. Les Verts, qui avaient réalisé un score historique aux dernières législatives, peinent à se positionner clairement dans un paysage politique en recomposition. Certains observateurs notent que le parti pourrait perdre du temps en évitant une clarification de sa stratégie, alors que le président sortant, dont le mandat s’achève en 2027, n’a pas encore annoncé s’il se représenterait. « Sans alliance claire, les Verts risquent de se retrouver isolés », estime un analyste politique contacté par Libération.

Le conseil fédéral a également abordé d’autres sujets, comme la préparation des municipales de 2026, mais l’élection présidentielle reste le sujet qui cristallise les tensions. Certains militants ont critiqué une direction jugée trop prudente, voire opportuniste, dans ses prises de position. « On a l’impression que le parti avance à reculons », a déploré une élue locale sous couvert d’anonymat. D’autres, en revanche, défendent la nécessité de temporiser pour ne pas s’aliéner des électeurs modérés.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour les Verts. Si le parti maintient sa stratégie actuelle d’évitement des débats stratégiques, il pourrait se retrouver dans une position délicate face à des alliés potentiels comme le Parti socialiste ou des adversaires comme La France insoumise. Une convention nationale est prévue à l’automne, mais aucune date précise n’a encore été annoncée pour aborder la question de l’alliance à gauche. La direction devra aussi clarifier sa position sur les questions économiques et sociales, deux sujets sur lesquels les Verts ont parfois été critiqués pour leur manque de propositions concrètes.

Reste à voir si les opposants internes parviendront à faire entendre leur voix avant cette échéance. Pour l’heure, la ligne défendue par Marine Tondelier semble consolidée, mais le risque d’un essoufflement militant n’est pas exclu. Les Verts devront donc rapidement trouver un équilibre entre unité interne et ambition politique pour peser dans la campagne de 2027.

Selon Libération, la motion visant à lancer ce débat a été retirée sous la pression des partisans de la direction actuelle, qui craignent une division interne et préfèrent temporiser pour présenter une image unie avant les prochaines échéances électorales.