La société Strategy, l’un des principaux « Bitcoin Treasuries » au monde, voit son action préférentielle STRC s’effondrer, alors que son fondateur, Michael Saylor, tente de lever des fonds pour accumuler davantage de bitcoins malgré la baisse du marché. Une situation qui interroge même Changpeng Zhao, le patron de Binance, qui a reconnu publiquement ne pas saisir pleinement le mécanisme de cette action, selon Cryptoast.

Ce qu'il faut retenir

  • Strategy mise tout sur l’accumulation de bitcoins, même en période de baisse des cours, via des montages financiers complexes.
  • L’action préférentielle STRC, conçue pour lever des capitaux avec une valeur nominale de 100 dollars, s’échange désormais à seulement 15 % de ce seuil.
  • Malgré un rendement théorique de 14,4 %, les investisseurs semblent se désintéresser du STRC, au point que Changpeng Zhao admet ne pas comprendre son fonctionnement.
  • Michael Saylor a récemment vendu 32 bitcoins, alimentant les débats sur son rôle de « héros » ou de « traître » dans cette stratégie.
  • Un nouveau plan de Saylor prévoit de vendre des bitcoins plutôt que d’émettre de nouvelles actions, ce qui divise la communauté crypto.

Une action préférentielle en chute libre

Depuis plusieurs mois, Strategy multiplie les annonces pour lever des fonds et acheter des bitcoins, malgré un marché baissier. Pour financer ces acquisitions, la société a recours à des montages financiers sophistiqués, dont l’action préférentielle STRC. Conçue comme un instrument hybride, cette dernière devait offrir une stabilité relative avec une valeur nominale fixée à 100 dollars. Pourtant, son cours s’effondre actuellement, flirtant avec seulement 15 % de ce seuil historique, selon les données disponibles.

Le mécanisme du STRC repose sur une promesse de rendement attractif : son taux passe à 14,4 % lorsque son prix baisse, dans l’espoir de redynamiser son marché. Pourtant, cette mécanique ne semble plus convaincre les investisseurs, qui boudent cette action de plus en plus opaque. Une désaffection qui contraste avec l’ambition affichée par Strategy de devenir le premier « Bitcoin Treasury » mondial.

Changpeng Zhao, figure emblématique de la crypto, admet son incompréhension

Lors d’un passage dans l’émission The Starting Block, Changpeng Zhao, fondateur de la plateforme Binance, a confié ne pas comprendre le fonctionnement du STRC. « J’ai essayé de comprendre le STRC et je ne pense pas avoir totalement réussi », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je ne me considère pas comme plus intelligent que la moyenne, et si c’est le cas, cela signifie que d’autres ne le comprennent pas non plus. »

Cette déclaration, bien que formulée avec humour, révèle un paradoxe troublant : comment un instrument financier aussi central dans la stratégie de Strategy peut-il échapper à la compréhension d’un acteur majeur comme Zhao ? Pour lui, le STRC relève presque de la « boîte noire », un produit trop complexe, reposant sur « plusieurs niveaux de levier » difficiles à appréhender. Une analyse qui interroge sur la transparence et la lisibilité de ces instruments financiers dans l’écosystème crypto.

Michael Saylor, entre héros et traître selon les observateurs

Le fondateur de Strategy, Michael Saylor, est au cœur d’une polémique depuis qu’il a vendu 32 bitcoins en juin dernier. Une opération qui a alimenté les spéculations sur sa stratégie : certains y voient une tentative désespérée de financer ses achats massifs de BTC, tandis que d’autres l’accusent de trahison envers la communauté crypto, attachée à la rareté du bitcoin.

Interrogé sur cette vente, Zhao a tenté de nuancer le débat : « Il se trouve probablement quelque part entre les deux, mais plutôt du côté du héros. » Une prise de position qui illustre la division au sein de la communauté, où Saylor cristallise les tensions entre vision à long terme et impératifs financiers immédiats.

Dans ce contexte, Saylor a proposé un nouveau plan pour Strategy : vendre des bitcoins plutôt que d’émettre de nouvelles actions. Une stratégie qui, si elle est adoptée, pourrait modifier radicalement la dynamique de l’entreprise et relancer le débat sur son rôle dans l’écosystème crypto.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour Strategy et son action STRC. Si le cours du STRC ne remonte pas, la société pourrait devoir revoir en profondeur sa stratégie de financement. La communauté crypto, elle, attend avec impatience les détails du plan de Michael Saylor, dont la mise en œuvre pourrait être annoncée d’ici la fin du mois de juillet 2026. Reste à savoir si les investisseurs lui feront à nouveau confiance dans un marché aussi volatile.

Par ailleurs, l’aveu de Changpeng Zhao sur son incompréhension du STRC soulève une question plus large : celle de la complexité croissante des instruments financiers dans la crypto, et de leur accessibilité pour les acteurs majeurs du secteur. Un sujet qui pourrait alimenter les discussions lors des prochains sommets dédiés à la régulation et à l’innovation financière.

Enfin, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés les « Bitcoin Treasuries », ces entreprises dont la valorisation dépend presque exclusivement de la performance du bitcoin. Leur capacité à lever des fonds et à maintenir la confiance des investisseurs pourrait déterminer l’avenir de ce modèle économique émergent.

Un « Bitcoin Treasury » est une entreprise ou une société qui détient une part importante de ses réserves en bitcoins, dans l’objectif de bénéficier de la valorisation de cette cryptomonnaie. Strategy est l’un des exemples les plus médiatisés de ce modèle, qui vise à combiner investissement long terme et croissance financière.

Plusieurs facteurs expliquent la chute du STRC. D’abord, son mécanisme repose sur la confiance des investisseurs dans la stratégie de Strategy, or celle-ci est fragilisée par la baisse du bitcoin. Ensuite, la complexité du produit le rend peu attractif pour des acteurs qui peinent à en comprendre le fonctionnement. Enfin, les récentes ventes de bitcoins par Michael Saylor ont alimenté les doutes sur la solidité du modèle.