Le géant français des services à l’environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l’eau d’une valeur de 2 milliards d’euros sur 15 ans à Oman, l’un des plus importants de son histoire, a annoncé ce lundi son directeur général, Xavier Girre, selon BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 milliards d’euros sur 15 ans : le contrat remporté par Suez à Oman est l’un des plus importants de son histoire.
  • Gestion et maintenance des services d’eau potable et d’assainissement pour 2,3 millions d’habitants (43 % de la population omanaise).
  • Exploitation de 240 puits et 10 700 km de canalisations, avec pour objectif de distribuer 470 000 m³ d’eau potable par jour.
  • Modernisation de 4 usines de dessalement et gestion de 22 stations d’épuration, dont la réutilisation des eaux traitées.
  • 33 indicateurs clés de performance et de durabilité, avec une rémunération conditionnée à leur atteinte, notamment une réduction des fuites de 34 % à 11 % d’ici 2040.

Ce contrat, signé lors de la visite d’État en France du sultan d’Oman Haitham bin Tarik, porte sur la gestion et la maintenance des services d’eau potable et d’assainissement dans la capitale Mascate ainsi que dans les gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud. Il couvre un territoire où vivent 2,3 millions de personnes, soit 43 % de la population du Sultanat, précise Suez.

Dans un pays confronté à une raréfaction des ressources en eau et à une croissance démographique soutenue, le groupe français aura pour mission d’exploiter et de maintenir 240 puits et 10 700 km de canalisations, tout en assurant la distribution de 470 000 m³ d’eau potable quotidiennement. Parmi les engagements majeurs, Suez devra moderniser 4 usines de dessalement et prendre en charge 22 stations d’épuration, dont la réutilisation des eaux usées traitées.

« Ce contrat figure dans le top 3 de l’histoire de Suez », a déclaré Xavier Girre, le directeur général du groupe, lors d’un entretien à l’AFP. « Nous allons devoir relever des défis importants, notamment en matière de réduction des fuites et de garantie d’une alimentation en eau 24 heures sur 24. »

Le contrat, qualifié de « contrat de performance », repose sur 33 indicateurs clés liés à la durabilité et à la qualité du service. La rémunération de Suez sera directement conditionnée à l’atteinte de ces objectifs, dont la réduction drastique des fuites d’eau, passant de 34 % actuellement à 11 % d’ici 2040. Une autre priorité absolue sera de garantir une alimentation en eau 24h/24 pour les populations concernées.

Pour mener à bien ces missions, Suez mobilisera 24 experts internationaux, en partenariat avec 100 experts locaux. Ces derniers travailleront en collaboration avec deux partenaires omanais, la National Trading Company et le National Energy Center, co-signataires du contrat. À terme, plus de 83 % des effectifs impliqués dans ce projet seront omanais, souligne Xavier Girre.

Ce contrat s’inscrit dans la continuité de l’implantation de Suez au Moyen-Orient, une région où le groupe est déjà bien positionné, notamment en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Toutefois, il s’agit du plus important jamais remporté par Suez dans cette zone géographique, où la demande en solutions durables pour la gestion de l’eau ne cesse de croître.

Un pays en tension hydrique face à une demande croissante

Oman, comme d’autres pays de la région, fait face à une pression accrue sur ses ressources en eau, en raison d’une population en forte croissance et d’une urbanisation rapide. Le Sultanat mise depuis plusieurs années sur des infrastructures modernes pour sécuriser son approvisionnement, dont des usines de dessalement parmi les plus performantes au monde. La gestion de ces infrastructures, souvent coûteuses en énergie et en maintenance, représente un enjeu stratégique pour les autorités omanaises.

Dans ce contexte, le partenariat avec Suez, reconnu pour son expertise internationale en matière de gestion de l’eau, devrait permettre d’améliorer significativement l’efficacité du réseau. Le contrat prévoit notamment des investissements massifs dans la modernisation des installations, ainsi que dans la formation des équipes locales pour renforcer l’autonomie du pays dans ce domaine.

Suez renforce sa position sur le marché mondial de l’eau

Avec ce nouveau contrat, Suez confirme son rôle de leader mondial dans les services environnementaux, un secteur en pleine expansion face aux défis climatiques et démographiques. Le groupe, qui opère déjà dans plus de 50 pays, mise sur des partenariats public-privé pour développer des solutions innovantes et durables. À Oman, l’accent sera mis sur la performance opérationnelle et la réduction des pertes, deux leviers essentiels pour assurer la pérennité des ressources.

« Nous sommes fiers de contribuer à un projet d’une telle envergure, qui s’inscrit dans notre ambition de créer un avenir plus durable pour les populations et les écosystèmes », a ajouté Xavier Girre. Ce contrat marque également une étape importante dans la stratégie du groupe, qui vise à consolider sa présence dans les régions confrontées à des stress hydriques sévères.

Et maintenant ?

La mise en œuvre du contrat devrait débuter dès la signature définitive, prévue dans les prochains mois. Les premières phases du projet incluront l’audit des infrastructures existantes, la formation des équipes locales et le lancement des travaux de modernisation. Selon Suez, les premiers résultats en matière de réduction des fuites et d’amélioration de la qualité du service pourraient être visibles d’ici 2 à 3 ans. Par ailleurs, le groupe pourrait être amené à proposer des solutions similaires dans d’autres pays de la région, où les besoins en gestion durable de l’eau sont tout aussi pressants.

Ce contrat renforce par ailleurs la crédibilité de Suez dans les appels d’offres internationaux, où la maîtrise des technologies de dessalement et de réutilisation des eaux usées devient un critère décisif. Pour l’Oman, il s’agit d’un levier pour sécuriser son approvisionnement en eau tout en réduisant sa dépendance aux importations de ressources énergétiques nécessaires au fonctionnement des usines de dessalement.

Les principaux défis incluent la réduction des fuites d’eau, actuellement estimées à 34 %, pour atteindre 11 % d’ici 2040, ainsi que la modernisation de 4 usines de dessalement et la gestion de 22 stations d’épuration. La garantie d’une alimentation en eau 24h/24 pour 2,3 millions d’habitants représente également un enjeu majeur, compte tenu des contraintes climatiques et démographiques du Sultanat.

Suez prévoit de mobiliser 100 experts locaux en partenariat avec les deux co-signataires omanais, la National Trading Company et le National Energy Center. Le groupe s’engage à ce que plus de 83 % des effectifs impliqués dans le projet soient omanais à terme, ce qui implique un transfert de compétences et une formation intensive des équipes locales.