L'archipel américain des Mariannes du Nord, situé dans le Pacifique, subit les conséquences du super-typhon Bavi, classé équivalent à un ouragan de catégorie 5. Selon BMF - International, l'île de Rota, peuplée d'environ 1 500 habitants, a été particulièrement touchée par des vents atteignant 290 km/h, rendant la zone « inhabitable pour des semaines, voire plus longtemps ».
Ce qu'il faut retenir
- Rota, île de 1 500 habitants dans l'archipel des Mariannes du Nord, déclarée inhabitable après le passage du super-typhon Bavi.
- Des rafales à 290 km/h enregistrées, avec des rafales potentielles jusqu'à 350 km/h selon les prévisions.
- Dégâts majeurs signalés : destruction des toits, effondrement des murs, et inondations sur une grande partie de l'île.
- Le Service météorologique américain (NWS) évoque des vagues pouvant atteindre 10,7 mètres, créant des conditions « extrêmement dangereuses » en mer.
- 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas et 6 700 lits de camp prépositionnés à Guam pour les secours.
- L'Organisation météorologique internationale (OMI) relie ce phénomène à l'arrivée d'El Niño dans le Pacifique tropical.
Un super-typhon d'une violence exceptionnelle
Le super-typhon Bavi a frappé Rota dans la nuit du 5 au 6 juillet 2026, avec des vents si puissants que le Service météorologique américain (NWS) a évoqué un « danger mortel » pour les habitants. « Le mur occidental de l'œil du typhon est actuellement en train de traverser l'île », avait précisé l'organisme avant l'impact, confirmant des rafales à 290 km/h. Selon les experts, ce phénomène correspond à un ouragan de catégorie 5, capable de souffler des vents encore plus violents, jusqu'à 350 km/h.
Les autorités locales, dont Lou Rosario, porte-parole du centre opérationnel de la mairie de Rota, ont confirmé l'ampleur des dégâts. « Nous subissons actuellement des vents violents et des inondations. Certaines personnes signalent déjà des dégâts majeurs », a-t-elle déclaré. Le NWS avait mis en garde contre des « dégâts catastrophiques » et une situation « extrême » pour les populations.
Rota, une île dévastée et isolée
La majorité des habitations de Rota, souvent construites sans matériaux renforcés, ont subi des dommages irréversibles. « De nombreuses constructions non en béton seront détruites, avec une destruction totale des toits et l'effondrement des murs », a détaillé le NWS. L'île, déjà frappée par des pluies diluviennes, est désormais considérée comme « inhabitable pour des semaines, voire plus longtemps » par les autorités météorologiques. Les vagues, pouvant atteindre 10,7 mètres, ont également rendu les conditions maritimes « extrêmement dangereuses », empêchant toute évacuation par la mer.
Les infrastructures locales ont également été touchées. À Rota, des services de téléphonie mobile ont été interrompus après la chute d'une antenne-relais, tandis que les routes étaient impraticables en raison des inondations. « En travaillant ensemble et en prenant les précautions nécessaires, nous pouvons contribuer à protéger nos familles, nos voisins et notre communauté. Nous prions pour la sécurité de notre peuple », a souligné Aubry Hocog, le maire de l'île, dans une déclaration recueillie par BMF - International.
Guam et les Mariannes du Nord en alerte maximale
Si Rota a été la plus touchée, l'archipel des Mariannes du Nord et l'île de Guam, située à proximité, ont également subi les assauts du typhon. Le nord de Guam a enregistré des vents équivalents à ceux d'un ouragan de catégorie 1, provoquant des perturbations généralisées. Les routes étaient désertes dimanche, balayées par des pluies battantes et des rafales violentes. Les vols vers et depuis l'archipel ont été annulés, laissant des centaines de voyageurs bloqués, comme Miku Sakurai, une touriste japonaise de 25 ans. « Nous resterons à l'hôtel quand la tempête arrivera. Ça me fait peur », a-t-elle confié à l'AFP.
Pour faire face à la crise, les autorités ont mis en place des mesures d'urgence. Cinq centres d'évacuation ont été ouverts dans des écoles de Guam, avec une capacité d'accueil de 1 900 personnes, principalement celles vivant dans des habitations vulnérables. Plus de 1,1 million de litres d'eau, 1,2 million de repas, 6 700 lits de camp et 90 générateurs ont été prépositionnés par l'agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) et la protection civile locale. L'hôtel Guam Plaza, équipé d'un groupe électrogène capable de fonctionner « deux à trois jours », a accueilli des centaines de personnes, dont 70 % d'habitants.
Un archipel déjà éprouvé par les cyclones
Les îles Mariannes du Nord et Guam ne sont pas étrangères aux catastrophes naturelles. En avril 2026, le super-typhon Sinlaku avait privé des dizaines de milliers de personnes d'électricité, tandis qu'en 2023, le typhon Mawar avait causé d'importants dégâts matériels. Ces événements récurrents soulignent la vulnérabilité de la région face aux phénomènes météorologiques extrêmes, accentuée par le réchauffement climatique et le phénomène El Niño, déjà actif dans le Pacifique tropical selon l'Organisation météorologique internationale (OMI).
El Niño, qui survient généralement tous les deux à sept ans, réchauffe les eaux du centre et de l'est du Pacifique équatorial. Ce changement modifie les régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale, pouvant aggraver l'intensité et la fréquence des catastrophes naturelles. « Certains effets sont décalés dans le temps », ont précisé les chercheurs, ouvrant la « boîte noire » des conséquences à long terme de ces perturbations climatiques.
Les prochaines échéances à surveiller incluent la publication d'un bilan définitif des victimes et des dégâts matériels, prévue pour la fin de la semaine. Les autorités locales devraient également annoncer un plan de relance économique pour les îles touchées, dont l'économie dépend en grande partie du tourisme.
Le NWS a estimé que la majorité des habitations de Rota, non construites en matériaux renforcés, ont subi des dégâts irréparables. Les toits sont détruits, les murs effondrés, et les inondations persistent, rendant l'île dangereuse pour ses habitants pendant plusieurs semaines.