Depuis le 30 mars 2026, les vols humanitaires assurés par les appareils du Service aérien humanitaire des Nations Unies (Unhas) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont suspendus dans les régions septentrionales du Mali. Selon RFI, cette interdiction, qui dure depuis plus de dix jours, n’a fait l’objet d’aucune communication officielle de la part des autorités maliennes de transition ni des organisations humanitaires concernées. Pourtant, des sources consultées par la radio confirment que cette mesure prolongée s’inscrirait dans le cadre d’opérations militaires en cours.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de dix jours sans vols humanitaires dans le nord du Mali, depuis le 30 mars 2026.
- L’interdiction vise les appareils de l’Unhas et du CICR, selon les informations révélées par RFI.
- Aucune annonce officielle des autorités maliennes de transition ou des organisations humanitaires n’a été publiée à ce jour.
- Les sources évoquent un lien entre cette suspension et des opérations militaires en cours dans la zone.
Cette suspension des vols humanitaires, initialement signalée par RFI le 3 avril 2026, s’étend désormais sur une durée dépassant une semaine. Les appareils concernés, chargés d’acheminer du matériel médical, des vivres et des équipes humanitaires, se voient contraints de rester au sol. Si les raisons de cette interdiction ne sont pas officiellement détaillées, des interlocuteurs locaux, cités par la radio, laissent entendre qu’elle pourrait être liée à des mouvements de troupes ou à des opérations de sécurité en cours dans les régions du nord.
Les conséquences de cette suspension commencent à se faire sentir sur le terrain. Les organisations humanitaires, qui dépendent largement de ces liaisons aériennes pour accéder aux populations isolées, doivent désormais explorer des alternatives terrestres ou attendre une levée de l’interdiction. Le CICR, par exemple, intervient régulièrement dans des zones difficiles d’accès, où les routes sont parfois impraticables ou contrôlées par des groupes armés. Pour ces acteurs, chaque jour sans vol représente un risque accru pour les populations vulnérables.
Côté autorités, le silence persiste. Ni la junte militaire au pouvoir à Bamako, ni les représentants du gouvernement de transition n’ont émis de communiqué pour expliquer ou justifier cette mesure. Pourtant, les organisations humanitaires, qui opèrent souvent en collaboration avec les forces locales, pourraient être les premières affectées par cette situation. Comme l’a souligné un responsable du CICR sous couvert d’anonymat : « Cette suspension nous place dans une situation délicate. Nous devons adapter nos plans, mais sans garantie sur la durée de cette interdiction, il est difficile d’anticiper nos prochaines actions ».
Cette crise illustre, une fois encore, les défis auxquels font face les acteurs humanitaires dans une région où les impératifs militaires et les besoins civils s’entremêlent souvent. Pour les observateurs, la question n’est plus de savoir si les vols reprendront, mais quand – et à quel prix pour les populations concernées.
Les vols humanitaires sont suspendus dans les régions du nord du Mali, une zone couvrant notamment les zones de Gao, Tombouctou, Kidal et Ménaka, selon les informations rapportées par RFI.
