Dimanche 8 février 2026, le Japon a voté. Et le verdict est sans appel : Sanae Takaichi, première femme à diriger l'archipel, confirme son statut de force politique majeure. Son parti, le PLD, réalise un score historique. Autant dire que la donne politique vient de changer.

Une victoire à la mesure de l'enjeu

On pourrait croire à un scénario écrit d'avance. Les premières estimations, relayées par la NHK, sont sans appel : le PLD et son allié Ishin décrochent la majorité des deux tiers. Résultat des courses ? Plus de 300 sièges sur 465 à la Chambre basse. Un retour en force après la défaite de 2024.

Côté opposition, c'est la douche froide. Le CDP et ses alliés pourraient perdre les deux tiers de leurs sièges. Quant au Sanseito, parti anti-immigration, il double sa représentation mais reste marginal. (On est loin des scores de l'extrême droite en Europe, hein.)

Alors, surprise ? Pas vraiment. Takaichi surfe sur une popularité intacte. Moins de quatre mois après son arrivée, elle a su capter l'attention. Ses promesses économiques, son discours sécuritaire - tout y est passé. Et ça marche.

Une alliance nippo-américaine plus forte que jamais

La première ministre n'a pas perdu de temps. Dès dimanche soir, elle a tweeté son enthousiasme. Direction la Maison Blanche au printemps, pour renforcer l'alliance avec les États-Unis. Un partenariat qu'elle qualifie de "sans limites".

Donald Trump, toujours président, a fait savoir son soutien. Son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a salué "une grande victoire" pour "une grande alliée". Le message est clair : quand le Japon est fort, les États-Unis le sont aussi en Asie.

Mais attention, derrière les déclarations d'amitié, les enjeux sont sérieux. Taïwan, la Chine, les tensions régionales... Takaichi a déjà montré ses muscles. En novembre, elle évoquait une possible intervention militaire en cas d'attaque contre Taïwan. Pékin a mal pris la remarque. Résultat : des représailles économiques ciblées contre l'industrie japonaise.

Économie et immigration : les défis de Takaichi

La première ministre a promis une politique budgétaire "responsable". Facile à dire. Ses premières annonces ont déjà fait bondir les marchés. Un plan de relance de 110 milliards d'euros, une exonération de TVA sur les produits alimentaires... Autant de mesures pour calmer l'inflation, qui dépasse 2% depuis trois ans.

Et puis, il y a l'immigration. Takaichi, ultraconservatrice, a durci les critères. "Pour éviter les terroristes et les espions industriels", dit-elle. Une ligne dure qui plaît à une partie de l'électorat, mais qui fait grincer des dents ailleurs.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne manque pas de caractère. Admiratrice de Margaret Thatcher, elle se présente comme une femme d'action. "Pousser le bouton de la croissance", voilà son credo. Reste à savoir si les électeurs lui donneront les moyens de ses ambitions.

Vers un nouveau mandat historique ?

Le PLD, au pouvoir quasi sans interruption depuis des décennies, a retrouvé les faveurs des électeurs. Pourtant, en 2024, c'était la déroute. Scandales de "caisses noires", colère face à l'inflation... Le parti avait perdu la majorité. Aujourd'hui, il revient en force.

Takaichi a su jouer la carte de la transparence. En janvier, elle a dissous la Chambre basse, déclenchant une campagne éclair de seize jours. Un pari risqué, mais qui a payé. "Takaichi est-elle apte à être première ministre ?", lançait-elle aux électeurs. La réponse est là : oui.

Reste à voir comment elle va gérer les dossiers sensibles. L'économie, bien sûr, mais aussi les relations avec la Chine. Et puis, il y a la question de la défense nationale. Takaichi a promis de renforcer les capacités militaires du Japon. Un sujet qui ne laisse personne indifférent.

Une chose est sûre : le Japon vient de tourner une page. Et la suite s'annonce passionnante.

La première ministre japonaise a dissous la Chambre basse le 19 janvier 2026, déclenchant une campagne éclair de seize jours. Elle a justifié cette décision en affirmant vouloir laisser le peuple souverain décider de son aptitude à diriger le pays. Un pari risqué, mais qui s'est avéré payant.

Sanae Takaichi a promis de mener une politique budgétaire "responsable" et de "construire une économie forte et résiliente". Parmi ses mesures phares : un plan de relance de plus de 110 milliards d'euros et une exonération de la taxe à la consommation de 8% sur les produits alimentaires pour atténuer l'impact de l'inflation sur les ménages.

Pékin a mal pris les déclarations de Sanae Takaichi évoquant une possible intervention militaire en cas d'attaque contre Taïwan. En représailles, la Chine a ciblé l'industrie japonaise. Les tensions sino-japonaises ont pris une nouvelle ampleur depuis ces déclarations.