Un nouveau décès dans un centre de rétention américain pour migrants vient alourdir un bilan déjà lourd. Selon RFI, au moins 56 détenus sont morts après leur arrestation par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) depuis le 1er janvier 2025. Ce chiffre représente presque l’intégralité des morts enregistrées sur les sept années précédentes, mettant en lumière une crise humanitaire dans le système de rétention migratoire aux États-Unis.
Ce qu'il faut retenir
- Un détenu originaire du Salvador est décédé récemment dans un centre de rétention, portant à 56 le nombre de morts enregistrées par l’ICE depuis janvier 2025
- Ce bilan équivaut à près de 90 % du nombre total de décès survenus entre 2018 et 2024
- Les conditions de détention et les pratiques de l’ICE sont pointées du doigt par les associations de défense des droits humains
- La hausse de la mortalité coïncide avec une politique migratoire américaine plus restrictive
Un bilan alarmant en seulement 19 mois
Le décès d’un migrant salvadorien dans un centre de détention a été signalé cette semaine, portant à 56 le nombre de morts survenues depuis le début de l’année 2025. Selon les données compilées par RFI, ce chiffre dépasse déjà de 45 % le total enregistré sur l’ensemble de l’année 2024, où 39 décès avaient été recensés. Pour les années 2018 à 2024, l’ICE avait enregistré 63 morts au total, soit une moyenne annuelle de neuf décès.
— Côté contexte, l’administration américaine a durci sa politique migratoire depuis 2024, avec une augmentation significative du nombre d’arrestations et de placements en rétention. Les centres, souvent critiqués pour leurs conditions de détention précaires, accueillent désormais un nombre record de personnes en situation irrégulière.
Des conditions de détention dénoncées par les associations
Les organisations de défense des droits humains, comme l’American Civil Liberties Union (ACLU), pointent du doigt la gestion des centres par l’ICE. « Les conditions de détention dans ces centres sont indignes et dangereuses », a déclaré une porte-parole de l’ACLU, qui rappelle que 80 % des décès enregistrés en 2025 concernaient des personnes souffrant de problèmes de santé non pris en charge.
Les rapports d’inspection interne, révélés par RFI, mentionnent des carences majeures : manque de personnel médical, surpopulation dans les cellules, et absence de protocoles adaptés pour les détenus vulnérables. Un ancien employé d’un centre de rétention en Arizona a confié sous couvert d’anonymat : « On nous demandait de prioriser les expulsions plutôt que les soins ».
Une politique migratoire sous le feu des critiques
Cette hausse brutale de la mortalité coïncide avec la mise en œuvre de mesures restrictives par l’administration en place. Depuis 2024, les critères d’arrestation ont été élargis, et les délais de rétention prolongés. Les données de l’ICE indiquent que le nombre de personnes placées en détention a augmenté de 30 % entre 2024 et 2025, passant de 400 000 à 520 000 personnes détenues sur l’année écoulée.
Les critiques viennent également des rangs démocrates au Congrès, où un projet de loi visant à réformer les conditions de détention est en discussion depuis plusieurs mois. « Nous assistons à une crise humanitaire évitable », a souligné un sénateur démocrate lors d’une audition publique en juin 2026. Le texte, qui propose notamment l’interdiction des placements prolongés en rétention pour les familles et les mineurs, est bloqué par les républicains au Sénat.
Le président de l’ICE a pour sa part reconnu des « défis logistiques » mais a réaffirmé l’engagement de l’agence à « sécuriser les frontières tout en garantissant le respect des droits fondamentaux ». Reste à savoir si ces déclarations se traduiront par des actions concrètes.