Les rendements des obligations de long terme dans les principales économies européennes ont atteint, mardi, des sommets inédits depuis plusieurs années, tandis que le rendement des bons du Trésor américains à 30 ans est monté à son plus haut niveau depuis près de vingt ans, selon Euronews FR.
Cette vague de ventes intervient alors que s'amenuisent les espoirs d'une résolution rapide du conflit avec l'Iran, ce qui propulse les cours du pétrole à la hausse et ravive les craintes d'une inflation tenace. Le baril de Brent, référence internationale, s'échangeait à près de 91 dollars mardi matin, sur fond de tensions accrues au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Le rendement à 10 ans français est au plus haut depuis 17 ans.
- Le rendement du Bund allemand à 10 ans est au plus haut depuis 2011.
- Les investisseurs parient de plus en plus sur un resserrement monétaire dans la zone euro.
- La probabilité d'une hausse des taux en septembre de la part de la Banque centrale européenne (BCE) est évaluée à 90 %.
- Le rendement des emprunts d'État à 30 ans aux États-Unis a atteint 5,33 %, un niveau inédit depuis 2007.
Contexte et explications
Richard Carter, responsable de la recherche taux chez Quilter Cheviot, explique que « la rupture des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran accroît le risque de voir les prix de l'énergie rester élevés jusqu'à la fin de l'année, ce qui pourrait maintenir l'inflation à un niveau supérieur aux attentes et augmenter la probabilité de nouvelles hausses de taux par les banques centrales ».
Les marchés évaluent à 90 % la probabilité d'une hausse des taux en septembre de la part de la Banque centrale européenne (BCE), selon la plateforme Trading Economics.
Conséquences et impacts
La hausse du coût de l'endettement pèse sur les économies et renchérit le financement de nombreux types d'investissements. Comme les Trésors publics se financent en permanence sur les marchés obligataires, l'effet de cette envolée des rendements se répercutera progressivement sur leur coût de financement au fur et à mesure du refinancement des dettes arrivant à échéance.
Selon S&P Global Ratings, l'Italie devrait refinancer en 2026 une dette arrivant à maturité équivalente à 17 % de son PIB, contre 12 % pour la France et 7 % pour l'Allemagne comme pour le Royaume-Uni.
Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour déterminer l'évolution des taux d'intérêt et des rendements obligataires, en fonction de l'évolution de la situation géopolitique et des indicateurs économiques.