À Téhéran, la guerre ne se mène pas uniquement sur les champs de bataille. Comme le rapporte France 24, la capitale iranienne se transforme en un vaste écran de propagande où des affiches monumentales façonnent le récit officiel du régime. Cette stratégie visuelle, héritée de la Révolution islamique de 1979, connaît un regain d’efficacité grâce à l’intelligence artificielle, permettant de diffuser un message contrôlé bien au-delà des frontières nationales.
Ce qu'il faut retenir
- Des affiches de propagande géantes ornent les murs de Téhéran, illustrant la version officielle de la guerre menée par l’Iran.
- Cette campagne visuelle, née avec la Révolution islamique, s’appuie désormais sur des outils d’intelligence artificielle pour amplifier son impact.
- Le régime iranien utilise ces supports pour façonner l’opinion publique, tant en interne qu’à l’international.
Une tradition de propagande urbaine remontant à 1979
Depuis la chute du Shah et l’avènement de la République islamique, Téhéran est un laboratoire de communication politique. Les murs de la ville sont depuis longtemps recouverts d’affiches célébrant les valeurs révolutionnaires, les martyrs ou les victoires militaires. Selon France 24, cette pratique s’est institutionnalisée au fil des décennies, devenant un outil central de la politique de communication du régime. Les images, souvent réalisées avec des moyens artisanaux à l’origine, ont évolué avec les technologies modernes.
L’intelligence artificielle, nouveau fer de lance de la propagande
L’innovation technologique a donné un souffle nouveau à cette tradition. Les affiches actuelles, parfois générées ou retouchées par des algorithmes, gagnent en précision et en impact visuel. Les autorités iraniennes exploitent ces outils pour créer des visuels percutants, capables de capter l’attention dans l’espace public comme sur les réseaux sociaux. « Les algorithmes permettent de produire des contenus adaptés aux tendances virales, ce qui étend la portée de notre message bien au-delà des frontières », a expliqué un responsable du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique, cité par France 24.
Les thèmes récurrents de ces campagnes incluent la résistance face à l’Occident, la glorification des forces armées ou encore la dénonciation des sanctions internationales. Les slogans, souvent en farsi et en anglais, visent à toucher à la fois la population locale et une audience étrangère.
Un message à double cible : intérieur et extérieur
Ces affiches ne s’adressent pas uniquement aux Iraniens. En ciblant les passants dans les rues animées de Téhéran, mais aussi les internautes à l’échelle mondiale, le régime cherche à projeter une image de puissance et de cohésion. Les visuels, parfois monumentaux – certains atteignant plusieurs dizaines de mètres de haut –, sont conçus pour marquer les esprits. « Ces supports servent à rappeler que l’Iran reste debout face aux pressions extérieures, et que sa détermination ne faiblira pas », précise un analyste politique iranien sous couvert d’anonymat.
Les sujets abordés reflètent souvent les priorités géopolitiques du moment. Depuis 2020, les affiches liées au programme nucléaire ou aux tensions avec Israël et les États-Unis se sont multipliées. Les images de missiles ou de drones, parfois accompagnées de messages comme « Mort à l’Amérique » ou « Israël sera rayé de la carte », sont devenues des éléments récurrents du paysage urbain.
Une efficacité difficile à mesurer, mais une présence incontournable
Si l’impact réel de ces campagnes sur l’opinion publique reste difficile à évaluer, leur omniprésence dans l’espace public en fait un marqueur fort de la stratégie de communication du régime. Les autorités iraniennes y voient un moyen de renforcer le sentiment nationaliste et de contrer les narratives occidentales. « Même si tous ne croient pas à ces messages, leur répétition constante finit par ancrer certaines idées dans l’inconscient collectif », analyse un chercheur en communication politique à l’université de Téhéran.
Pour les observateurs internationaux, ces affiches offrent aussi un aperçu des priorités du pouvoir. Les thématiques choisies, souvent en lien avec les crises régionales ou les conflits armés, permettent de décrypter les lignes rouges du régime. « Chaque affiche est une pièce du puzzle que constitue la stratégie globale de l’Iran », souligne un expert en géopolitique proche de l’IFRI.
Dans un contexte où les tensions régionales persistent, Téhéran mise sur ces outils pour maintenir sa ligne politique et contrer les influences extérieures. Une chose est sûre : tant que le régime estimera que cette stratégie sert ses intérêts, les murs de la capitale continueront de porter son récit.
Selon France 24, le régime iranien s’appuie sur ces supports pour diffuser sa version des événements, renforcer la cohésion nationale et contrer les narratives occidentales. Ces affiches, souvent monumentales, sont conçues pour marquer durablement l’espace public et l’opinion, tant locale qu’internationale.