La numéro un mondiale du tennis féminin, Aryna Sabalenka, a apporté ce lundi son soutien explicite à la nouvelle politique d’éligibilité de la WTA, qui impose désormais des tests génétiques pour vérifier le sexe biologique des joueuses. Selon Le Figaro, cette décision, officialisée le 1er juillet 2026, s’inscrit dans le cadre des Jeux olympiques de Los Angeles 2028 et vise à préserver l’équité des compétitions féminines.
Ce qu’il faut retenir
- La WTA impose désormais des tests génétiques de dépistage du sexe biologique à toutes ses joueuses depuis le 1er juillet 2028.
- Ces tests deviennent obligatoires pour participer aux compétitions du circuit féminin, sous peine de suspension en cas de résultat positif.
- Aryna Sabalenka, actuelle n°1 mondiale, a publiquement soutenu cette mesure, estimant qu’elle est « tout à fait équitable ».
- Une seule joueuse transgenre, Renée Richards, a pu participer au circuit WTA dans les années 1970, après une décision de justice.
- Cette décision suscite des débats, notamment en France, où l’ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera a critiqué la précipitation de sa mise en œuvre.
Une mesure controversée mais jugée nécessaire par la WTA
Présente en conférence de presse à la veille du WTA 1000 de Toronto, Aryna Sabalenka a défendu avec fermeté la nouvelle règle. « Biologiquement, les hommes sont beaucoup plus forts que les femmes. Ce ne serait pas juste que des femmes affrontent des hommes biologiques », a-t-elle déclaré. La Biélorusse, qui pourrait perdre sa place de numéro un mondiale après ce tournoi, a souligné l’importance de préserver l’équité dans le sport féminin. « Je pense qu’il est très important de préserver l’équité », a-t-elle ajouté, avant d’affirmer : « Si nous devons toutes être testées, je serais heureuse de le faire. C’est tout à fait équitable, alors gardons les choses ainsi. »
La WTA a justifié cette décision par la nécessité de garantir un niveau de compétition juste et sécurisé pour toutes les athlètes. Selon les termes officiels, les joueuses dont le test se révélerait négatif pourraient participer aux compétitions, tandis que celles dont le résultat serait positif feraient l’objet d’une « évaluation complémentaire » avant une éventuelle suspension. Cette politique s’appliquera dès maintenant, bien que les Jeux de Los Angeles 2028 en constituent le cadre principal.
Un débat qui dépasse le cadre du tennis
La question des tests de féminité divise bien au-delà des frontières du tennis. En France, Amélie Oudéa-Castera, ancienne ministre des Sports et ex-joueuse de tennis de haut niveau, a critiqué la précipitation avec laquelle cette mesure a été instaurée. « Je trouve que ça va trop vite, alors qu’il n’y a même pas encore un début de mise en œuvre et de voies de passage identifiées », a-t-elle déclaré, selon L’Équipe. La présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a ainsi mis en garde contre une application précipitée, sans cadre juridique ou médical clairement défini.
Le cas de Renée Richards, seule joueuse transgenre à avoir participé au circuit WTA dans les années 1970, illustre les tensions autour de cette question. Après une bataille judiciaire, elle avait obtenu le droit de jouer sous les couleurs féminines, mais son cas reste isolé. Depuis, aucune autre athlète transgenre n’a intégré le circuit professionnel féminin sans susciter des controverses.
Des conséquences sportives et juridiques encore floues
Pour l’heure, les modalités pratiques de ces tests restent méconnues du grand public. La WTA n’a pas communiqué sur les laboratoires agréés ni sur les procédures de recours en cas de contestation. Une seule certitude : le résultat du test sera déterminant pour l’éligibilité des joueuses. En cas de suspension, celles-ci pourraient contester la décision devant les instances disciplinaires du tennis mondial, mais aucun précédent n’existe encore.
Du côté des joueuses, les réactions sont contrastées. Si Aryna Sabalenka assume pleinement son soutien à la mesure, d’autres athlètes pourraient se montrer plus réservées. Les débats autour de l’inclusion des personnes transgenres dans le sport féminin ne sont pas près de s’éteindre, d’autant que les Jeux de Los Angeles 2028 approchent à grands pas.
Un enjeu qui dépasse le sport
Au-delà du tennis, cette décision de la WTA s’inscrit dans un débat plus large sur l’inclusion des personnes transgenres dans le sport de haut niveau. Alors que certaines fédérations, comme World Athletics ou World Aquatics, ont durci leurs règles ces dernières années, d’autres restent plus nuancées. La question de l’équité sportive se heurte ici à celle des droits des athlètes, et le cas de la WTA pourrait servir de référence – ou d’avertissement – pour les autres disciplines.
Pour l’heure, la balle est dans le camp de la WTA, qui devra gérer cette transition avec prudence pour éviter une crise interne ou médiatique. Aryna Sabalenka, dont les déclarations pourraient influencer d’autres joueuses, a déjà montré qu’elle était prête à assumer publiquement son soutien à cette mesure. Reste à savoir si cette position sera partagée par l’ensemble du circuit féminin, ou si elle alimentera de nouvelles polémiques.
La WTA n’a pas encore dévoilé les détails techniques des tests, mais selon les informations disponibles, il s’agirait d’analyses génétiques visant à déterminer le sexe biologique des athlètes. Ces tests pourraient inclure une vérification du chromosome Y, caractéristique des hommes, et d’autres marqueurs génétiques liés à la force musculaire ou à la densité osseuse. Aucune procédure de recours n’a encore été officialisée en cas de résultat contesté.
La question est ouverte. Plusieurs fédérations sportives ont déjà instauré des règles strictes concernant la participation des athlètes transgenres, comme World Athletics en athlétisme ou World Aquatics en natation. Cependant, la WTA est la première à généraliser des tests génétiques obligatoires pour toutes ses licenciées. Son expérience pourrait influencer d’autres disciplines, mais aucune annonce officielle n’a été faite à ce jour.